Cardiectomie
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La cardiectomie est une technique rituelle de sacrifice humain qui consiste à extraire le cœur, encore palpitant, du sacrifié de sa cage thoracique à l'aide d'instruments en silex ou en obsidienne. Elle a été pratiquée de manière régulière et parfois massive en Mésoamérique.
En chirurgie cardiaque moderne, la cardiectomie est le nom donné à une des étapes d'une intervention de transplantation cardiaque orthotopique (situé à sa place normale), consistant à ôter le cœur malade, sous couvert d'une circulation sanguine extra-corporelle, avant d'implanter le cœur d'un patient donneur en état de mort encéphalique. La cardiectomie est réalisée après sternotomie médiane et mise en place de la circulation extra-corporelle.
Les objets retrouvés sur différents sites archéologiques ont été regroupés en fonction de leur utilisation présumée, par similitude avec les instruments chirurgicaux actuels.
La « pierre de sacrifice » de forme convexe parait la plus commode pour placer la victime en hyperextension, sur le dos en concavité postérieure. C'est la position encore utilisée en chirurgie cardiaque. Une surface horizontale peut convenir en y ajoutant un rouleau quelconque. Après la conquête espagnole, des sacrifices ont eu lieu avec la victime attachée en position debout, ce qui, selon Francis Robicksec (en) (1925-2020), traduirait une influence chrétienne.

Les couteaux et scalpels sont des lames de silex ou d'obsidienne de 6 à 76 cm de longueur. Les plus petites sont classées comme pointes de flèches. Le tranchant en obsidienne peut surpasser celui des rasoirs et scalpels chirurgicaux modernes (fin du XXe siècle). On ne sait pas si ces lames étaient utilisées directement à la main, ou emmanchées, le bois éventuel ayant le plus souvent disparu.
Le couteau à griffe est un instrument énigmatique, il se présente comme une sorte de trident sur une lame semi-circulaire. On le voit porté par des prêtres-sacrificateurs, mais on n'en connait pas l'utilisation. Selon Robicsek, qui a observé directement plusieurs modèles, il n'existe aucun instrument chirurgical européen, ancien ou moderne, qui s'en approche. Il aurait pu servir à exposer le cœur arraché. Selon Clarkson, il s'agirait d'un instrument destiné à reproduire les blessures infligées par un jaguar.
Les lames dentelées ou couteaux à scies sont des instruments en silex, de formes variées. Testés sur des os humains, plusieurs de ces instruments tranchent aisément le sternum ou les côtes. Enfin, il existe aussi des outils de pierre ou de jade, classés comme tête de marteau et poinçons, dont certains auraient pu servir à sectionner le sternum.
Il n'existe aucune preuve que tous ces instruments aient été réellement utilisés dans l'arrachage du cœur. A l'exception toutefois des lames plates de silex utilisés comme scalpels, pour lesquels on dispose d'une documentation suffisante[1].
