Carl Hagen
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Hans Oliva-Hagen (petit-fils) Nina Hagen (arrière-petite-fille) |
Carl Levy, né le et décédé le , plus connu sous le nom de Carl Hagen, est un banquier et philanthrope allemand.
Carl Levy nait en 1856 à Cologne dans une famille de banquier juif. Son père Hermann Abraham Levy (originellement Löb) et sa mère Johanna Levy, née Coppel ont six enfants: un des frères de Carl, Albert Levy est un pionnier du travail social en Allemagne, un autre Louis Hagen, suit une formation de banquier à Cologne, avant de travailler à la banque A. Levy & Co. Sa sœur Emma va épouser le sculpteur Hugo Rheinhold, et sa sœur Fanny l'avocat Maximilian Kempner.
Carl change le nom de famille Levy en Hagen en 1906. Hagen est le nom de jeune fille de la femme de son frère Louis, qui avait déjà changé son nom de famille en 1893. Carl Hagen est marié à Katharina Philippi (1864-1906). Quatre enfants naissent de ce mariage. Le scénariste Hans Oliva-Hagen est l'un de ses petits-enfants, la chanteuse Nina Hagen est une arrière-petite-fille et l'actrice Cosma Shiva Hagen une arrière-arrière-petite-fille. À partir de 1895, Carl et sa famille vivent dans la Villa Schwatlo, du nom de son constructeur Carl Schwatlo, située au 57 Kurfürstenstrasse / 12 Derfflingerstrasse dans le quartier aisé de Tiergarten à Berlin. Á partir de 1906, il fait construire la spacieuse Villa Carlshagen comme résidence d'été à Potsdam, au bord du lac de Templin.
Les villas de Carl Hagen
- Villa Schwatlo à Berlin-Tiergarten
- Villa Carlshagen à Potsdam
Au départ, Carl travaille avec son frère Louis dans la banque de son père à Cologne. Il dirige ensuite le bureau de représentation de la société à Berlin. Plus tard, il fonde sa propre banque, Hagen & Co., dans la Charlottenstrasse à Berlin. La banque est spécialisée dans le financement industriel et compte notamment BMW parmi ses clients. Carl occupe de nombreux mandats au sein de conseils de surveillance et est membre de la Gesellschaft der Freunde (Société des amis), une association caritative juive de Berlin. Il porte le titre de Kommerzienrat (Conseiller commercial) et reçoit en 1898 l'ordre de l'Aigle rouge, 4e classe. De 1911, année de sa fondation, à 1936, il est membre bienfaiteur de la Société Kaiser Wilhelm. Il est aussi membre de l'Association du Musée Kaiser Friedrich (actuellement musées d'État de Berlin), dont il est un important mécène. Il fait notamment don d'œuvres importantes à la Galerie nationale de Berlin, dont les tableaux « Villa à Rueil » d'Édouard Manet et « L'après-midi des enfants à Wargemont » de Auguste Renoir, qu'il finança tous deux en 1906. Avec le banquier Karl Steinbart, il fait don de « L'Église Saint-Germain-l'Auxerrois » de Claude Monet en 1906 et de « Prairie à Bezons » du même artiste en 1907.
Certains des tableaux offerts par Carl Hagen à la Galerie nationale de Berlin
- Villa à Rueil de Manet
- L'après-midi des enfants à Wargemont de Renoir
- Saint-Germain-l'Auxerrois de Monet (donné avec le banquier Steinbart)
- Prairie à Bezons de Monet (donné avec le banquier Steinbart)
Sa petite-fille Helga Hagen décrit ainsi son attitude :
« Mon grand-père s’efforçait également d’élever ses enfants de manière appropriée. Ils étaient tous profondément patriotes et nationalistes. Mon grand-père a tout fait pour obtenir des médailles et des décorations de l’empereur, a donné des sommes colossales à l’Institut Kaiser Wilhelm et a offert de magnifiques tableaux aux musées[1] »
.
Période nazie
Après 1933, et l'arrivée au pouvoir d'Hitler, la famille subit des persécutions de la part du gouvernement nazi en raison de ses origines juives. Carl et Louis Hagen sont exclus des conseils consultatifs et l'activité de la banque s'effondre en raison du boycott des sociétés juives décrété par le gouvernement. La famille Hagen est contrainte de vendre ses parts dans BMW ainsi que d'autres actifs[2].
La banque est contrainte à la liquidation le et Hagen meurt trente jours plus tard, le , à l'âge de 81 ans.
Sa tombe se trouve au cimetière juif de la Schönhauser Allee à Berlin. En 1938, la famille est forcée de vendre à bas prix la villa du Tiergarten à la Berliner-Kindl-Schultheiss-Brauerei, qui y apporte alors d'importants changements.
Le fils de Carl, Hermann Carl Hagen est assassiné au camp de concentration de Sachsenhausen en 1942. Son petit-fils Hans est un survivant de la Shoah qui a été emprisonné et torturé à la prison de Moabit[3],[4].
Notes et littérature
- ↑ (de): Thomas Hartwig: entretien avec Helga Hagen à New York; in: Die verheißene Stadt : deutsch-jüdische Emigranten in New York ; Gespräche, Eindrücke u. Bilder; (La ville promise : émigrants juifs allemands à New York ; entretiens, impressions et images); Berlin; éditeur: Das Arsenal; 1986; page: 14; (ISBN 3921810663 et 978-3921810668); (Helga Hagen est la fille du fils aîné Hermann Hagen)
- ↑ (en) Research on Property belonging to the Hagen Family; site: Facts & Files; 2 juillet 2020
- ↑ (en): The Tragic Fate of Hermann Hagen; 15 mars 2021
- ↑ (de): Hermann Hagen, Bankier, geboren 1886 in Berlin, ermordet 1942 in Sachsenhausen (KZ); site: www.holocaust-denkmal-berlin.de - Raum der Namen
- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Carl Hagen (Bankier) » (voir la liste des auteurs).
- (de): Günter Braun et Waldtraut Braun: Mäzenatentum in Berlin, Bürgersinn und kulturelle Kompetenz unter sich verändernden Bedingungen; éditeur: De Gruyter; Berlin; 1993; (ISBN 3110137887 et 978-3110137880)
- (de): Cella-Margaretha Girardet: Jüdische Mäzene für die Preußischen Museen zu Berlin, eine Studie zum Mäzenatentum im Deutschen Kaiserreich und in der Weimarer Republik; éditeur: Hänsel-Hohenhausen; Egelsbach; 1997; (ISBN 3826711335 et 978-3826711336)
- (de): Johann Georg Prinz von Hohenzollern: Manet bis van Gogh, Hugo von Tschudi und der Kampf um die Moderne; éditeur: Peter-Klaus Schuster; Galerie nationale de Berlin und Neue Pinakothek de Munich; 1996, (ISBN 3791317482 et 978-3791317489)