Bien que Malmsten soit surtout connu pour ses travaux en analyse complexe[1], il a aussi apporté de grandes contributions à d'autres branches des mathématiques, mais ses résultats ont été injustement oubliés, ou attribués à d'autres, souvent bien postérieurs. Ainsi, ce n'est qu'en 2012 que Iaroslav Blagouchine découvrit que Malmsten avait été le premier à déterminer la valeurs de plusieurs intégrales et séries liées aux fonctions gamma et zêta, parmi lesquelles des séries attribuées jusque-là à Kummer et des intégrales calculées par Ilan Vardi[3]. Malmsten obtint ainsi en 1842 l'ensemble des intégrales suivantes, mettant en jeu la fonction logarithme itéré[3] :


![{\displaystyle \int _{1}^{\infty }\!{\frac {\ln \ln {x}}{1-x+x^{2}}}\,\mathrm {d} x={\frac {2\pi }{\sqrt {3}}}\ln \left({\frac {\sqrt[{6}]{32\pi ^{5}}}{\Gamma {(1/6)}}}\right)}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/190fad688913bcb6490849b965eadf82a349fd91)
![{\displaystyle \int _{1}^{\infty }\!{\frac {\ln \ln {x}}{1+x+x^{2}}}\,\mathrm {d} x={\frac {\pi }{\sqrt {3}}}\ln \left({\frac {\Gamma {(2/3)}}{\Gamma {(1/3)}}}{\sqrt[{3}]{2\pi }}\right)}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/0a5c1dde1853cee659e7cb195f4547798f39176d)
et plus généralement :
![{\displaystyle \int _{1}^{\infty }\!{\frac {\ln \ln {x}}{1+2x\cos \varphi +x^{2}}}\,\mathrm {d} x={\frac {\pi }{2\sin \varphi }}\ln \left\{{\frac {(2\pi )^{\frac {\varphi }{\pi }}\,\Gamma \!\left(\!{\frac {1}{\,2\,}}+{\frac {\varphi }{\,2\pi \,}}\!\right)}{\Gamma \!\left(\!{\frac {1}{\,2\,}}-{\frac {\varphi }{\,2\pi \,}}\!\right)}}\right\},\qquad \varphi \in ]-\pi ,0[\cup ]0,\pi [}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/53b2ead590230d1adf8f9f66aabef6468240a75f)

![{\displaystyle \int _{1}^{\infty }\!{\frac {x^{n-2}\ln \ln {x}}{1+x^{2}+x^{4}+\cdots +x^{2n-2}}}\,\mathrm {d} x={\begin{cases}\displaystyle {\frac {\,\pi \,}{2n}}\tan {\frac {\,\pi \,}{2n}}\ln 2\pi +{\frac {\pi }{n}}\sum _{l=1}^{n-1}(-1)^{l-1}\sin {\frac {\,\pi l\,}{n}}\cdot \ln \left\{\!{\frac {\Gamma \!\left(\!\displaystyle {\frac {1}{\,2\,}}+\displaystyle {\frac {l}{\,2n}}\!\right)}{\Gamma \!\left(\!\displaystyle {\frac {l}{\,2n}}\!\right)}}\right\},\quad n=2,4,6,\ldots \\[10mm]\displaystyle {\frac {\,\pi \,}{2n}}\tan {\frac {\,\pi \,}{2n}}\ln \pi +{\frac {\pi }{n}}\!\!\!\!\!\sum _{l=1}^{\;\;\;{\frac {1}{2}}(n-1)}\!\!\!\!(-1)^{l-1}\sin {\frac {\,\pi l\,}{n}}\cdot \ln \left\{\!{\frac {\Gamma \!\left(1-\displaystyle {\frac {\,l}{n}}\!\right)}{\Gamma \!\left(\!\displaystyle {\frac {\,l}{n}}\!\right)}}\right\},\qquad n=3,5,7,\ldots \end{cases}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/ea5ae7a9ab1df72f552f5cc2af90456f8181435e)
(pour lesquelles
désigne la fonction gamma et
la constante d'Euler)
Beaucoup de ces intégrales furent redécouvertes par plusieurs auteurs à partir de 1988, en particulier Vardi[4], Adamchik[5], Medina[6], et Moll[7] ; la première a été souvent nommée intégrale de Vardi , et figure sous ce nom sur MathWorld[8] ou sur le site de l'OEIS[9]. Malmsten obtint les formules précédentes par des manipulations de séries, mais les auteurs les ayant redécouvertes utilisèrent des intégrales de contour[3], la fonction zêta de Hurwitz[5], les polylogarithmes[6], ou encore les fonctions L[4]. Plus de 70 intégrales analogues plus complexes ont été découvertes par Adamchik[5] et Blagouchine[3], par exemple les deux suivantes[5] :
![{\displaystyle \int _{1}^{\infty }{\frac {x\ln \ln x}{1+x^{3}}}\,\mathrm {d} x={\frac {\ln 2}{6}}\ln {\frac {3}{2}}-{\frac {\pi }{6{\sqrt {3}}}}\left[\ln 54-8\ln 2\pi +12\ln \Gamma \left({\frac {1}{3}}\right)\right]}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/9c04cfd46134d19edc9cf30475aaab698ed07f10)

Certaines de ces intégrales font apparaitre des arguments complexes de la fonction gamma (ce qui est plutôt inhabituel), par exemple[3] :
,
et d'autres sont liées aux constantes de Stieltjes[3],[10],[11].
En 1842, Malmsten détermina également la valeur de plusieurs séries mettant en jeu des logarithmes, par exemple

et

lesquelles furent redécouvertes (sous une forme légèrement différente) par Ernst Kummer en 1847[3].
Malsmten apporta également une contribution notable à la théorie des fonctions L, obtenant en 1842 l'importante équation fonctionnelle

et son analogue pour la fonction M définie par

(dans ces deux formules, 0<s<1). La première avait été découverte par Leonhard Euler en 1749[12], mais Malmsten en donna une démonstration rigoureuse. Quatre ans plus tard, Malmsten obtint d'autres formules analogues, cas particuliers de l'équation fonctionnelle de Hurwitz.
Enfin, en 2014, Blagouchine découvrit[10] que Malmsten avait obtenu en 1846 la formule de réflexion pour les constantes de Stieltjes :

(m et n entiers positifs avec m<n). Dans la littérature, cette identité est en général attribuée à Almkvist et Meurman, qui l'ont obtenue dans les années 1990[10].