Carlo Mollino
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Né à Turin (Piémont), Carlo Mollino est le fils de l’ingénieur Eugenio Mollino. Dès son enfance, ses centres d’intérêt commencent à se développer, allant du design et de l’architecture aux sciences occultes et aux voitures de course.
« Tout est permis tant que c’est fantastique », une maxime attribuée à ce dernier, résume parfaitement l’esprit de ses œuvres.
L’architecture et le mobilier de Mollino se distinguent par leur capacité à offrir aux occupants la possibilité de manipuler les volumes à leur goût.
Dans les années 30, Mollino intègre l’art et la culture surréaliste au sein du mouvement moderniste, adoptant une approche éclectique tout en se libérant des idéologies strictes de son époque[1].
Il continue de créer jusqu’à sa mort, laissant derrière lui un héritage unique dans le domaine de l’architecture et du design.
Architecture

En 1930, Carlo Mollino commence sa carrière d'architecte en concevant une maison à Forte dei Marmi et reçoit le prix G. Pistono pour l'architecture.
Entre 1933 et 1948, il travaille au bureau de son père, et prend part à plusieurs compétitions d'architecture (avec notamment l'immeuble pour la Fédération des agriculteurs à Coni, la Maison du Faisceau à Voghera, et, après la Seconde guerre mondiale, le Monument au Partisan, qu'il créa en collaboration avec le sculpteur Umberto Mastroianni).Le Monument au Partisan fut placé au cimetière général de Turin après avoir gagné le concours.
Entre 1936 et 1939 il conçoit, en collaboration avec Vittorio Baudi di Selve, l'immeuble Società Ippica Torinese à Turin, considéré comme son chef-d’œuvre (détruit en 1960). Cette œuvre coupe les ponts avec le passé et le régime, tout en refusant l'école rationaliste et s'inspirant de Alvar Aalto et Erich Mendelsohn.
En 1952, Mollino conçoit l'Auditorium de la RAI à Turin, qui a été radicalement restauré en 2006, avec de grands changements apportés à la structure originale.
Dans la première moitié des années 1960, il dirige une équipe d'architectes responsable de la conception du quartier INA-Casa de Turin. En 1961, il est second d'une compétition (remportée par Pier Luigi Nervi) pour la conception du Palazzo del Lavoro à Turin, construit pour célébrer le centième anniversaire de l'unification de l'Italie (1961).
Dans les dernières années de sa vie, de 1965 à 1973, il conçu les deux bâtiments qui l'ont rendu célèbre : l'immeuble de la Camera di Commercio et le Teatro Regio, tous deux situés à Turin.
Avant sa mort il termina des projets pour le centre de direction de la FIAT à Candiolo, l'immeuble de l'AEM à Turin et le Club Méditerranée à Sestriere.
Architecture d'intérieur
Une vision égyptienne dans une "maison-thèse".
Deux vues de l'intérieur meublé de sa villa turinoise, près du Pô - où il vivait seul sans recevoir personne - gérée depuis dix-huit ans par Fulvio Ferrari, illustrent entre autres un article relatif à Turin publié dans le numéro 14 de Grand Angle/Le Figaro du 24/10/2017 (p. 53).
Réalisée en 1936, la Casa Miller a marqué le début de ses projets d’architecture d’intérieur, elle a été conçue pour son propre usage, il y développait un style moderniste, à la fois ancien et contemporain[2]. Il y combine des éléments décoratifs baroques comme des miroirs rococo ou des horloges anciennes avec ses propres créations, transformant le lieu en un véritable laboratoire artistique ou il explore aussi la photographie[2].
Style architectural
L’architecte se distingue par sa touche féminine, notamment grâce à son élégance, son mystère et sa sensualité puisqu’il s’émancipe du rationalisme strict du modernisme de son ère[1].
Carlo Mollino était en quête de légèreté et de tension dynamique, il a exploré le mouvement volumétrique ainsi que la suspension aérienne afin de trouver la profondeur qu’il cherchait[1]. Il utilise de manière innovante des matériaux tels que le bois courbé, le verre et le métal, témoignant son intérêt pour la technologie, la légèreté structurelle et les formes aérodynamiques[1].
Bâtiments

- Società Ippica Torinese, Turin (1937, détruit en 1960);
- Slittovia del lago Nero, Sauze d'Oulx (1946);
- Maison sur le plateau Agra (1952);
- Auditorium de la RAI, Turin (1952);
- Casa del Sole, Cervinia (1955);
- Élargissement de l'Aéroclub de Turin (1958);
- Chambre de commerce, Turin (1964);
- Teatro Regio, Turin (1973).
Appartements
- Casa Miller, Turin (1938);
- Casa Devalle, Turin (1939);
- Casa Minola, Turin (1944);
- Casa Orengo, Turin (1949);
- Casa Pistoi, Turin (1968).
Meubles
Un record mondial pour un meuble du XXe siècle est établi en , lorsqu'une pièce conçue par Carlo Mollino est vendue aux enchères à New York par Christie's; il s'agit d'une table en contreplaqué d'érable et en verre de la Casa Orengo (1949), vendu pour 3 824 000 dollars.
Son travail a été inclus dans l'exposition Italy at Work (1950-1954), consacrée à des designers industriels italiens[3].
Certaines de ses créations comme la table Arabesco conçue en 1949 et la chaise Gilda créée en 1953 ont été réinterprétées par Zanotta dans l’intention de rendre hommage à son travail[4].
Carlo a aussi conçu des meubles en série limitée à partir des années 1930. C’est à ce moment qu’il a commencé à explorer de nouveaux matériaux[5].
Carlo Mollino a conçu une villa appelée la Casa Mollino à Turin, elle a été aménagée en 1968. [1] Après sa mort, la villa est devenue le musée Casa Mollino ou on expose les œuvres de l’architecte dont des chaises, fauteuils, chaises longues et sculptures ainsi que ces photographies[5].

Projets non réalisés
Plusieurs de ces projets n'ont pas été réalisés à cause de diverses raisons. Cependant, la plupart de ses travaux partageaient plus ou moins les mêmes intentions.
- 1940 : Reconstruction du refuge Kind à Sauze d'Oulx;
- 1954 : Agrandissement de l'hôpital de Rivoli (Turin);
- 1954 : Cappella dell'istituto Luce Nuova di Giaveno;
- 1966 : Plan de Sauze d'Oulx;
- 1968 : Dépendance Branca (garage et dépendances) Lignan – Saint-Barthélémy (Nus – Aosta).
Photographie
Une énorme collection de polaroids érotiques pris par Mollino a été découverte après sa mort; chaque image est soigneusement composée, avec des costumes, des meubles et des décors qui reflètent son esthétique raffinée.