Carsten Niemitz

anatomiste allemand From Wikipedia, the free encyclopedia

Vie et œuvre

Formation et carrière universitaire

Niemitz a étudié la biologie, les mathématiques, la médecine et l’histoire de l’art aux universités de Giessen, Fribourg, Göttingen et à la Freie Universität Berlin. En 1970, il obtient son diplôme de biologiste diplômé[1].

De 1968 à 1971, il est collaborateur à l’Institut Max-Planck de recherche sur le cerveau à Francfort. De 1971 à 1973, il passe du temps dans la forêt vierge du Sarawak sur Bornéo. À son retour en Allemagne, il obtient en 1974 son doctorat en biologie. En 1975, il reçoit son habilitation en anatomie et est assistant à l’Institut d’anatomie de l’Université de Göttingen jusqu’en 1978.

À l’âge de 32 ans, en 1978, il est nommé professeur de biologie humaine à la Freie Universität Berlin, poste qu’il occupe comme directeur de l’institut jusqu’à sa mise à la retraite en 2010. En 1993, il reçoit également un appel à une chaire de zoologie à l’Université d’Essen et est professeur invité en zoologie spéciale et biologie évolutive à l’Université de Potsdam.

Recherches

Outre de nombreuses études dans les domaines de la recherche de terrain sur les primates et de la biomécanique, l’évolution du langage et de l’écriture chez l’être humain, ainsi que des recherches sur la communication des grands singes, constituent l’un de ses axes de recherche principaux. Il fait partie de ceux qui ont très tôt défendu la théorie selon laquelle la mimique et la gestuelle seraient les précurseurs de la compétence humaine en écriture. Sa thèse, en résumé, affirme que la capacité de lire et d’écrire est biologiquement plus ancienne que celle du langage, car cette communication visuelle n’a été complétée que plus tard par des signaux vocaux‑acoustiques.

En 2000, Niemitz présente sa « théorie du généraliste amphibie » sur l’évolution de la posture humaine verticale et de la bipédie, selon laquelle « durant une période de notre évolution, ce furent précisément la marche dans l’eau et l’utilisation des rives qui ont durablement et profondément façonné l’être humain moderne »[2]. Il rejette fermement la théorie beaucoup plus étendue de l’« aquatic ape » concernant l’hominisation[3]. Ses expériences pratiques proviennent non seulement de son travail anatomique et de ses études de terrain, mais aussi de voyages de recherche, par exemple dans les bassins de l’Amazone et du Congo. Sa théorie de l’évolution a été adaptée en film en 2011[4].

Grâce à des études comparatives portant sur plus de 20 taxons de primates, Niemitz démontre quelles contraintes mécaniques exercées sur la peau conduisent à certains motifs de dermatoglyphes chez les primates. Cela inclut également l’évolution des motifs cutanés des mains et des pieds humains[5].

Lors d’un voyage de recherche en 1991 à Sulawesi, Niemitz découvre l’espèce de primate Tarsius dianae.

Sur le plan expérimental, Niemitz parvient à démontrer que certaines larves de coléoptères peuvent entendre. Comme elles s’orientent grâce aux sons produits par les coléoptères adultes, la communication acoustique entre parents et descendants est ainsi démontrée[6].

Divers

À la fin des années 1980 et dans les années 1990, Niemitz fait partie des voix les plus insistantes mettant en garde contre le surexploitation des forêts tropicales. En 1987, il devient conseiller de l’IUCN en intégrant la Species Survival Commission. En 1996, il lance au sein de la Société d’anthropologie une initiative visant à renoncer à l’usage du terme « race », initiative ensuite officiellement adoptée. Depuis 2010, Niemitz publie également dans le domaine de la criminalistique[7]. Depuis 2017, il est principalement actif en tant que défenseur de l’environnement. Sur invitation de l’Institut bibliographique (Mannheim‑Leipzig), Niemitz rédige tous les articles anthropologiques de la dernière édition de l’Encyclopédie Brockhaus dans ses 30 volumes[8]. En 2014, Niemitz a introduit une nouvelle méthode médico-légale pour prouver la singularité d'un suspect[9]. Depuis 2017, il est principalement actif comme protecteur de l’environnement. Sa liste de publications comprend bien plus de 400 titres, dont plusieurs ouvrages. Il est également devenu traducteur de manuels ainsi qu’auteur pour la radio, le cinéma et la télévision. Depuis 2025, Niemitz vit en Suisse.

Adhésions

Niemitz est membre de nombreuses sociétés savantes. À partir de 1992, il est vice‑président, puis de 1994 à 1998 président de la Société d’anthropologie, et de 2008 à 2010 président de la Société berlinoise d’anthropologie, d’ethnologie et de préhistoire (BGAEU). De 1992 à 2014, il est vice‑président de la communauté culturelle Urania à Berlin, un centre d’échanges entre science et public. En décembre 1992, il reçoit une Fellowship International du Explorer’s Club de New York. Avec Nils Seethaler et Benjamin P. Lange, il organise en 2010 le 11ᵉ congrès annuel de la MVE à Berlin[10],[11]. Il est depuis 2013 parrain de l’association de soutien de la collection Julius Riemer au Musée des collections municipales de l'arsenal à Lutherstadt Wittenberg et, depuis 2024, membre du conseil de l’Association des sciences naturelles de Hambourg. Il est également membre du comité exécutif du World Cultural Council pour la remise du Albert Einstein World Award of Science. Il est membre fondateur du Centre interdisciplinaire d’anthropologie historique de la Freie Universität Berlin.

Distinctions

Nom de dédicace

En 2019, l’espèce de tarsier Tarsius niemitzi des îles Togian est nommée en l’honneur de Carsten Niemitz[12].

Prix

En 2000, Niemitz obtient la 2ᵉ place lors de la remise du Prix Communicator de la science allemande par la DFG et la Fondation allemande d'études académiques et des sciences.

En août 2023, Niemitz reçoit le prix environnemental Blunck, décerné tous les deux ans par la Fondation Herzogtum Lauenburg[13].

Sélection d'œuvres

  • Zur Biometrie der Gattung Tarsius Storr, 1780 (Tarsiiformes, Tarsiidae). Eine funktionsmorphologische Studie als Beitrag zur Systematik und Phylogenie der Koboldmakis unter Verwendung elektronischer Rechenmittel mit dem Versuch einer Synopse morphologischer und ethologischer Ergebnisse. Dissertation Gießen 1974.
  • Zur Funktionsmorphologie und Biometrie der Gattung Tarsius Storr, 1780 (Mammalia, Primates, Tarsiidae). Herleitung von Evolutionsmechanismen bei einem Primaten. (= Courier Forschungsinstitut Senckenberg. 25). 1977, (de) « Publications de et sur Carsten Niemitz », dans le catalogue en ligne de la Bibliothèque nationale allemande (DNB)..
  • Erbe und Umwelt. Zur Natur von Anlage und Selbstbestimmung des Menschen. Verlag Suhrkamp, Frankfurt am Main 1987, (ISBN 3-518-28246-8).
  • Das Regenwaldbuch. Verlag Parey, Berlin/ Hamburg 1990, (ISBN 3-489-53434-4).
  • The evolution of the upright posture and gait - a review and new synthesis. In: Naturwissenschaften. Nr. 3, 2010, S. 241–263. doi:10.1007/s00114-009-0637-3
  • mit Sigrun Niemitz: Genforschung und Gentechnik. Ängste und Hoffnungen. Springer Verlag, Berlin 1999.
  • Das Geheimnis des aufrechten Gangs. Unsere Evolution verlief anders. C.H. Beck, München 2004, (ISBN 3-406-51606-8).
  • Brennpunkte und Perspektiven der aktuellen Anthropologie = Focuses and perspectives of modern physical anthropology. Verlag Leidorf, 2006, (ISBN 3-86757-141-4).
  • mit K. Kreutz und H. Walther: Wider den Rassenbegriff in der Anwendung auf den Menschen. In: Anthropologischer Anzeiger. Nr. 4, 2006, S. 463–464.
  • Die Menschheit retten? Packen wir's an! Oekom Verlag, München 2019. (ISBN 978-3-96238-165-3)

Références

Liens externes

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