Carte sensible

carte géographique issue du ressenti par rapport à l'espace vécu, en s'appuyant sur des données émotionnelles. From Wikipedia, the free encyclopedia

Une carte sensible (parfois appelé carte subjective) est une carte qui représente des informations issue du ressenti par rapport à l'espace vécu, en s'appuyant sur des données émotionnelles.

Une carte sensible informe sur les expériences spatiales, à travers les sensations et les émotions (odeurs, sons, détails dans l'environnement etc.) décrites cartographiquement[1]. Cela se rapproche des méthodes qualitatives pour représenter certains aspects du réel[2].

Une carte sensible est le résultat de la vision personnelle d'un espace[3], l'espace sensible et perçu[4], l'objectif est de « décrire graphiquement l’idée »[3]. Elle se rapproche des cartes scientifiques par l'utilisation d'une symbologie, d'une légende et s'en distingue par la grande place laissé à l'imagination, à l'expression personnelle et artistique, et à son omission de l'échelle plutôt qu'à la technique scientifique et son exhaustivité[3],[5],[6].

La cartographie sensible est un outil pour partager et retranscrire l'expérience d'un espace vécu[7] alors que la carte sensible est l'objet physique tangible[7].

La cartographie sensible mélange des méthodes provenant de la géographie, de l'anthropologie, de la sociologie et de l'art[3]. Elle est, comme la cartographie critique et la cartographie post-représentationnelle, l'une des faces de l'alternative à la cartographie euclidienne[1]. C'est une forme de contre-cartographie[7].

Histoire

La cartographie sensible apparait dans un moment d'appropriation des cartes par les artistes entre les années 1990 et 2020[1] et est régulièrement utilisé dans le cadre de projets artistiques participatifs[1]. Dans sa thèse en 2015, Élise Olmedo forge le mot de « cartographie sensible »[8]. Le milieu artistique contribue fortement à la diffusion des cartes sensibles en France, à travers des événements artistiques, culturels, territoriaux et académiques[1].

Objectif

L'objectif d'une carte sensible peut être de réaliser un état des lieux permettant de mieux appréhender son environnement, d'identifier les forces et les faiblesses d'un lieu, d'enrichir les perspectives ou tout simplement de satisfaire une curiosité[6].

Elle peut avoir pour but de mieux appréhender et comprendre les lieux auprès desquels les habitants vivent[7].

Sujets de la carte

Les cartes sensibles se distingue des cartes scientifiques par leur volonté de représenter des interprétations, de l'espace vécu.

La carte peut représenter un environnement sonore d'un lieu, par exemple les « espaces ressentis comme rassurants ou inquiétants dans les quartiers traversés à pied par une femme à Johannesbourg »[2].

Élise Olmedo a mis en avant l'exemple des « cartes tissées, afin d’accéder à l’espace vécu par des femmes de milieu populaire dans les quartiers défavorisés de Marrakech » et Sarah Mekdjian a permis de formaliser sur une carte le « discours de personnes exilées sur leur propre trajectoire migratoire »[2].

Supports

Différents type de cartes sensible existe : carte sonore, carte papier par collage, carte par dessin, carte textile[2] etc.

Cas d'usage

La cartographie sensible a été utilisé comme une méthode d'apprentissage pour un cours de géographie sur les territoires de proximité, en lycée[9].

La cartographie sensible a été utilisé pour montrer la diversité culturel de la ville de Mons[10].

Les productions artistiques de carte sensibles sont présentes dans des expositions[11],[12],[13],[14].

Notes et références

Annexes

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