Carte topographique de la France

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Cette carte topographique représente le relief de la France à l'aide de teintes hypsométriques (gradations de couleurs, du plus clair au plus foncé, utilisées conventionnellement pour représenter des gammes d'altitude, depuis le bleu pour les altitudes les plus basses, au brun-ocre pour les altitudes les plus hautes).

La carte topographique de la France est une carte topographique, à grande échelle cartographique, qui décrit le territoire de la France. Sa version contemporaine la plus connue et la plus utilisée est la carte au 1/25000e éditée par l'Institut national de l'information géographique et forestière. Elle est l'héritière de nombreux autres produits cartographiques dont le plus ancien, à l'échelle du pays tout entier, la carte de Cassini, remonte au XVIIIe siècle.

L'IGN édite également d'autres cartographies à des échelles moins resserrées, qui relèvent aussi de la carte topographique.

Comme tout travail de cartographie, la mise au point d'une carte topographique détaillée mais non exhaustive exige le recours à des procédés de représentation particuliers[1] :

  • l'emploi de signes conventionnels dont la taille est nécessairement augmentée, par rapport à l'échelle choisie, pour les rendre compréhensibles ;
  • la hiérarchisation des informations, allant jusqu'au retrait de certaines informations jugées moins importantes ;
  • l'ajustement voire la simplification de certains figurés (on parle de généralisation), comme la largeur des routes ou la complexité des lacets de montagne ;
  • l'adoption d'un mode de représentation du relief adapté, combinant la figuration des courbes de niveau et de l'estompage, modulation de valeurs de gris définies par la pente et l'orientation du terrain.

Histoire

Les premières cartes topographiques

Extrait de la carte de Cassini (secteur de Jaligny-sur-Besbre), avec quelques éléments de légende.

Les XVIe et XVIIe siècles sont marqués par la production ponctuelle de plusieurs cartographies représentant à une échelle fine des portions de territoire à des fins militaires. Le recrutement par Henri IV d'ingénieurs au sein du service des fortifications en 1604, permet l'édition de cartes manuscrites. Les règnes de Louis XIII et Louis XIV voient la conception de nouveaux atlas manuscrits militaires, au gré des besoins de la guerre, qui représentent des fortifications ou les environs des places fortes, parfois de façon très détaillée (obstacles naturels, chemins, nature des sols, outre les éléments de nature militaire)[2].

De 1749 à 1754, l'officier Pierre Joseph de Bourcet conduit l'élaboration de la Carte géométrique du Haut-Dauphiné et de la frontière ultérieure. Son frère poursuit la mission pour la Provence. Cette carte se démarque par l'évolution nette dans la représentation du relief, plus réaliste et précise[3]. En 1763, les ingénieurs cartographes sont missionnés pour aller cartographier les Antilles[2].

La mise au point de la carte de Cassini, entre 1756 et 1815, qui propose une représentation intégrale de tout le territoire français à l'échelle 1/86450 (Corse et île d'Yeu exclue), constitue le point de départ de l'histoire de la cartographie topographique de la France[4]. Cette carte est la première dont l'exécution s'appuie sur un protocole précis et uniforme à une échelle si vaste, comprenant notamment une ébauche de représentation du relief et le recours à des symboles cartographiques standardisés[5]. Plusieurs éditions cartographiques directement adaptées de la carte de Cassini sont publiées dans les années qui suivent : atlas départemental dit « Chanlaire » au 1/259200, carte de la province de Guyenne au 1/43200, ou encore une série d'atlas statistiques (Charle, Dufour)[6].

En 1824, une première carte de la Corse au 1/100000e est publié par le Dépôt de la guerre. Les travaux s'appuient sur les relevés géométriques de Jean-Joseph Tranchot. Ils sont achevés par Pierre Jacotin[7].

La carte d'état-major et ses adaptations

Dans le courant du XIXe siècle, les travaux se concentrent rapidement sur la mise en œuvre d'une nouvelle carte topographique, motivée par les besoins militaires et cadastraux. L'usure des cuivres gravés en taille-douce pour l'impression de la carte de Cassini justifie aussi le lancement d'un nouveau chantier, comprenant une nouvelle triangulation[8]. Préparée dès la commission de topographie de 1802 et la commission royale de 1817, la carte d'état-major est exécutée à l'échelle 1/80000. Sa première feuille est publiée en 1830, la dernière en 1880[4]. Une version en couleurs est produite à partir de 1882. La carte d'état-major sert aussi de base à la carte géologique de la France au 1/80000 dont les premières feuilles sortent en 1871 et dont certaines sont éditées jusqu'en 1976[9]. En 1900, il est décidé de cesser l'adaptation de nouveaux formats tirés de cette carte[10].

Les expérimentations et adaptations suivantes sont marquées par l'abandon de la projection de Bonne et l'adoption de la projection conique conforme de Lambert.

Les cartes de base suivantes

Pour remplacer la carte d'état-major, qui pose plusieurs problèmes dans sa représentation comme dans sa mise à jour, plusieurs cartes de base du territoire français sont ensuite expérimentées, notamment :

  • une carte au 1/50000e, lancée en 1906, et dite Type 1900, et dont 58 feuilles sont ensuite réalisées, exclusivement dans la moitié est de la France[11] ;
  • une nouvelle carte à la même échelle, dite Type 1922, dont 1 092 feuilles seront produites. Publiée à partir de 1931, elle emploie un nombre réduit de couleurs (six puis quatre), et se démarque aussi par son recours à un nouveau système de projection requis par les exigences militaires nées de la Première guerre mondiale[12].

Le développement des cartes routières pour les automobilistes explique l'essor des cartes pliées. La carte au 1/50000e de l'IGN adopte ce principe en 1974[13].

Les séries modernes

Introduite en 1956 dans de premières cartes militaires conformes aux attentes de l'OTAN[14], l'échelle au 1/25000e trouve un nouveau débouché dans la carte grand public ; en 1968, l'IGN produit une première carte au 1/25000 à l'usage des promeneurs de la forêt de Fontainebleau.

En 1975, l'institut lance deux nouvelles collections qui renouvellent le principe de la carte topographique : la Série orange (au 1/50000e, reprenant le principe du Type 1922) et la Série bleue (au 1/25000e). L'emprise d'une carte de la Série orange correspond à celle de deux cartes de la Série bleue[14]. Cinq ans plus tard, l'ensemble du pays est couvert par les deux titres[15]. En 1988, la version comprenant des informations touristiques, introduite six ans plus tôt sur certains territoires, devient Top 25[16]. En 1996, la production de la Série bleue prend un nouveau tournant numérique et s'accélère[14], tandis que la publication de la Série orange se restreint, quittant la vente publique. En 2010, sa production prend définitivement fin, et sa vente cesse en 2017[17].

En 2014, l'IGN entame le renouvellement de la Série bleue, à la fois sur le plan graphique, et sur le format des cartes imprimées, lesquelles doublent de surface pour s'aligner sur la superficie couverte par les Top 25. Ce renouvellement s'achève en 2018[18]. Cette opération permet de diviser par deux le nombre de références Série bleue (682 cartes contre 1316 dans la version précédente).

En 2025, les deux collections de l'IGN, Top 25 et Série bleue, sont réunies en une seule, Top Rando 25[19].

Dans les arts

Références

Voir aussi

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