Cartel des agences de presse
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Le Cartel des agences de presse désigne un accord exclusif et réciproque signé en janvier 1859 entre Havas, Reuters et l'Agence Continentale (Agence Wolff) pour s'échanger les nouvelles étrangères en se réservant ainsi un partage territorial entre les trois agences de presse européennes.
Contexte et objectifs
- Le "Cartel des agences" est créé dans un contexte de coût élevé du télégraphe. Il vise à le diminuer.
- L'accord accorde à chacun, dans sa zone, un monopole de diffusion. La collecte des informations reste libre.
- La censure est présente dans beaucoup de pays. Avoir un seul diffuseur simplifie la tâche.
- Il concerne essentiellement l'Europe : il n'y a pas de "partage du monde"
- L'accord sera mis sous tension, car la Guerre de Sécession américaine stimule la demande de nouvelles internationales et le déploiement de nouveaux câbles.
Projet de « Triple alliance télégraphique » en 1887
En Italie, Francesco Crispi veut faire de l'Agence Stefani un agent de sa politique: il se détache d'Havas pour coopérer au projet de Triple alliance télégraphique de Bismarck, qui englobe aussi le Korbureau austro-hongrois, pour redonner à l'Agence Continentale ses frontières de 1856. Plusieurs incidents ont de plus ébranlé le cartel:
- dès 1870, l'Agence Continentale est critiquées dans l'affaire de la Dépêche d'Ems
- en 1887, deux quotidiens français, Le Soleil et Le Temps envoient à Berlin leurs propres correspondants couvrir les élections allemandes, l'Agence Continentale étant jugée trop favorable à Bismarck,
- deux mois après, l'Agence Continentale subit de nouvelles critiques françaises après l'Affaire Schnaebelé, incident diplomatique franco-allemand du , au cours duquel l'un de des agents alsaciens-mosellans impliqués se révèle être un agent double à la solde des services de Bismarck.
- en 1888, les discours revanchards du général Boulanger font monter la tension entre les deux pays.
Nouveau partage du monde en 1902
Le "Cartel" perd sa dimension monopolistique une première fois, lorsqu'il est remplacé par l'Alliance entre agences de presse de 1902, voulue essentiellement par les américains.
Consenti du bout des lèvres par les allemands, le texte accorde à l'AP le droit de couvrir les Philippines, Cuba, Hawaï et Porto Rico comme des territoires exclusifs. Il lui permet d'installer aussi, entre 1901 et 1903, quatre bureaux en Europe, à Londres, Berlin, Rome, Paris alors qu'elle ne disposait jusque-là que d'un correspondant à Londres.
Fin du cartel programmée en 1927
Le coup de grâce au "Cartel" est donné en 1927 : l'Associated Press vote la dénonciation du Traité puis obtient une conférence générale des 4 agences alliées, le à Varsovie, sous l'égide de la SDN, qui se poursuit, à Genève où est signé l'Accord du 26 août 1927 sur l'information. Il ouvre à l'Associated Press le Canada et l'Amérique latine, prenant acte des affaiblissements respectifs d'Havas et de Reuters[1]. Battu en brèche au Canada depuis le début des années 1920, cette dernière obtient l'accès à l'Amérique latine. Le Japon, jusque-là territoire Reuters, devient accessible à l'Associated Press[2]