Cartoucherie de Bourg-lès-Valence

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Type
Bâtiments industriels
Destination initiale
Usine textile ; Cartoucherie nationale
Destination actuelle
Établissement culturel
Construction
Cartoucherie de Bourg-lès-Valence
Vue panoramique.
Présentation
Type
Bâtiments industriels
Destination initiale
Usine textile ; Cartoucherie nationale
Destination actuelle
Établissement culturel
Construction
Propriétaire
Patrimonialité
Localisation
Pays
Département
Commune
Adresse
Quartier de Chony
Coordonnées
Jardin et bâtiment principal.
Partie centrale.
L’entrée.
La façade Ouest et la cheminée.

La cartoucherie de Bourg-lès-Valence (Drôme) est un ancien ensemble architectural industriel, d’abord usine textile, puis cartoucherie nationale, qui abrite aujourd’hui diverses entreprises consacrées à l’image, au cinéma et à l’animation.

1855-1866 : usine textile

En 1855, l’industriel Noël Sanial achète un domaine de 12 ha au quartier de Chony, le « Moulin rouge », qui comporte une ferme, des terres agricoles et des sources. Il y édifie une grande usine textile, un grand quadrilatère de bâtiments en briques, avec pavillons de pierre sur deux angles. Les charpentes sont apparentes et l’espace intérieur, sans cloisons, ne comporte que des planchers soutenus par des colonnes de fonte.

Cette usine destinée au traitement de la soie et du coton, afin de fabriquer des indiennes, mouchoirs, tapis, châles. Jusqu’à 900 ouvriers y travaillent et un certain nombre vivent probablement sur place, sans que l’on soit en présence d’un véritable phalanstère, bien que Noël Sanial soit inspiré par les idées fouriéristes. L’entreprise fonctionne pendant quelques années, mais subit la crise de la sériciculture, puis la guerre de Sécession des États-Unis met à mal l’approvisionnement en coton. Après deux incendies, en 1858 et 1862, où la manufacture doit s’arrêter, Noël Sanial, endetté auprès de l’État, se déclare en faillite en 1866.

1874-1964 : cartoucherie

Après la guerre de 1870, les arsenaux français subissent une grande réorganisation. L’armement a évolué : aux cartouches en carton ont succédé les cartouches en laiton, comme celles qui équipent le fusil Gras. En 1874, l'État rachète les bâtiments pour y établir une cartoucherie nationale. Des aménagements et de nouveaux bâtiments sont ajoutés à la fin du XIXe siècle. On construit une gare reliée à la ligne Valence-Grenoble par où transitent les productions de l'usine. Les munitions sont estampillées VE (Valence). Pendant la guerre de 1914-1918, l'établissement est encore agrandi. De 450 employés avant 1914, l'effectif passe à 3 000, majoritairement féminins. Au plus fort de son activité, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, la cartoucherie fait travailler jusqu'à 4 000 employés.

L'armistice de 1940 privant la France de toute production militaire, l'effectif de la cartoucherie tombe à 800 employés : les machines destinées à fabriquer les cartouches sont mises sous scellés. De ce fait, le personnel se trouve majoritairement hostile à la politique du gouvernement de Vichy. Des mouvements de résistance s'y organisent, d'autant que le directeur lui-même, le général Henri Eugène Cabotse (1887-1944), est membre d'un réseau de résistance.

En , des carabiniers italiens occupent la cartoucherie, mais ne peuvent empêcher les résistants de s'emparer d'un stock de cartouches et, quelque temps après, le directeur requiert des ouvriers pour mettre en lieu sûr, en utilisant la voie ferrée Decauville, un stock de plaques d’aciers spéciaux. Le , une quinzaine de Résistants s'empare d'une tonne d'armes. Malgré le rapport du directeur qui couvre les employés, quatre d'entre eux sont arrêtés, l'un d'eux est relâché, et les trois autres, déportés à Buchenwald, en reviendront très affaiblis[1].

1964-1990 : de SOGEV à HBS

Après un regain dû à la guerre d’Indochine, l’activité de la cartoucherie cesse en 1964. Parmi les 300 derniers employés d’État de la cartoucherie, un tiers est embauché par la SOGEV, filiale de la société Thomson, tandis que les autres sont mutés sur d’autres sites ou partent en retraite anticipée. Les activités sont dorénavant axées sur d’autres secteurs : la SOGEV (Société générale du vide) travaille, comme son nom l’indique, sur toutes les applications du vide en concevant et réalisant du matériel de pompage et de détection de fuites, avec des applications dans le domaine spatial et dans la production d’énergie nucléaire. Pendant plusieurs années, la SOGEV poursuit une fabrication de cartouches et crée divers ateliers de plastique et de chaudronnerie. La SOGEV passe des contrats avec le commissariat à l'Énergie atomique avec la construction du complexe nucléaire de Pierrelatte. De nouveaux bâtiments industriels sont construits à l’ouest de l’ancienne manufacture.

En , les activités « vide » non liées au nucléaire sont détachées, ce qui amène la création de la SOGEME (société générale d’études mécaniques et électriques).

La SOGEME produit des éléments électroniques pour IBM, des éléments pour le cyclotron du CERN à Genève, des antennes de radar, des machines à trier le courrier. Ses travaux sur les têtes d’impression à jet d’encre pour le fax seront ensuite développées par la société IMAJE. La SOGEME passe ensuite sous le contrôle de Thomson, puis HBS (Hotchkiss Brandt Sogeme[2]). HBS poursuit son activité dans le matériel de traitement du courrier, dans les anciens locaux de la cartoucherie puis dans des locaux industriels construit dans les années 1980 dans la partie basse du site. Changeant de nom et d'actionnaire (Alcatel Postal Automation System, Mannesmann Dematic Postal Automation, Solystic (Northrop Grumann)[3] ) l'entreprise quittera son site bourcain pour un nouveau bâtiment au parc du Rovaltain[4] en 2020 mettant fin à l'activité industriel dans le site de la cartoucherie.

La municipalité de Bourg-lès-Valence rachète le site en 1993.

Le site est inscrit à l’inventaire supplémentaire des bâtiments historiques en .

2009 : Cour des Images

À l’initiative de Jacques-Rémy Girerd, créateur de Folimage, qui cherche de nouveaux locaux, la cartoucherie est rénovée par l'agence Phillipe Prost, associé à David Besson-Girard paysagiste auteur du jardin et de ses abords[5], qui restitue librement la cour historique. En 2009 le site devient La Cour des Images[6] une association chargée de gérer les entreprises et associations installées sur le site de la Cartoucherie :

  • Studio Folimage, créateur de films d’animation, séries télévisées, courts et longs métrages (La Prophétie des grenouilles, Mia et le Migou, Une vie de chat, etc.)
  • Association L’Équipée, promotion et diffusion
  • La Poudrière, école européenne du cinéma d’animation
  • TeamTO, studio indépendant de création audiovisuelle
  • L'ECAS, école d'animation 3d affiliée au studio TeamTo
  • Toondra, site web VDO
  • Citron Bien, Agence d'idées créatives transmédias
  • Les Films du Nord, production de courts métrages d’animation d’auteu
  • Les Ecrans, association régionale de cinémas indépendants
  • Andarta Pictures, studio de production de films d'animation 2D

La Cartoucherie accueille des expositions et manifestations diverses (Rencontres de la Bande dessinée Valence Romans Agglo).

Architecture

Notes

Voir aussi

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