Cartoucherie française de Survilliers
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| Cartoucherie Française | |
Logo de la Cartoucherie française | |
| Création | 1903 |
|---|---|
| Fondateurs | Charles Gabel, Georges Leroy |
| Siège social | Paris, Survilliers |
| Coordonnées | 49° 05′ 34″ N, 2° 32′ 37″ E |
| Actionnaires | Autoliv France (d) |
| Activité | pyrotechnie civile, militaire |
| Produits | cartouches de chasse, militaire, emboutis, emballages pharmaceutiques |
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La Cartoucherie Française est une entreprise française implantée en 1903 à Survilliers, dans le Val-d'Oise. Née dans une petite ferme, elle se spécialise à ses débuts dans la fabrication de petites munitions, de cartouches de chasse et dans la pyrotechnie militaire (amorces, détonateurs) pour devenir, en un siècle, l'un des plus grands leaders mondiaux en matière d'équipements de sécurité automobile. Rachetée en 1996 par le groupe Autoliv, elle tient aujourd'hui une place importante dans l'histoire de Survilliers car le village a construit son identité autour d'elle.
La création de la Cartoucherie Française

L'histoire de l'entreprise commence en 1903, date à laquelle est déposée la demande au préfet de Seine et Oise pour obtenir l'autorisation d'établir cette usine à Survilliers[1]. A sa tête, Charles Gabel et Georges Leroy. Le premier est un ingénieur-chimiste né en 1868, issu d'une famille protestante alsacienne, ex-employé de la société pyrotechnique Gévelot. Il fut directeur de l'usine de Survilliers de 1903 à 1932. Le second, son associé, possède une propriété familiale au sud du village. À ses débuts, l'entreprise s'installe dans une petite ferme et comptabilise une dizaine d'employés. Le village de Survilliers est alors un bourg d'environ 500 habitants vivant essentiellement de l'agriculture. Très vite, la Cartoucherie Française se spécialise dans la fabrication de cartouches de chasse et de tirs de loisirs, et connaît un essor fulgurant.
L'implantation d'une usine à caractère dangereux dans un paisible village rural ne fut pas sans heurts : certains propriétaires et cultivateurs protestent car ils craignent les dangers d'explosion et d'empoisonnement de l'eau mais aussi la concurrence de l'usine pour le recrutement des ouvriers agricoles. Tandis que d'autres personnes, parmi lesquelles le maire, voient d'un avis favorable l'arrivée de cette usine qui « aidera au développement de la commune et de la région environnante complètement privée d'industries[2] ».
Historique de l'entreprise
En 1903[3] , la Cartoucherie s'implante à Survilliers, qui est intéressant du point de vue de son emplacement, car le village est situé en Pays de France, dans un territoire essentiellement rural. C'est une industrie dangereuse qu'on préfère créer en dehors des grandes villes. Survilliers dispose aussi d'une gare créée en 1859 et de main-d’œuvre à bon marché. Charles Gabel est l'administrateur de la société et directeur technique jusqu'en 1932, date de sa mort.

Il existe déjà une rude concurrence sur le marché des munitions : l'entreprise survilloise se confronte à des fabricants établis et connus depuis longtemps. Mais cela n'empêche pas à la Cartoucherie de s'imposer et elle se développe rapidement : dès 1910, agrandissement des ateliers existants, création de nouveaux locaux, mise en œuvre de nouvelles machines perfectionnées[4].
A Turin, en 1911, elle est placée « Hors concours » et désignée comme membre du jury international.
Durant la première Guerre mondiale, elle tourne à plein régime et sans interruption pendant 4 ans. Elle emploie jusqu'à 2000 personnes pour fournir le front. En , la proximité du front l'oblige à transférer ses ateliers à Caen, dans les locaux de la Pyrotechnie militaire, jusqu'à l'Armistice de 1918.
La période 1919-1939 voit la Cartoucherie Française continuer à progresser avec régularité : elle met au point des fabrications nouvelles tant dans le domaine civil que militaire.
Mais l'essor de l'entreprise est stoppé par les événements de 1940, qui réduisent l'entreprise à une seule activité, l'emboutissage. Pendant quatre ans, les ateliers sont déserts, presque abandonnés : interdiction de la chasse et du tir, pénurie de matières premières, manque d'énergie électrique et calorifique. La réquisition est évitée de justesse.
À partir des années 1960, l'activité de la Cartoucherie décline : les productions destinées à la Défense Nationale et les marchés d'armement se tarissent, la production de munitions de chasse ou de loisir subit la concurrence des pays où les prix de revient sont moins lourds tels que l'Italie et les pays de l'Est.
Dans les années 1980, la situation s'aggrave à tel point que les effectifs doivent être considérablement réduits. La majeure partie de son patrimoine immobilier, en particulier ses logements, est vendue au personnel. L'incendie qui se déclare dans la nuit du 16 au est un autre coup dur : le feu ravage une partie de l'usine, à partir d'un atelier de conditionnement de poudre. Dix-huit centres de secours sont mobilisés. Dans le village, tout le monde se mobilise spontanément pour aider les secours. Anciens et nouveaux habitants se retrouvent dans un grand élan d'efficacité et de solidarité.
Remise de cette épreuve, l'usine se lance à partir de 1989 dans de nouvelles fabrications civiles, les allumeurs d'air-bags. D'autant plus qu'on assiste en 1991 à l'arrêt de la production militaire. Ces nouvelles activités vont permettre à la Cartoucherie de redevenir dans les années 1990, la grande entreprise qu'elle avait été dans l'entre-deux-guerres, retrouvant plus de 1000 employés en l'an 2000 et une troisième place mondiale dans sa spécialité, devenant la plus ancienne et la plus importante entreprise industrielle du Val-d'Oise.
La Cartoucherie n'a pas seulement rythmée la vie des hommes au travail, elle a également été très présente dans la vie sociale des Survillois. En effet, dès 1906, Charles Gabel se lance dans la construction de 200 logements pour le personnel, parmi lesquels un « béguinage » conçu pour le personnel retraité. Il ne s'arrête pas là, il institue une crèche, un service médical et un cabinet dentaire, un réfectoire et le transport gratuit du personnel. Il est à l'origine de l'organisation de sociétés locales et a fortement encouragé la vie associative dans le village : le football et la gymnastique (l'Avenir de Survilliers), le tir à l'arc, la Société Musicale, la Bibliothèque, l'organisation locale des Anciens Combattants, la société de Soutien des Sapeurs-pompiers.
L'histoire de Survilliers est intimement liée à celle de la Cartoucherie. Aujourd'hui, la Cartoucherie Française n'existe plus en tant que telle mais la commune garde l'empreinte de l'entreprise tant dans sa structure urbaine que dans la mémoire de ses anciens ouvriers[5].












