Casse-noisette (figurine)
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Casse-noix, model figure (en), figurine, jouet, décorations de Noël, Christmas character (d) |
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Le Casse-noisette ou Casse-noix (en allemand : Nussknacker) est le nom donné à une figurine en bois, dont la fabrication s’effectue essentiellement dans les monts Métallifères, région à l’est de l’Allemagne.
Sa particularité est d’être un casse-noix décoratif, constitué d’un levier ouvrant sa bouche, laissant apparaître une ouverture où placer une noisette ou une noix, puis de la casser en actionnant le levier vers le bas afin de refermer sa bouche. Fabriquer un casse-noisette de 35 cm nécessite environ 130 étapes de fabrication et jusqu’à 60 pièces détachées. Ils sont fabriqués surtout en bois d’épicéa et bois de hêtre. Les éléments décoratifs sont réalisés en soie, en cuir, en tissu, etc.
Aujourd’hui, ces figurines sont surtout des éléments décoratifs pendant la période de Noël et des reliques pour les collectionneurs.
Histoire
Une légende est répandue dans les monts Métallifères[1] :

L’histoire du casse-noisette remonte à l’Antiquité : son invention (en tant que réel objet ayant une utilité) est attribuée à Aristote. Un modèle décoratif en bronze, datant de 300 av. J.-C., a été trouvé dans une tombe à Tarente (Italie). Léonard de Vinci aurait inventé ensuite la machine à fabriquer les figurines casse-noisettes : ce qui prouve leur existence au XVIe siècle[2]. Le roi Henri VIII en aurait offert un à sa deuxième femme, Anne Boleyn. En 1830, le casse-noisette entre dans le dictionnaire : les frères Grimm en donnent cette définition : « petit homme difforme, dans la bouche duquel les noisettes sont cassées, au moyen d’un levier ou d’une vis »[3]. L’apogée du casse-noisette se situe au XVIIIe siècle ; ils étaient sculptés à Val Gardena (ville du nord de l’Italie, dans les Dolomites, célèbre pour ses sculptures en bois) et à Oberammergau (ville du sud de la Bavière). Dans la première, les casse-noisettes représentaient des personnages comiques issus de la population ; ceux d’Oberammergau étaient plutôt de style oriental. Après l’arrêt du travail dans les mines, aux alentours de 1800, la population a cherché comment subvenir à ses besoins : dans le triangle formé par les trois villes allemandes Seiffen/Erzgeb., Olbernhau et Neuhausen/Erzgeb., le secteur du jouet était très développé ; les anciens mineurs se sont reconvertis en tourneurs sur bois[4]. Beaucoup d’objets y étaient fabriqués, des chaises, des meubles, mais aussi des jouets et des objets décoratifs : les Bergmannsfigur (de) (figurines de mineurs) et Engel, les Räuchermann (de), (figurine dans laquelle on met de l'encens et la fumée ressort par la bouche) ou encore les Erzgebirgischer Schwibbogen (de) (arceaux lumineux) ; ces objets font partie de la culture allemande pour Noël : ils sont vendus sur les marchés de Noël[4]. Le premier casse-noisette fut tourné sur bois par Friedrich Wilhelm Füchtner (de) en 1870[5]. Ces figurines devaient inspirer le respect, tout en restant des caricatures : elles représentaient des gendarmes, des hussards, des personnages plus célèbres, comme Napoléon après sa défaite à la bataille de Leipzig ou Bismarck.
Objet de collection
Aujourd’hui, le casse-noisette n’a plus d'intérêt fonctionnel ; il garde les mêmes propriétés de fabrication, et est un objet de collection. Il existe en centaines de modèles différents, depuis les modèles originels aux imitations des personnages du ballet Casse-noisette de Tchaïkovski.
L’Allemagne va élever cette célébrité locale à un rang national : le plus grand casse-noisette du monde mesure 10,10 mètres et pèse 3 285 kilogrammes. C’est le chevalier Borso von Riesenburg, qui trône devant le musée du casse-noisette de Neuhausen/Erzgebirge[2]. Un de ses rivaux se trouve tous les ans sur le marché de Noël d’Osnabrück (élu en 2004 « plus beau marché de Noël d’Allemagne du Nord ») : il mesure 6,20 mètres de haut. Les États-Unis comptent de nombreux amateurs de casse-noisettes, dont quatre grands collectionneurs. L’un d'eux est Glenn Crider, ancien horloger reconverti en fabricant de jouets : sa spécialité est le casse-noisette et sa collection comporte plus de 400 figurines. Il les fabrique intégralement, aussi bien la partie mécanique que la partie artistique. En 2008, l’USPS (United States Postal Service) lui a demandé de créer quatre figurines pour une série de timbres postaux[6]. En Chine, la fabrication du casse-noisettes se fait à la « made in China » ou « made in Taïwan ». Les collectionneurs parviennent à faire la différence entre les versions chinoise et allemande[7].
Dans la culture
Littérature
Le conte de Noël Casse-Noisette et le Roi des souris, écrit par Ernst Theodor Amadeus (E.T.A.) Hoffmann en 1816, a rendu les casse-noisettes célèbres dans la littérature. Le personnage portait une « très belle veste de hussard violette et brillante, avec beaucoup de cordons et de petits boutons blancs, des jambières de la même couleur et les plus belles petites bottes qui soient jamais arrivées aux pieds d'un officier ».
Une autre histoire de Noël est le conte Struwwelpeter, de l'auteur allemand Heinrich Hoffmann, écrit en 1851 sous le titre Le roi Casse-Noisette et le pauvre Reinhold. Avant d'apparaître dans ce livre, les personnages de l'Erzgebirge dessinés par Hoffmann avaient auparavant été présentés comme objets décoratifs sur le marché de Noël de Nuremberg.
Un livre Erzgbirge-Nussknacker / Chinesischer Nussknacker a été écrit par René Edenhofer. Il raconte l’histoire du casse-noisette et spécifie les différences entre l'allemand et le chinois[8].
Ballet
Le ballet Casse-Noisette de Piotr Tchaïkovski a été créé le 6 décembre 1892 à Saint-Pétersbourg. L'histoire est celle du conte Casse-Noisette et le Roi des Souris d'E.T.A. Hoffmann.
Musées
De nombreux musées lui sont consacrés dont Le Nussknackermuseum de Neuhausen/Erzgeb., le premier d’Europe ; le Leavenworth Nutcracker Museum qui expose un Bergmann de 1880, fabriqué par Füchtner.