Castro de El Raso
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Castro de El Raso | ||||
Maisons fouillées par Fernando Fernández Gómez dans le castro de Freíllo sur le site de El Raso. | ||||
| Localisation | ||||
|---|---|---|---|---|
| Pays | ||||
| Communauté autonome | Castille-et-León | |||
| Province | Province d'Ávila | |||
| Protection | RI-55-0000396 | |||
| Coordonnées | 40° 10′ 58″ nord, 5° 21′ 29″ ouest | |||
| Histoire | ||||
| Fin du IIIe siècle av. J.-C. | Construction | |||
| Milieu du Ier siècle av. J.-C. | Abandon forcé | |||
| Géolocalisation sur la carte : Espagne
Géolocalisation sur la carte : province d'Ávila
Géolocalisation sur la carte : Castille-et-León
| ||||
| modifier |
||||
Le castro del Raso est un castro vetton situé dans la commune de Candeleda dans la province d'Ávila (Espagne), plus précisément dans la zone appelée El Freíllo, près du hameau de El Raso (es). Il se compose de plusieurs enceintes fortifiées réparties sur au moins trois zones adjacentes, couvrant une superficie totale d'environ 20 ha. Certaines des découvertes archéologiques se trouvent au musée d'Ávila, constituant le trésor de El Raso, composé de plusieurs pièces et monnaies d'argent.
Deux des maisons du castro sont rénovées pour abriter un centre d'interprétation qui donne des informations sur le site.
Le site archéologique est localisé dans la partie sud-ouest de la province d'Ávila, à 3 km du hameau d'El Raso (es)[A 1]. Il appartient à la municipalité de Candeleda et est accessible par une déviation de la C-501. Le site se situe à Cabeza de la Laguna, une colline qui surplombe gorges d'Alardos (es) sur le versant méridional de la sierra de Gredos, près du Tiétar[A 1],[B 1].
Ce lieu bénéficie d'un climat plus humide, propice à la croissance des fougères et des chênes, même si ces derniers ne sont plus aussi nombreux qu'autrefois, leur nombre reste important.
- Localisation du site
- Localisation du castro de El Raso.
- En arrière-plan, les sommets de la sierra de Gredos
Histoire

À l'origine du site, un village se serait construit à « El Castañar » en plaine et sans défense construite par des humains, après une augmentation de la population entre l'âge du bronze final et le début de l'âge du fer[A 2]. Ce village semble être incendié et détruit lors de la campagne militaire punique dans la Meseta en commandée par Hannibal Barca[B 1].
Les populations locales se réfugient alors sur les hauteurs à La Cabeza de la Laguna, créant ainsi l'oppidum fondé par les Vettons[1],[A 3]. Fernando Fernández Gómez suggère que son nom antique pourrait être Ebora[B 1].
Le lieu est ainsi occupé de la fin du IIIe jusqu'au milieu du Ier siècle av. J.-C. jusqu'à son abandon à la suite de probables instructions données par Jules César lors de la conquête romaine[A 3],[B 2]. L'évacuation semble avoir été pacifique, méthodique et les biens nécessaires aux populations locales semblent avoir été transférées avec elles[A 3],[B 2]. Dès lors, la majeure partie du village est détruite et ses murs endommagés par les Romains, forçant ses habitants à se déplacer à nouveau vers les zones plates de la vallée, entraînant également l'abandon progressif du site. Le nouveau site est reconstruit sur l'ancien village d'« El Castañar ».
Description


Le site occupe une position dominante au-dessus des gorges d'Alardos (es) qui lui servent de douves ; une offrande votive, jetée volontairement dans l'eau, en bronze d'origine ibérique représentant un homme avec une coiffe conique y est découvert[B 3]. Cette position stratégique permet le contrôle de la partie basse et l'accès aux pâturages de la sierra de Gredos.
Sa superficie est évaluée à 20 ha qui devait accueillir entre 2 500-3 000 personnes[B 1]. La localité possède un mur d'enceinte de 2 km avec une largeur moyenne de 2-3 m, des tours de renfort et des bastions[B 2]. Sa partie supérieure est entièrement protégée par un fort, et vers la plaine, elle conserve les vestiges d'un mur. Au-devant du mur se trouve un large fossé, et l'on suppose qu'il aurait pu contenir une rampe de pierres dressées.
Trois sections sont fouillées à l'intérieur dans les années 1980 (noyaux A, B et C), puis une nouvelle est découverte au début des années 2010 (noyau D), révélant une forte densité d'occupation mais un manque d'organisation urbaine[A 4]. Le tracé des rues est irrégulier[A 3].
En dehors du castro, au lieu où se rejoignent les gorges d'Alardos rejoignent le Tiétar, se trouve le sanctuaire de Postoloboso, dédié au dieu Vaelico (es) lié au loup qui devait être abondant dans ces lieux[B 4]. Ce sanctuaire s'est romanisé après la conquête romaine[A 5]. Des offrandes votives en pierre de l'époque romaine des Ier et IIe siècles pour remercier une demande exaucée sont découverts[B 5].
- Muraille
- Section sur le sommet de la colline.
- Vestige de la porte.
- Gros plan sur une partie reconstituée.
- Autre section.
Habitations

La plupart des maisons font entre 50-100 m2, voir dans de rares cas 50 m[B 2]. Elles sont de deux types à savoir quadrangulaires ou rectangulaires[A 6]. Celles quadrangulaires sont organisées autour d'une pièce centrale comprenant un foyer et la cuisine, puis les autres pièces sont organisées autour avec une entrée se situant à l'avant et un garde-manger à l'arrière de la maison[A 6],[B 6]. Celles rectangulaires ont la cuisine comme pièce centrale, une cour, un porche devant la façade et les pièces sont les unes derrière les autres[A 7],[B 6]. Ces dernières ressemblent au palais-sanctuaire de Cancho Roano[A 7].
Le sol est en brique, à l'extérieur un enclos est parfois présent pour le bétail ainsi qu'un porche d'entrée avec des bancs[B 2]. Les activités métallurgiques ont lieu directement dans les maisons[B 7]. Les tâches domestiques comme la mouture du grain ou le tissage s'effectuent dans l'entrée[A 7]. Les portes dans la maison ne sont pas dans le même axe afin de protéger la maison du vent et de garantir un minimum d'intimité[A 7].
Les archéologues estiment que certaines maisons ont peut-être un usage communautaire : servant de four à pain ou de garde-manger[B 7].
La maison D3 est de type rectangulaire, un poids en bronze y est découvert son garde-manger peut être pour y peser les produits stockes lors d'un achat ou d'une vente[A 8]. Les maisons D19, D22 et D24 possèdent des ateliers métallurgiques et la maison D21 a permis la découverte de lingots de fer[A 7].
La maison A2 a permis de révéler un bracelet et un torque, mais également des éléments d'un brûle-parfum en bronze, d'un vase rituel en bronze et divers objets en argent fabriqués au Ier siècle av. J.-C. et une fibule datée de La Tène II[A 9],[B 8].
- Habitations sur le site
- Reconstitution de la maison D3.
- Reconstitution des maisons D19 et D21.
- Reconstitution d'une maison sur le site.
- Deux foyers en terre cuite à l'intérieur d'une maison.
Nécropole
Deux secteurs seulement de la nécropole sont fouillés : « Las Guijas » et « El Arena »[B 9]. Ces fouilles ont permis de dénombrer 123 tombes datés du IVe au début du IIIe siècle av. J.-C., ce sont des crémations avec armes et parures qui sont stockées dans des urnes[B 2]. Le site de « Las Guijas » a été pillé, ce qui pose des problèmes sur les données interprétées[B 5].
Une nécropole pillée, datée du Ve au IIIe siècle av. J.-C., est située à « El Castañar »[A 5]. L'ustrinum n'a pas encore été révélé[B 2]. Les sépultures sont principalement individuelles et très peu d'enfants sont recensés[B 2]. La nécropole du IIIe au Ier siècle av. J.-C. n'est pas connue[B 2].
Les objets provenant des relations commerciales ne sont présents que dans quelques tombes : 5, 13, 29, 30, 32, 64, 66, 78 et 113[B 10]. Les archéologues n'ont pu déterminer les raisons de la présence des objets d'origine ibérique : alliances militaires, échange de cadeaux ou retour de mercenaires ibériques chez eux[B 10].
Les tombes nos 5 et 29 permettent de dévoiler trois coupes attiques à figures noires datées de - sans anses ; la tombe no 32 permet de divulguer un pot à onguents en verre polychrome et un fusaïole[B 11]. Les tombes nos 13 et 66 ont mis au jour une épée chacune, la tombe no 30 une dague et la tombe no 64 une falcata avec un bouclier ibérique[B 12]. La tombe no 78 datée du début du IVe siècle av. J.-C., dont l'inhumation s'est faite après une crémation, semblent être construite avec des matériaux des tombes nos 86 et 87, elle permet de mettre au jour de nombreux éléments[B 13]. La tombe no 113 révèle une broche[B 11].
- Tombes
- Tombe no 63 de « El Arenal » : ensemble du contenu.
Économie
Commerce
Le castro semble commercer avec le sud et l'est de la péninsule Ibérique et les régions proches de la mer Méditerranée comme des céramiques à engobe rouge des Turdétans et des pots à onguent en pâte de verre polychrome sont découverts lors des fouilles[A 3],[B 14].
Des routes de commerce existent comme celle de la Vía de la Plata qui passe par le castro et le relie à Cáceres, Villanueva de la Vera, ainsi qu'aux nécropoles de « Los Pajares » et de Talavera la Vieja[A 3]. Le castro a probablement servi d'intermédiaire pour la diffusion des poids phéniciens depuis la Vía de la Plata vers la Meseta et la Celtibérie[A 10]. Cependant l'existence de cette route commerciale est remise en cause pour un trajet Medellín, Guadiana et enfin la Meseta[B 15].
Des liens commerciaux semblent exister avec Castulo comme le montre le fragment de bracelet laminaire en forme de tête de serpent retrouvait à El Raso, ainsi qu'un as et six couteaux en fer datés du Ier siècle av. J.-C.[B 8]. Des éléments retrouvés dans la maison A sont probablement créés dans un atelier localisé le long du Guadalquivir[B 8].
Un brûle-parfum (avec deux bras ouverts à angle droit pour tenir la soucoupe) représentant la déesse phénicienne Astarté est retrouvé, ce qui montre les relations commerciales entre le castro et la civilisation phénicienne[B 16]. Une figure en bronze datée du VIe siècle d'origine étrusque montrant une femme allongée et découverte en 1935, permet d'établir des circuits commerciaux avec l'Italie préromaine[B 17]. Des relations commerciales concernant des coupes de vin avec des cités grecques de l'Attique semblent également établis[B 18]. Les couteaux falciformes, d'usage non militaire, retrouvés sont d'origine orientale[B 19].
Les premires éléments d'origine romaine commencent à apparaître au début du IIe siècle av. J.-C.[B 20].
Artisanat
Les habitants fabriquent de la céramique sans ornement à partir de tour de potier pour divers usages : conservation des aliments, pour la cuisine des pots et des jarres, pour les repas des assiettes, des bols et des cruches[B 5].
Plusieurs lingots sont découverts dans la nécropole « Las Guijas » dont le lingot no 6 en argent daté entre le Ve et le IIIe siècle av. J.-C. pesant 173,6 g et le no 2 pesant 24,95 g[A 11].
Des fusaïoles, c'est-à-dire des poids pour les métiers à tisser, sont également fabriqués[B 5].
Au niveau de la métallurgie, des outils en fer pour les travaux dans les champs semblent avoir été élaborés, ainsi que des armes de type dague et fer de lance[B 5].