Catalogue de bibliothèque
liste des publications existantes dans une bibliothèque
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Un catalogue de bibliothèque est destiné à faciliter la recherche des documents qui sont contenus dans une bibliothèque, ou de plusieurs bibliothèques dans le cas des catalogues collectifs et des catalogues virtuels. Dans sa version informatisée, la plus courante, le catalogue est une base de données signalant en totalité ou partiellement les documents disponibles dans une ou plusieurs bibliothèques.

Description
Le catalogue est destiné à identifier les documents décrits dans des notices et à faciliter leur recherche ou leur localisation. Le catalogage consiste à analyser le document en tant que support[1]. Le catalogage est réalisé à l'aide de deux opérations intellectuelles nécessaires à la constitution d'un catalogue : la description bibliographique, qui correspond à la description physique et l'indexation qui en est une description intellectuelle[2]. Selon Jane M. Read, le catalogage permet de connaître la nature et le sujet d'un document. Un bon catalogue présente trois qualités: l'exactitude, la clarté et la cohérence[3]. Il est également important d'être au fait des besoins des usagers lors du catalogage afin d'optimiser le contenu du catalogue et ainsi faciliter le repérage des documents[3].
Traditionnellement, le catalogue, instrument de recherche documentaire, est distinct de l'inventaire, liste des documents possédés par la bibliothèque classés par ordre d'entrée et destinée à attester la propriété de la bibliothèque sur ces documents. Cette distinction a beaucoup perdu de sa pertinence avec l'informatisation des catalogues, la même base de données servant à produire à la fois l'inventaire et les différents accès publics du catalogue.
Histoire
Le premier catalogueur connu, selon Jane M. Read, serait Callimaque. En 240 avant notre ère, il aurait rédigé une bibliographie représentant la part de littérature grecque détenue par la bibliothèque d'Alexandrie[3]. Il faut tout de même souligner qu’à cette époque, la standardisation n’était pas encore d’usage. La première tentative serait attribuée à Panizzi, qui a présenté des règles au début du catalogue de 1841 du British Museum[3].
Charles Ammi Cutter est aussi un grand contributeur de la bibliothéconomie et du catalogage. En effet, c'est en 1876 que paraissent ses Rules for a Printed Dictionnary Catalog. Certains des principes énoncés dans cet ouvrage sont encore d'actualité et certaines idées ont été reprises dans la première version des RCAA parue en 1908[3].
A la fin du 20e siècle, avec le développement des différents supports numériques et l'arrivée du Web des données, une nouvelle approche de signalement fait son approche. Il s'agit d'aller vers une granularité plus fine de l'information bibliographique[4]. Une réflexion mondiale se met en marche pour créer un nouveau modèle de structuration des métadonnées (les modèles conceptuels FRBR et FRAD puis IFLA LRM)[5]. On parle dès lors de transition bibliographique, période pendant laquelle les bibliothèques vont entamer un long travail de refonte de leurs pratiques de signalement et de mutation de leurs outils.
Terminologie
Types de catalogues
- Un catalogue local (généralement appelé OPAC, pour Online public access catalog) décrit les documents d'une seule bibliothèque.
- Un catalogue commun référence les documents de plusieurs bibliothèques relevant d'un même organisme. Comme une bibliothèque centrale et des bibliothèques de quartier.
- Un catalogue collectif décrit les collections de plusieurs bibliothèques indépendantes, par exemple le Sudoc. Un autre exemple de catalogue collectif serait le catalogue des bibliothèques du Québec[6], disponible depuis 2008. Ce catalogue est issu d’une démarche initiée par le Ministère de la Culture et des Communications du Québec, qui, en 2002, a constitué une table de concertation relevant de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Cette démarche avait entre autres pour objectifs d’améliorer le traitement documentaire et de faciliter le prêt entre bibliothèques[7]. De nombreux réseaux de bibliothèques proposent désormais des catalogues collectifs, à l'image de Babord+ pour le catalogue des bibliothèques des universités de Bordeaux.
- Un outil de découverte s'appuie sur un index général centralisé composé de données provenant d’éditeurs, d’agrégateurs de contenus et de sources locales (SIGB, dépôts institutionnels, collections numérisées, archives ouvertes, etc.).
Types de catalogages
- Le catalogage courant consiste à traiter au fur et à mesure les documents entrés récemment dans les collections.
- Le catalogage rétrospectif consiste à alimenter le catalogue avec les notices de documents anciens n'ayant pas encore été catalogués auparavant.
- La rétroconversion consiste à mettre dans un catalogue informatisé les notices existant sous une forme traditionnelle.
Types d'accès
Un catalogue peut permettre plusieurs accès différents aux documents.
Auteur
Le catalogue alphabétique auteurs permet une recherche par nom d'auteur. Lorsque le catalogue n'est pas informatisé, il est de coutume de classer à leur titre dans ce catalogue les documents n'ayant pas d'auteur identifiable. Le catalogue est alors appelé alphabétique auteurs et titres d'anonymes.
Sujet
Le catalogue alphabétique matières permet un accès par le sujet, exprimé sous forme de vedette-matière. C'est le plus difficile à réaliser et le plus susceptible de produire du silence. Il ne concerne que les ouvrages documentaires.
Le catalogue systématique permet un accès par le sujet, exprimé selon les formes du plan de classement utilisé, par exemple la Classification décimale de Dewey. Ce type de catalogue est très rare en France, y compris lorsque le catalogue est informatisé.
Tous les mots de la notice
L'accès par tous les mots de la notice n'est possible que dans les catalogues informatisés. Très efficace et intuitif, il peut générer du bruit, si la recherche est mal formulée ou si les notices sont riches (présence de résumés).
Types de supports
Registres et catalogues imprimés
Les premiers catalogues étaient des registres manuscrits. La deuxième moitié du XIXe et le début du XXe siècle ont été la grande période de publication des catalogues imprimés des grandes bibliothèques. En pratiquant l'échange de ces catalogues, les grandes bibliothèques avaient ainsi accès à leurs collections, mais aussi à celles de leurs homologues. Le principal défaut du catalogue imprimé est qu'il ne peut être mis à jour qu'en publiant des suppléments, qui rendent la recherche de plus en plus fastidieuse au fur et à mesure de leur parution. Ainsi, quand le National Union Catalog (catalogue des livres d'avant 1956) a cessé son édition papier en 1981, il avait accumulé 528 000 pages en 754 volumes, soit 40 mètres linéaires.
Catalogues sur fiches

Les catalogues sur fiches apparaissent en France, lors de la Révolution, à la suite d’une série de décrets en 1789 ordonnant la saisie de tous les biens ecclésiastiques et mis à la disposition du peuple[8]. Un comité est chargé de compiler les fonds des bibliothèques confisquées afin d’établir un catalogue national, ce qui entraîne la création d’un code de catalogage. Des cartes à jouer sont alors adoptées comme fiches, dont le verso vierge porte les notices bibliographiques. Les cartes comportant un as ou un deux sont utilisées des deux côtés si la description le nécessitait[9]. Bien que le projet n’aboutisse pas à la création d’un catalogue national, il démontre le potentiel d’utiliser un format standardisé pour les fiches[10]:22.
Plusieurs prototypes du catalogue sur fiches apparaissent en Europe et aux États-Unis au cours du XIXe siècle[10]:82, notamment le « paper slip catalog »[11]:70 de William Croswell, ancien professeur de mathématiques embauché par l’université Harvard en 1812 afin de cataloguer sa vaste collection de livres. Bien qu’il n’ait eu aucune expérience en matière de bibliographie ou de catalogage, il crée un catalogue hybride composé d’un collage de bouts de papier imprimés et manuscrits[11]:70-75. Cette méthode de catalogage est plus tard modifiée par ces successeurs.
En 1861, l’aide-bibliothécaire de Harvard au nom d’Ezra Abbot, développe le premier catalogue moderne conçu pour un usage public. Dans son système, les fiches, d’une taille standard de 2 × 5 pouces, sont rangées dans des tiroirs et maintenues debout à l’aide de blocs en bois. Chacune d’entre elles est perforée, ce qui permet de les fixer au moyen d’une tige et prévenir tout retrait non autorisé ou toute perte accidentelle[11]:81-82.

L’American Library Association annonce sa décision concernant la normalisation des fiches de catalogue dans la première édition du Library Journal, paru en 1877. Dans un rapport, elle suggère l’utilisation de deux tailles de fiches, soit le format utilisé par Harvard de 2 × 5 pouces (5 × 12,5 cm) et un format plus large de 3 × 5 pouces (7,5 × 12,5 cm)[12]. Le second est éventuellement privilégié, car il correspond au format utilisé pour les cartes postales américaines de l’époque[10]:84.
Avant la popularisation des fiches dactylographiées ou imprimées, les fiches de catalogue sont rédigées à la main dans un style calligraphique centré sur la rapidité et l’uniformité d’écriture. La Library hand (en), basée sur l’écriture manuscrite de Thomas Edison, est développée par Melvil Dewey et Edison en 1885[13]. Cette calligraphie est introduite dans le curriculum de bibliothéconomie quelques années plus tard afin d’assurer le maintien de catalogues standardisés et lisibles[14], et est utilisée par les bibliothécaires jusqu’en environ 1925[15].
Malgré la popularité du catalogage par fiches, elles présentent plusieurs désavantages tels que le coût d’opération et l’encombrement physique. En raison de leur nature, les fiches occupent énormément d’espace. En 1979, la bibliothèque du Congrès à Washington compte 20 millions de fiches dans son catalogue, et estime dépenser plus d’un million de dollars en salaires pour le personnel chargé du classement de celles-ci[16]:72. La matérialité du support engendre aussi des complications bureaucratiques : certaines cartes sont mal classées, trop usées ou illisibles, et d’autres sont perdues[10]:148. Outre les difficultés administratives, les fiches soulèvent aussi des enjeux d’accessibilité pour les usagers des bibliothèques, qui doivent se présenter sur place pour les consulter.
À la suite de l’informatisation des bibliothèques, certains établissements procèdent à la numérisation des fiches afin d’offrir aux utilisateurs un accès à leur catalogue au moyen d’une plateforme en ligne. On parle alors de CIPAC (Card-Image Public Access Catalogue). Cette forme de catalogage s’avère plus rentable et nécessite beaucoup moins d’espace que son homologue physique[17]. L’usage des catalogues sur fiches perdure jusqu’au début du XXIe siècle, avant d’être progressivement remplacé par le catalogue informatisé en ligne (l’Online Public Access Catalog ou OPAC). La bibliothèque du Congrès, qui commence l’impression et la vente de son catalogue aux bibliothèques sous forme de fiches imprimées en 1901, discontinue le service un peu moins d’un siècle plus tard[16]:66,[10]:153. L’Online Computer Library Center (OCLC) continue de proposer un tirage sur fiches des données de son catalogue jusqu’au 1er octobre 2015[18].
Catalogues informatisés
L'informatisation des catalogues des bibliothèques a commencé dans les années 1960[19]. La structuration des données se fait habituellement selon un format MARC[20], modèle conçu par Henriette Avram à la Bibliothèque du Congrès. À la différence des catalogues non-informatisés, il n'y a plus qu'une seule base de données, qui permet une recherche selon les différents accès titre, auteur et sujet et qui tient également lieu d'inventaire. Les catalogues informatisés permettent de créer de nouveaux accès, comme la recherche portant sur tous les mots de la notice (recherche plein-texte). Ils permettent également de construire des équations de recherche en utilisant des opérateurs booléens.
L'interface publique du catalogue est généralement appelée Online public access catalog (OPAC). L'usage d'écrans d'ordinateurs rend l'ensemble du catalogue consultable simultanément par tous les utilisateurs de la bibliothèque. Les catalogues sont désormais très souvent accessibles hors les murs de la bibliothèque par Internet. Ainsi, la visibilité des collections s'en trouve accrue[7]. La norme Z39.50 permet d'interroger simultanément plusieurs OPAC, via une interface web. Cette norme facilite l'interrogation des catalogues, entre autres car elle uniformise le langage d'interrogation[21]. Les premiers catalogues dont la consultation a pu se faire en ligne sont apparus dans les années 1970[21]. Ils ont coexisté avec les catalogues papier pendant plusieurs années et constituaient souvent une version plus simple de ceux-ci[21]. La seconde génération d'OPAC a été pensée pour être plus efficace pour repérer les ouvrages dont on ne connaît pas le titre. Malgré tout, cette génération demeurait plutôt complexe à utiliser[21]. Les OPAC plus récents sont plus complets, plus performants et plus faciles à utiliser. Ces catalogues sont souvent jumelés avec d'autres services comme les services de prêt. En effet, il est désormais souvent possible, entre autres grâce à ce type de catalogue, de profiter de fonctionnalités comme la réservation d'un ouvrage ou le renouvellement d'un emprunt, par exemple[21]. L'usage des catalogues en ligne étant de plus en plus répandu, l'usage du terme OPAC devient moins fréquent[7].
Les OPAC ont tendance à être remplacés par des outils de découverte depuis les années 2010 au sein des bibliothèques universitaires, ces derniers permettant l'accès unifié à toutes les ressources de l'établissement, y compris celles qui ne sont pas directement gérées par le SIGB (ressources électroniques, bibliothèque numérique)[22].
Le catalogage méticuleux d'ouvrages permet aujourd'hui d'améliorer les notices d'autorité, notamment en identifiant les doublons et en les signalant aux bibliothèques concernées, notamment la BnF[23].
Catalogues interactifs
Une nouvelle tendance est le catalogue interactif qui permet de passer à la consultation de livres en ligne, de documents rares, fragiles, ou non-empruntables. Grâce aux technologies Web, le catalogue interactif permet à l'internaute de feuilleter directement en ligne le document grâce à une bibliothèque numérique (exemples de bibliothèques numériques : Gallica, Europeana, Harvard University Library digital collections[24], Bibliothèque patrimoniale Odyssée[25] (amU), etc.).
L'autre intérêt est la convergence avec le multimédia[26] qui permet de dramatiser les univers des livres interactifs. En effet, le feuilletage est complété par du son, des animations interactives ou non, des vidéos sur simple clic.
Normes et règles de catalogage
Les normes et les règles relatives au catalogage sont essentielles à la cohérence, à l’exactitude et à l’efficacité des catalogues de bibliothèques. Elles permettent l’organisation systématique des documents et en assurent l’accessibilité aux utilisateurs.
En 1978, une collaboration entre les associations de bibliothèques des États-Unis, du Canada et du Royaume-Uni a eu lieu pour réviser les Règles de catalogage anglo-américaines (en) (RCAA)[7],[27]. Cette nouvelle version des règles, soit les RCAA2, est divisée en deux parties : la première étant destinée à la description des documents et la seconde concernant la sélection des vedettes et l’accès à la description[28]. Les RCAA2 intègrent la norme ISBD, élaborée par l’IFLA, afin d’assurer l’uniformisation des notices bibliographiques à l’échelle internationale[29]. Ces règles sont notamment utilisées au Québec et en Suisse[7].
En raison des limites des RCAA2 face aux enjeux de l’ère numérique, elles sont remplacées par la norme de catalogage descriptif, appelée Ressources : description et accès (RDA). Cette norme se distingue de son prédécesseur par son approche orientée vers les besoins des utilisateurs et par l’introduction d’objectifs centré sur l’environnement numérique, visant l’efficacité de catalogage de différents types de contenu, de médias ou de supports[30] ainsi qu’une compatibilité avec plusieurs schémas d’encodage (tels que MARC ou Dublin Core) et avec une grande variété de normes, modèles et standards internationaux[31]. La RDA est adoptée au Québec en 2013[31],[32], à la suite d’une traduction française du RDA toolkit issue d’une collaboration entre l’Asted et BAnQ, et l’est également dans plusieurs pays, comme l’Allemagne et les pays germanophones (Autriche, Suisse alémanique)[33]. La transposition française, RDA-FR[34] est en phase d'arriver à son terme et la BnF devrait commencer à l'utiliser entièrement en 2026 via son nouvel outil de production Noemi[35].