Cathédrale de Troia

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Nom localConcattedrale di Maria Santissima Assunta
Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Troia
Image illustrative de l’article Cathédrale de Troia
Présentation
Nom local Concattedrale di Maria Santissima Assunta
Culte Catholique romain
Type Cocathédrale
Basilique mineure
Rattachement diocèse de Lucera-Troia
Début de la construction 1093
Fin des travaux 1127
Style dominant Art roman apulien
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Drapeau de Pouilles Pouilles
Province Foggia
Ville Troia
Coordonnées 41° 21′ 40″ nord, 15° 18′ 30″ est
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Troia
Géolocalisation sur la carte : Pouilles
(Voir situation sur carte : Pouilles)
Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Troia

La cathédrale de Troia ou cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption (en italien : cattedrale della Beata Vergine Maria Assunta in Cielo di Troia), traduit littéralement par cathédrale de la Bienheureuse Vierge Marie Assumée au Ciel, est une église catholique romaine de la ville de Troia en Italie.

Construite entre la fin du XIe et le premier quart du XIIe siècle, elle est considérée comme un chef-d'œuvre de l'architecture romane des Pouilles et se distingue particulièrement par sa rosace à onze rayons et ses portes en bronze de la façade ouest. Autrefois siège des évêques de Troia, elle est désormais la cocathédrale du diocèse de Lucera-Troia.

Elle a été déclarée monument national italien en 1940[1], et le pape Pie XII l'a élevée au rang de basilique mineure en [2].

L'église fut construite à partir de 1093 durant l'épiscopat de Gautier de Palear à la suite du premier concile régional présidé par le pape Urbain II. Ses fondations s'établirent sur un édifice byzantin préexistant, et avec des matériaux réutilisés provenant de l'ancienne ville romaine d'Aecae, située non loin de là.

Son histoire est liée à l'importance non seulement spirituelle, mais aussi temporelle que l'évêché avait au sein de la ville. Surtout pendant les périodes où Troia a connu de graves conflits politiques, la cathédrale est restée le symbole du pouvoir de l'évêque, qui était alors le seul représentant du pouvoir temporel. Une particularité de l'évêque local était sa dépendance directe au Saint-Siège. La ville était également traversée par la via Francigena médiévale (héritière de la via Traiana romaine), attestée sur le territoire de Troia dans le Privilegium baiulorum imperialium de 1024[3].

Les travaux de construction de la cathédrale ont été parrainés et financés par l'évêque Guillaume (1102-1106) à partir de 1106. En 1119, la porte en bronze construite par Oderisio da Benevento a été posée. Outre la finalisation stylistique de la façade, elle avait pour fonction de célébrer les gloires de l'évêque et son habileté à servir de médiateur entre le Saint-Siège et les barons normands. À peine huit ans après cet événement, en 1127, la construction d'une porte latérale, également réalisée par Oderisio da Benevento et toujours sur ordre de Guillaume, symbolise le changement de situation politique dans la région et dans la ville : la nouvelle porte est plus petite et plus simple, reflétant la situation économique difficile et une plus grande rapidité d'exécution et de diffusion du message à transmettre.

C'est à l'évêque Gautier de Palear (1189-1201) que l'on doit la construction du bras gauche du transept. Les travaux s'inscrivaient dans un nouveau plan qui prévoyait la réalisation du transept, qui ne fut jamais achevé. Le bras droit ne fut en effet construit qu'au XVIIIe siècle. Au XIIIe, l'espace du chœur (presbiterio) a d'abord été achevé avec la construction de la voûte en croisée d'ogives du chœur, puis la rosace de la façade principale a été réalisée.

Architecture

La façade

Reliefs entourant la rosace.

D'un point de vue architectural, la façade est divisée par une corniche qui distingue la partie supérieure, plus légère et aux traits plus doux, de la partie inférieure, compacte, animée par la présence d'arcs aveugles et de demi-colonnes. La partie supérieure de la façade, qui reprend l'espace intérieur de la nef centrale, est caractérisée par un toit à double pente et est soutenue par deux larges contreforts. Mais ce qui caractérise la façade et en détermine la particularité, c'est le jeu des éléments architecturaux et sculpturaux, qui forment une harmonie particulière. La rosace, unique en son genre, mérite une attention particulière, car elle frappe l'observateur par sa beauté incontestable.

La rosace

Le rosace est un excellent exemple de technique de sculpture ajourée : composé de onze colonnes (d'un style similaire à l'ordre corinthien) qui rayonnent du centre selon des angles égaux (32,72º), elles-mêmes reliées par un jeu d'arcs qui servent de cadre, il est divisé en onze « segments ». Ces derniers sont décorés de diaphragmes ajourés différents les uns des autres et différents de la décoration des arcs, créant ainsi pas moins de vingt-deux décorations différentes obtenues exclusivement avec la technique de l'ajourage, faisant apparaître la rosace comme une broderie en dentelle.

Au centre de la rosace, les onze colonnes reposent sur un cercle de pierre travaillé en écailles, formant une décoration qui rappelle une corde qui se referme ou un serpent qui se mord la queue, symbole de l'éternité (ouroboros), de la mort et de la résurrection, en plus d'être de forme circulaire, symbole de la perfection. Le centre de la rosace symbolise donc la figure de Jésus-Christ.

L'intérieur

À l'intérieur, la cathédrale se compose de trois nefs, séparées par treize colonnes de marbre. Le nombre impair de colonnes s'explique par le fait que, lorsque l'on entre par la porte centrale, la première colonne à droite est double. Symboliquement, le nombre treize représente Jésus et ses apôtres.

Vue d'ensemble de l'intérieur.

L'abside est asymétrique. Cette caractéristique peut s'expliquer par quatre raisons : l'asymétrie améliore l'acoustique en empêchant la formation d'échos ; la distinction entre les nefs et l'abside symbolise la distance entre le lieu des croyances et le lieu de la véritable connaissance divine ; l'asymétrie est l'affirmation d'un esprit créatif contre une rationalité excessive offerte par la symétrie parfaite ; le plan en croix latine est le symbole du corps humain. Par conséquent, l'abside (la tête) légèrement décalée rappelle la tête inclinée du Christ crucifié.

La cathédrale possède un orgue Mascioni opus 760, construit en 1958. À transmission électrique, il compte 23 registres pour un total de 1406 tuyaux placés dans un buffet à droite du maître-autel. La console, placée au sol, comporte deux claviers et un pédalier.

Source

Notes et références

Annexes

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