Centre Jean Abadie

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Le Centre Jean Abadie est un établissement des hôpitaux de Bordeaux rattaché au groupe hospitalier Saint André, situé 89 rue des Sablières. A sa création en 1956 par le Professeur Paul Delmas-Marsalet, ce centre de neuropsychiatrie réunissait en un même lieu toutes les spécialités médicales et chirurgicales du cerveau.

Jean Abadie (1873-1946)

Le centre a été nommé ainsi en hommage au Pr Jean Abadie (1873-1946), médecin neuropsychiatre, titulaire de la chaire de « clinique des maladies nerveuses et mentales » à la Faculté de Médecine de Bordeaux (1919-1941)[1]. Jean Abadie a été un des fondateurs de l'école de neuropsychiatrie universitaire bordelaise, et a promu le modèle d'une psychiatrie médicale intégrée au sein des autres spécialités du cerveau[2],[3].

Le Centre Jean Abadie a été créé par son élève, le Pr Paul Delmas-Marsalet, également neuropsychiatre, qui lui succède en 1941 à la chaire des maladies nerveuses et mentales[4]. Au cours de ses voyages, Paul Delmas-Marsalet a visité les structures hospitalières et universitaires neurologiques et psychiatriques dans de nombreux pays[5]. C'est à partir du modèle des instituts nord-américains, basé sur une neuropsychiatrie académique intégrée, qu'il a conçu le projet et les plans d'une telle structure à Bordeaux[4]. L'objectif était de réunir dans un même lieu toutes les spécialités du cerveau : psychiatrie, neurologie, neurochirurgie, neuroradiologie, neuropathologie, et explorations fonctionnelles et biochimiques[3].

Ce centre a été construit sur un terrain rue des Sablières, jusqu'alors occupé par l'ancien pavillon des maladies infectieuses de l'hôpital des enfants de Bordeaux[6]. Ce pavillon avait été construit en 1896 à l'écart des autres bâtiments pour isoler les enfants présentant des infections contagieuses, permettant ainsi de réduire la mortalité chez les enfants hospitalisés. Son utilité ayant décliné après la découverte des vaccins et de l'antibiothérapie, il a été démoli au début des années cinquante pour construire le Centre Jean Abadie[6].

Paul Delmas-Marsalet (1898-1977)

Ce centre hospitalier a été financé par les collectivités territoriales présidées par le maire de Bordeaux, Jacques Chaban-Delmas, et construit par les architectes Richard-Chauvin et Mathieu[7]. Il s'agissait du premier centre de ce type en France, présenté comme un « établissement modèle »[7] et le « centre neuropsychiatrique le plus moderne d'Europe »[3]. Paul Delmas-Marsalet décrivait sa conception en ces termes[5] : « Nous tenons à dire, cependant, que jamais chef de service ne fut sans doute plus formellement invité que nous à faire connaitre son point de vue d'usager et à le matérialiser sous la forme de plans concrets. Et, précisement, parce que ce chef de service avait eu la chance de visiter en détail de nombreux hôpitaux neurologiques, psychiatriques et neurochirurgicaux, du Canada, des Etats-Unis, des Pays scandinaves, de la Suisse, de la Hollande et de la Belgique, il peut affirmer que le Centre Jean Abadie dépasse tous ces hôpitaux, à la fois sur le plan architectural et sur le plan de la technique médicale. »

Lors de son inauguration en , Paul Delmas-Marsalet déclara dans son discours que « Le niveau atteint par l'angoisse humaine, le taux élevé des maladies mentales et celui de l'alcoolisme ont nécessité la création de ce centre de neurologie, psychiatrie et de neuro-chirurgie. » Il conclut son discours en proposant comme devise pour ce centre « Vous qui entrez ici, gardez toute espérance »[7].

Structure et fonctionnement du Centre Jean Abadie (1956-1973)

Centre Jean Abadie à son ouverture en 1956

Le centre a été ouvert en . Paul Delmas-Marsalet rapporte que cette date, liée à des retards dans les travaux, était la plus défavorable de l'année (période de changement des internes, d'examens universitaires, de soutenances de thèse et de congés annuels)[5]. Néanmoins, le déménagement des services, jusqu'alors localisés à l'hôpital Saint André, et leur installation dans les nouveaux locaux, se déroula sans encombre grâce à l'investissement de tous les professionnels. Ce déménagement induisit cependant un changement majeur dans le fonctionnement des services, car le personnel infirmier était constitué de soignants sans expérience en neuropsychiatrie. En effet, les soeurs de Saint Vincent de Paul, qui assuraient les fonctions d'infirmières à l'hôpital Saint André, n'ont pas été autorisées par leur ordre à suivre les services de neuropsychiatrie dans le nouveau centre[5]. Le Centre est un bâtiment de quatre étages, au sein duquel les activités étaient réparties à son ouverture en six niveaux[5]. Au sous-sol, le Pavillon d’Observation Psychiatrique (POP, professeurs Marc Blanc et Marc Louis Bourgeois[8]) accueillait toutes les urgences psychiatriques, incluant les personnes du département de la Gironde envoyées en observation avant une mesure de soins psychiatriques sans consentement (alors dénommées placement d'office et placement volontaire, selon les termes de la loi du 30 juin 1838)[2],[9]. Au rez-de-chaussée étaient localisés : un centre d'électroencéphalographie avec deux appareils à six plumes, un à 15 plumes, un appareil transportable à 8 plumes, des photostimulateurs; une salle d'électromyographie; une salle de myographie analytique et électrobiologie; une salle d'anatomopathologie; deux laboratoires de biophysique et neurochimie; ainsi que les secrétariats, bureaux (dont un pour une psychologue), salles d'attente, salle de cours et bibliothèque[5]. Les quatre étages étaient dévolus aux unités d'hospitalisation, avec au total 180 lits. Ces lits étaient répartis en 130 lits de neuropsychiatrie universitaire d'une part, et 20 lits de psychiatrie et 30 lits de neurochirurgie dépendant des hôpitaux généraux de l'autre. Les chambres à cinq lits étaient majoritaires[5]. Les services de psychiatrie supervisés par Paul Delmas-Marsalet (MLM) étaient situés au 4e étage (service des hommes, Pr Marc Blanc) et 3e étage (service des femmes, accueillant également des hospitalisations mère-enfant[9], Pr Michel Bergouignan), la neurologie aux 3e et 4e étages, et la neurochirurgie au 1er étage.

Le Centre Jean Abadie après la séparation entre la psychiatrie et la neurologie

Références

Articles connexes

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