Centre universitaire de santé McGill
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Le Centre universitaire de santé McGill ou CUSM (en anglais : McGill University Health Centre ou MUHC) est un centre hospitalier universitaire bilingue québécois, associé à l'Université McGill et situé à Montréal. Il relève de Santé Québec depuis le .
Il constitue l’un des trois grands réseaux hospitaliers universitaires de Montréal, avec le Centre hospitalier de l'Université de Montréal et le CHU Sainte-Justine, et est parmi les plus importants centres de santé académiques au Canada et en Amérique du Nord[1].
Créé en 1997 à la suite de la fusion de cinq hôpitaux d’enseignement, puis élargi en 2008 avec l’intégration de l’Hôpital de Lachine et du pavillon de soins de longue durée Camille-Lefebvre, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) constitue un réseau de quatre grands sites hospitaliers : le site Glen, l’Hôpital général de Montréal, l’Hôpital neurologique de Montréal (The Neuro) et l’Hôpital de Lachine. Il dispose d’environ 1 379 lits et rassemble plus de 17 000 personnes, dont quelque 1 600 médecins et plus de 12 000 infirmières et autres professionnels de la santé, qui assurent plus de 700 000 épisodes de soins par année pour des patients de Montréal, d’un vaste territoire de l’ouest et du nord du Québec ainsi que d’autres provinces. Le CUSM a pour mandat d’offrir des soins tertiaires et quaternaires hautement spécialisés tout en assumant des missions majeures d’enseignement et de recherche[1].
Hôpitaux liés à l'université McGill au XXe siècle

Les cinq établissements fondateurs du CUSM sont des hôpitaux dont plusieurs ont plus d’un siècle d’existence : l’Hôpital Royal Victoria (1893), l’Hôpital général de Montréal (ouvert au début du XIXᵉ siècle), l’Institut thoracique de Montréal (1903), l’Hôpital de Montréal pour enfants (1904) et l’Institut neurologique de Montréal (1934)[2]. Tous sont progressivement devenus des hôpitaux universitaires d’enseignement et de recherche affiliés à la Faculté de médecine de l’Université McGill, bien avant leur fusion au sein du CUSM en 1997.
Après la Deuxième Guerre mondiale, ces hôpitaux fonctionnent comme des institutions concurrentes mais affiliées à McGill, avec une forte identité propre et parfois une rivalité marquée, notamment entre l’Hôpital général de Montréal et le Royal Victoria, malgré certaines collaborations cliniques et universitaires[2]. Chacun développe toutefois des missions cliniques et de recherche distinctes, l’Hôpital général de Montréal comme grand hôpital général et centre de traumatologie, le Royal Victoria comme hôpital universitaire de pointe, l’Hôpital de Montréal pour enfants comme centre pédiatrique tertiaire, l’Institut thoracique comme centre de référence pour les maladies respiratoires et l’Institut neurologique comme pôle de neurosciences, ce qui contribue à la fois à la complémentarité de l’offre de soins et à la perpétuation de rivalités institutionnelles
L’introduction de l’assurance-maladie au Québec dans les années 1970 et l’augmentation des besoins en soins spécialisés créent progressivement une pression pour rationaliser l’offre de services, jugée coûteuse et redondante, notamment le maintien de deux grands hôpitaux généraux pour adultes distants d’à peine quelques kilomètres[2]. Parallèlement, d’autres établissements montréalais se rattachent à l’orbite universitaire de McGill au XXᵉ siècle – notamment le Jewish General Hospital, St. Mary’s Hospital, l’Hôpital Douglas (devenu Institut universitaire en santé mentale Douglas), le Lakeshore General Hospital et le Shriners Hospitals for Children – Canada –, ce qui contribue à densifier un vaste réseau hospitalier universitaire anglophone dans la région de Montréal[2]. C’est dans ce contexte d’expansion et de rationalisation progressive de ce réseau que s’inscrit, dans les années 1990, le projet de fusion institutionnelle qui donnera naissance au CUSM
Fondation du CUSM

En , l'Hôpital de Montréal pour enfants, l'Hôpital Royal Victoria, l'Hôpital général de Montréal, l'Institut neurologique de Montréal et l'Institut thoracique de Montréal s'associent pour former le Centre universitaire de santé McGill (CUSM). La fusion intervient dans un contexte où le gouvernement du Québec et les autorités universitaires encouragent la consolidation de l’administration et des services médicaux spécialisés, afin de réduire les duplications du réseau hospitalier universitaire montréalais. Le regroupement est présenté comme une fusion « volontaire » portée par les directions hospitalières elles-mêmes, désireuses de constituer un centre universitaire intégré plutôt que de subir des fermetures ou restructurations unilatérales[2].
Au début des années 2000, le CUSM souhaite consolider ses activités dans deux campus : l’un, appelé campus de la Montagne, est le site de l’actuel Hôpital Général de Montréal et l’autre, le campus Glen, qui est projeté pour occuper le terrain de l’ancienne gare de triage du même nom, à proximité du métro Vendôme[3]. En 2003, le gouvernement demande au CUSM de conserver un site au centre-ville ; l’Hôpital général est choisi pour y demeurer.
Le , le radio-oncologue et ex-président-directeur général du Detroit Medical Centre Arthur Porter devient Directeur général du CUSM[4]. Le , le gouvernement du Québec autorise officiellement le projet du CUSM[5] en deux pôles, soit la construction d'un nouvel hôpital au site Glen pour remplacer l'Hôpital Royal Victoria et la réfection et la modernisation de l’Hôpital général. Les cinq bâtiments de l'Hôpital Royal Victoria, alors en service, présentent un déficit d’entretien majeur évalué à plus de 200 millions de dollars. Âgés de plus de cent ans, l’hôpital est devenu peu fonctionnel, ce qui complique le recrutement et la rétention des professionnels de la santé et des chercheurs[6].
En 2008, l’Hôpital de Lachine se joint au CUSM ; grâce à la modernisation de ses installations, il deviendra le campus Lachine au sein du projet de redéploiement.
Le , la Dr. Lucie Opatrny devient Directrice générale du CUSM[7]. Le , le CUSM est intégré à la société d'État Santé Québec.
Administration et gouvernance

Depuis la mise en place de la société d’État Santé Québec et l’intégration des établissements du réseau au , le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) fait partie des établissements publics dont les services sont exploités par Santé Québec, qui agit désormais comme employeur unique et responsable opérationnel du réseau, tandis que le ministère de la Santé et des Services sociaux conserve les fonctions de planification, de financement global et d’encadrement normatif.
La gouvernance locale du CUSM est assurée par un conseil d’administration d’établissement (CAÉ), mis sur pied en vertu de la nouvelle Loi sur la gouvernance du système de santé et de services sociaux, dont les membres – incluant la présidente-directrice générale du CUSM, des usagers, des représentants du personnel, des milieux municipal, universitaire, de la recherche et des fondations – ont été nommés pour un mandat de quatre ans en [8].
La direction courante et la gestion quotidienne relèvent de la présidente-directrice générale, la Dre Lucie Opatrny, entrée en poste le . Elle dirige l’équipe de haute direction et veille à la performance clinique, financière et organisationnelle de l’établissement[9].
Tandis que le conseil d’administration de Santé Québec définit les grandes orientations stratégiques et supervise l’ensemble du réseau, le CAÉ du CUSM joue un rôle d’ancrage local en évaluant l’expérience des usagers, en maintenant des liens avec les parties prenantes et en formulant des avis à la PDG sur les besoins sociosanitaires de la population desservie, dans le cadre d’un établissement qui demeure public et intégré au réseau québécois de santé et de services sociaux.
Fonctionnement et activités
Capacité et achalandage

Le CUSM regroupe 7 centres hospitaliers, 1 CHSLD, 1 institut de recherche, 3 centres de services ambulatoires et 1 centre de reproduction et emploie en 2025 quelque 11 428 personnes, dont 1 540 médecins[10]. Sur le plan clinique, l’achalandage est fortement concentré au site Glen (Hôpital Royal Victoria et Centre du cancer des Cèdres) et à l’Hôpital général de Montréal, qui assurent ensemble la majorité des 32 239 admissions annuelles (88 par jour), l’Hôpital Royal Victoria au site Glen étant aussi le seul à prendre en charge les 2 654 accouchements par an[11].
Les visites aux urgences (173 185 par an) sont dominées par l’Hôpital de Montréal pour enfants, suivi du Royal Victoria, de l’Hôpital général et de l’Hôpital de Lachine, tandis que l’Hôpital neurologique reçoit un volume plus restreint mais hautement spécialisé. Enfin, l’activité ambulatoire (507 381 consultations externes) se concentre surtout au Royal Victoria, à l’Hôpital général et à l’Hôpital de Montréal pour enfants[11].
En matière de chirurgie (24 653 interventions au CUSM), l’Hôpital général, l’Hôpital de Montréal pour enfants et le Royal Victoria sont les principaux sites, alors que Lachine et le Neuro jouent un rôle plus limité, compensé en partie par la place importante de Lachine dans les 5 458 chirurgies effectuées en centres médicaux spécialisés[11].
Finances
| Année au 31 mars | ||
|---|---|---|
| 2024 | 2023 | |
| Revenus consolidés | 2 034 | 1 887 |
| Charges annuelles | 1 640 | 1 984 |
| Source des revenus | ||
| Subventions MSSS / Santé Québec | 1 640 | 1 530 |
| Subventions Gouvernement du Canada | 47 | 45 |
| Contributions des usagers | 52 | 43 |
| Ventes de services et recouvrements | 28 | 29 |
| Donations | 13 | 20 |
| Revenus de placement | 1 | 1 |
| Revenus de type commercial | 11 | 11 |
| Charges | ||
| Salaires, avantages sociaux et charges sociales | 1 019 | 997 |
| Médicaments | 136 | 112 |
| Produits sanguins | 85 | 81 |
| Fournitures médicales et chirurgicales | 120 | 115 |
| Frais financiers | 137 | 137 |
| Entretien et réparations | 56 | 53 |
| Créances douteuses | 20 | 11 |
| Loyers | 9 | 4 |
| Amortissement des immobilisations | 105 | 103 |
| Perte sur disposition d'immobilisations | 2 | 1 |
| Autres charges | 296 | 271 |
À l’instar du reste du réseau de la santé québécois, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) relève de la société d’État Santé Québec depuis le et dispose, pour l’exercice 2024-2025, d’un budget d’exploitation annuel d’environ 1,8 milliard de dollars canadiens[10]. Avec un budget consolidé de plus de 2 milliards $CAN en 2024, le CUSM est le deuxième plus important établissement de santé et services sociaux de l'île de Montréal, après le CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal[10].
Mission clinique et organisation des soins

Le Centre universitaire de santé McGill offre des soins généraux, spécialisés et surspécialisés à une population locale, régionale et supra-régionale. Ses activités cliniques sont réparties entre plusieurs sites qui constituent un continuum de soins couvrant les soins aigus, la prise en charge des maladies chroniques et la traumatologie de niveau tertiaire.
Le CUSM dispose de services d’urgence adultes et pédiatriques ouverts 24 heures sur 24, d’unités d’hospitalisation, de cliniques externes, de soins intensifs et de plateaux de chirurgie pour les adultes et les enfants. Le site Glen regroupe la majorité des lits d’hospitalisation en chambres individuelles, ainsi qu’un important volume d’activités ambulatoires. L’Hôpital général de Montréal abrite un centre de traumatologie adulte de niveau 1, tandis que l’Hôpital de Montréal pour enfants joue un rôle de centre tertiaire supra-régional pour le traumatisme pédiatrique. L’Hôpital de Lachine complète cette offre par des services de médecine interne, de chirurgie, de soins intensifs et une urgence de proximité[11].
L’organisation des soins repose sur de grandes missions cliniques (médecine, chirurgie, soins critiques, oncologie, pédiatrie, neurosciences, etc.) structurées en départements et divisions de spécialité. Ces structures encadrent les activités d’hospitalisation, de consultation et de cliniques ambulatoires sur l’ensemble des sites adultes et pédiatriques. Les trajectoires de soins s’étendent de la première prise en charge spécialisée (cliniques externes, consultations rapides) jusqu’aux soins intensifs et à la réadaptation, selon la gravité et la complexité des cas. Des équipes interdisciplinaires, médecins, infirmières, pharmaciens, professionnels de la réadaptation, travailleurs sociaux, entre autres, assurent la continuité des soins entre l’hospitalisation, les cliniques de suivi et les services de proximité, en particulier pour les enfants présentant des besoins complexes et les adultes vulnérables[11].
Programmes spécialisés et recherche
Le CUSM assure de nombreux programmes ultra-spécialisés désignés par le MSSS du Québec comme la cancérologie pulmonaire et de cancérologie des sarcomes musculosquelettiques[11]. Le CUSM héberge également les centres de traumatologie tertiaires adultes et pédiatriques de son réseau, de même qu’un centre de développement de diagnostics moléculaires de pointe (grappe OPTILAB Montréal-CUSM) pour améliorer les analyses en laboratoire[11]. De plus, il est l’établissement désigné pour plusieurs programmes suprarégionaux, tels que le Programme national d’assistance ventilatoire à domicile et le volet Ouest du programme d’implants cochléaires du Québec. Le CUSM est enfin un centre de référence provincial pour les thérapies avancées, réalisant des greffes de cellules souches et des thérapies cellulaires CAR-T et assurant les transplantations d’organes solides et multi-organes.
Parallèlement à son rôle clinique, le CUSM figure parmi les plus important centre de recherche hospitalière au Canada grâce à l’Institut de recherche du CUSM (IR-CUSM). En 2023–2024, les quelque 650 chercheurs et chercheuses de l’IR-CUSM, regroupés en huit programmes de recherche couvrant la santé de l’adulte et de l’enfant, ont réalisé des avancées dans divers domaines tels que les maladies respiratoires, le cancer, les maladies cardiovasculaires, la résistance aux antimicrobiens ou les maladies rares[11].
Enseignement et formation des professionnels de la santé
Le CUSM possède une mission d’enseignement en tant qu’hôpital universitaire affilié à l’Université McGill en formant la relève des professionnels de la santé en milieu clinique. En 2023–2024, la Direction de l’enseignement et de la simulation du CUSM a coordonné l’accueil de 1 091 médecins résidents et 933 étudiants en médecine, qui ont pu parfaire leur formation au chevet des patients dans les divers hôpitaux[11]. À ces effectifs s’ajoutent des centaines de stagiaires en soins infirmiers, en sciences infirmières et dans les disciplines multidisciplinaires (physiothérapie, ergothérapie, travail social, etc.), supervisés par les cliniciens-enseignants du CUSM. L’institution a aussi mis sur pied en un groupe de travail intersectoriel pour optimiser l’offre de stages dans l’ensemble des services; ce travail a mené à l’adoption d’une politique cadre en visant à uniformiser la gestion et l’encadrement des stagiaires dans tout le CUSM[11].
Le Centre de simulation interprofessionnelle du CUSM (i-Sim) est destiné l’entraînement des futurs professionnels de la santé. Au cours de 2023–2024, ce centre de simulation a accueilli 5 471 participants, soit une hausse de 63 % par rapport à l’année précédente, grâce à l’ajout de nouveaux cours spécialisés (par exemple en ventilation mécanique néonatale haute fréquence, en triage pédiatrique adapté aux réalités culturelles, ou encore sur les techniques de debriefing)[11].
Ressources humaines cliniques et scientifiques
Le CUSM compte des effectifs importants comprenant notamment des médecins (plus d’un millier), un vaste personnel infirmier et cardiorespiratoire (plus de 3 500 infirmières et infirmiers, incluant environ 354 infirmières auxiliaires) ainsi que des centaines de professionnels de la santé dans diverses disciplines. La Direction des soins infirmiers, à elle seule, supervise plus de 3 548 infirmières et infirmiers auxiliaires, et concentre ses efforts sur les enjeux de recrutement et de rétention de cette main-d’œuvre[11].
Durant l’année 2023–2024, le CUSM a intensifié le renouvellement de son personnel clinique : 464 nouvelles embauches ou promotions ont eu lieu du côté infirmier (incluant l’intégration de 19 infirmières diplômées hors Canada en cours de spécialisation locale)[11].
Sur le volet scientifique, l’IR-CUSM rassemble plus de 650 chercheurs actifs (sciences fondamentales, cliniques et épidémiologiques) soutenus par environ 3 500 personnes au total impliquées dans les activités de recherche (personnel technique, assistants de recherche, étudiants gradués, etc.)[11].
Qualité, sécurité et expérience des patients
Le CUSM nomme un commissaire aux plaintes et à la qualité des services traite les insatisfactions et incidents signalés par les usagers. Des comités d’éthique et de vigilance examinent les enjeux de sécurité des soins[11].
Le Comité des usagers du CUSM, appuyé par le Bureau de la mesure de l’expérience patient, recueille la rétroaction des patients via des sondages de satisfaction et des groupes de discussion, puis collabore avec la direction pour apporter des améliorations aux services. En 2023–2024, par exemple, un nouveau menu alimentaire unifié a été déployé sur l’ensemble des sites du CUSM (en collaboration avec le service de nutrition clinique), suite aux commentaires recueillis dans les sondages de satisfaction sur la qualité de la nourriture offerte aux patients[11].
Intégration territoriale
Le CUSM appartient au Réseau universitaire intégré de santé et de services sociaux (RUISSS) McGill[13]. Ce réseau universitaire couvre 63 % de la superficie du Québec et englobe, outre Montréal, plusieurs régions éloignées desservies par le CUSM, notamment l’Outaouais, l’Abitibi-Témiscamingue, le Nord-du-Québec, le Nunavik et les Terres-Cries de la Baie-James. En tant qu’hôpital tertiaire de référence du RUISSS McGill, le CUSM collabore étroitement avec les établissements locaux de ces régions (CIUSSS et CISSS partenaires) afin d’améliorer l’accessibilité des soins ultraspécialisés pour les populations éloignées[11]. Cette collaboration se manifeste par divers moyens, dont le recours accru à la télésanté : en 2023–2024, plus de 104 services cliniques du CUSM étaient offerts en mode virtuel ou à distance, permettant aux patients des régions périphériques de consulter des spécialistes sans avoir à se déplacer systématiquement à Montréal. Par ailleurs, le CUSM déploie régulièrement des équipes mobiles et des cliniques externes délocalisées, plus d’une vingtaine de ses médecins spécialistes se rendent à intervalles réguliers au Nunavik et sur le territoire des Terres-Cries (Eeyou Istchee) pour y dispenser des soins sur place. Ces initiatives renforcent l’intégration territoriale des services en assurant une présence médicale dans le nord du Québec et en créant un continuum de soins entre l’hôpital universitaire et les communautés autochtones ou éloignées[11].
| Région | Établissement |
|---|---|
| Montréal | CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal (Hôpital général du Lakeshore) |
| CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal | |
| Outaouais | CISSS de l’Outaouais |
| Abitibi-Témiscamingue | CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue |
| Montérégie | CISSS de la Montérégie-Ouest |
| Nord-du-Québec | Centre régional de santé et de services sociaux de la Baie-James |
| Nunavik | Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik |
| Terres-Cries-de-la-Baie-James | Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James |
Infrastructures, logistique clinique et technologies de l’information
Le CUSM gère un parc d’infrastructures hospitalières complexe réparti sur plusieurs sites. En 2023–2024, l’établissement a poursuivi d’importants projets d’investissements immobiliers afin de se doter de nouvelles installations. Par exemple, un nouvel héliport a été aménagé sur le campus Glen pour faciliter le transport rapide des patients traumatisés, qu’ils soient adultes ou pédiatriques, vers le Centre de traumatologie du CUSM. De même, une nouvelle salle d’électrophysiologie cardiaque a été inaugurée au site Glen pour le traitement des arythmies complexes[11].
Parallèlement, des travaux majeurs de rénovation ont été entrepris à l’Hôpital général de Montréal, incluant la modernisation complète du service des urgences et du bloc opératoire, afin d’accroître la capacité d’accueil et d’améliorer le flux des patients. Sur le plan de la logistique clinique, le CUSM a déployé des initiatives pour harmoniser et optimiser ses processus : la mise en œuvre d’un programme de pathologie numérique à l’échelle de ses laboratoires a permis d’accélérer le diagnostic tout en unifiant les pratiques entre sites, et la création d’une centrale de réservation des blocs opératoires (CORB), d’abord implantée à l’Hôpital de Lachine, a contribué à une meilleure gestion centralisée des listes d’attente chirurgicales sur l’ensemble du CUSM[11].
En matière de technologies de l’information, le CUSM a investi dans plusieurs projets numériques. Il a notamment entrepris l’implantation d’un prologiciel infonuagique Sigma-RH pour la gestion des ressources humaines, solution centralisée qui facilite le suivi des effectifs et la planification du personnel à l’échelle de l’établissement. Par ailleurs, des initiatives d’automatisation robotisée des processus administratifs ont été déployées, de même que la numérisation progressive des dossiers et formulaires cliniques, afin d’accroître la précision des données et l’efficience des opérations courantes. En prévision du virage infonuagique global de ses systèmes cliniques, le CUSM a également dressé un état des lieux de son infrastructure numérique et débuté la mise à niveau de certaines plateformes pour les rendre compatibles avec l’infonuagique (cloud) du réseau de santé[11].
Établissements affiliés
Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) forme un réseau de quatre grands sites hospitaliers à Montréal – le site Glen, l’Hôpital général de Montréal, l’Institut et hôpital neurologique de Montréal (The Neuro) et l’Hôpital de Lachine, incluant notamment l’Hôpital Royal Victoria, l’Hôpital de Montréal pour enfants, l’Institut thoracique de Montréal, le Centre du cancer des Cèdres et l’Institut de recherche – pour un total d’environ 1 379 lits et une communauté de plus de 17 000 personnes[14] (médecins, infirmières, autres professionnels de la santé, personnel de soutien, chercheurs et étudiants). Ce conglomérat universitaire offre plus de 700 000 épisodes de soins par année[14], principalement tertiaires et quaternaires, à une clientèle provenant de Montréal, d’un vaste territoire de l’ouest et du nord du Québec intégré au RUISSS McGill, ainsi que d’autres provinces canadiennes.
Site Glen

Le site Glen est un centre hospitalier universitaire situé au 1001 du boulevard Décarie, à la jonction de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, du Sud-Ouest et de Westmount, à Montréal. Construit entre 2010 et 2015 sur l’ancienne gare de triage Glen, il regroupe notamment l’Hôpital Royal Victoria, l’Hôpital de Montréal pour enfants, l’Institut thoracique de Montréal, le Centre du cancer des Cèdres et l’Institut de recherche du CUSM au sein d’un même complexe d’environ 500 lits et d’une vingtaine de salles d’opération, dédié aux soins spécialisés et surspécialisés pour adultes et enfants. Le campus est adjacent à l’Hôpital Shriners pour enfants de Montréal et relié directement par un tunnel à la gare intermodale Vendôme, qui assure un accès important en transport en commun.
Hôpital général de Montréal

L’Hôpital général de Montréal est un hôpital universitaire situé sur le flanc sud du mont Royal, à l’angle de l’avenue des Pins et du chemin de la Côte-des-Neiges, au centre-ville de Montréal. Fondé au début du XIXᵉ siècle , il dispose d’environ 500 lits de soins aigus et abrite le Centre de traumatologie Dr David S. Mulder, l’un des trois centres de traumatologie de niveau I pour adultes au Québec et le seul situé au centre-ville de Montréal.
Hôpital de Lachine

L’Hôpital de Lachine est un hôpital communautaire public situé dans l’arrondissement de Lachine, à l’ouest de l’île de Montréal. Fondé en 1913 sous le nom d’Hôpital Saint-Joseph et intégré au CUSM en 2008, il offre des services généraux et spécialisés, notamment en gériatrie, chirurgie bariatrique et ophtalmologie, tout en abritant le pavillon de soins de longue durée Camille-Lefebvre. L’établissement fait l’objet d’un important projet de modernisation et d’agrandissement visant à en renforcer le rôle comme hôpital de proximité avec urgence et lits d’hospitalisation au sein du réseau du CUSM.
Institut et hôpital neurologique de Montréal

L’Institut et hôpital neurologique de Montréal (en anglais : Montreal Neurological Institute and Hospital, aussi appelé The Neuro) est un centre universitaire spécialisé en neurosciences du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), situé sur le flanc sud du mont Royal, le long de la rue University, à proximité de l’avenue des Pins, au centre-ville de Montréal. Fondé en 1934 par le neurochirurgien Wilder Penfield et affilié à l’Université McGill, il regroupe sous un même toit des fonctions de soins, d’enseignement et de recherche en neurologie, neurochirurgie et neurosciences, et dispose d’environ 85 lits de soins spécialisés, de blocs opératoires et d’installations de pointe en neuro-imagerie et neuroradiologie interventionnelle.
