Centre védantique Ramakrishna
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Le Centre Védantique Ramakrishna de Gretz-Armainvilliers en région parisienne fut créé en 1948 afin de faire connaître en France le Vedānta, la philosophie traditionnelle et spirituelle de l’Inde, entre autres choses.
Affilié à la Mission Ramakrishna dont le siège se trouve à Belur Math[1] (Bengale, Inde), il est l'un des plus de 200 centres védantiques qui existent dans le monde[2].
En 1936, année du centenaire de la naissance de Ramakrishna, le Musée Guimet organisa une célébration en collaboration avec le Professeur Paul Masson-Oursel, titulaire de la chaire de philosophie indienne. La même année, le , l’université de la Sorbonne rendit hommage à Swami Vivekananda, disciple de Ramakrishna et fondateur de la Mission Ramakrishna. Étaient présents, entre autres, Jean Herbert, Joséphine MacLeod et Swami Yatiswarananda. Lors de cet évènement, un appel fut lancé pour établir un lieu permanent afin de faire connaitre le Vedānta en France[3].
C’est ainsi que les « Amis de la pensée indienne » », le Professeur Masson-Oursel, Jean Herbert et quelques autres, écrivirent à la maison-mère de la Mission Ramakrishna de Belur Math pour demander que soit envoyé en France un représentant qualifié pour enseigner la philosophie du Vedānta.
Parmi les sympathisants de l’époque se trouvait aussi Romain Rolland qui avait auparavant publié La vie de Ramakrishna (1929) et La vie de Vivekananda (1930).
À la suite de cette demande, Swami Siddheswarananda arriva à Marseille, le [4]. Pour sa nomination par l’ordre, Miss Joséphine MacLeod, disciple directe de Swami Vivekananda et qui vivait alors à Belur Math, avait déclaré : « Ce sera lui et aucun autre ! ». Les frais du voyage furent assurés par Miss J. MacLeod[3] et le Mahârâjâ de Mysore.
Sollicité pour venir à Paris, deux semaines plus tard, il accepta l’hospitalité de Mr et Mme Marcel Sauton dans leur appartement du 2 rue Auguste-Maquet dans le XVIe. Il y donna de nombreuses conférences, ainsi qu’à l’Université de la Sorbonne. En raison de l’affluence grandissante, à partir du , Mr et Mme Sauton déménagèrent au 51 rue Alphand à Saint-Mandé[5].
Après la victoire militaire des Allemands, Swami Siddheswarananda passible d’internement par les nazis en tant que sujet britannique, rejoint la zone libre et donna des conférences dans les universités de Toulouse[6]et de Montpellier[7].
C’est grâce au legs d'une disciple d’Amérique Centrale qui demanda expressément à rester anonyme que la propriété de Gretz, alors appelée Château de Vignolles, fut achetée le . Les activités qui avaient lieu chez Mr et Mme Sauton y furent transférées et le Swami consacra le lieu.
En , à la demande de Swami Siddheswarananda, Mme Marie-Anne Sauton prit la direction du Centre durant quatre années. Il est à noter que ce fut l’une des premières femmes occidentales reconnue comme guide spirituel, et son travail pour la transmission du Vedanta fut considérable.
Par la suite, durant les 25 années de la présence de Swami Ritajananda, le centre continua à prospérer et s'ouvrit à de nombreuses visites internationales. Il fut assisté de Swami Vidyatmananda[8].
Les sculptures de Siva et Krishna qui se trouvent au Centre furent un don du sculpteur Jacques Lerebourg, disciple de Swāmi Ritajananda.
C’est ensuite avec le soutien et le travail de Swami Veetamohananda et des résidents que le centre connu un succès grandissant, donnant lieu à la construction de deux bâtiments supplémentaires.
Le centre est placé depuis sa création sous la direction de Swamis[9].
Présidents et administrateurs du centre védantique Ramakrishna en France :
- Swami Siddheswarananda (de 1937 à 1957)
- Swami Nithyabodhananda (de 1957 à 1958)
- Mme Marie-Anne Sauton (de 1957 à 1961)
- Swami Ritajananda (de 1961 à 1994)
- Swami Veetamohananda (de 1994 à )
- Swami Baneshananda ( à )
- Swami Devapriyananda ( à )
- Swami Atmarupananda[10] (depuis )
La mission Ramakrishna en France
En Inde, la Mission Ramakrishna est particulièrement active en tant qu‘organisme humanitaire, gérant entre autres de nombreux hôpitaux et écoles jusqu’à l’université. Elle propose également des formations monastiques pour lesquelles les aspirants sont nombreux.
En dehors de l’Inde, l’accent est mis sur la formation à la vie intérieure grâce au support des enseignements du Vedānta, et plus particulièrement de l'Advaïta Vedānta (philosophie non dualiste) et sur l’ouverture inter-religieuse. Swami Siddheshwarananda disait, à la fin de sa vie : « Je ne suis pas venu en Occident pour parler d’une nouvelle religion. Cela serait absurde. Depuis 2000 ans vous avez chez vous tout ce qu’il vous faut. Je suis venu vous parler de la métaphysique de l’Advaïta Vedānta car vous n’avez pas l’équivalent chez vous »[11].
Les textes sacrés classiques de l'hindouisme y sont étudiés : la Bhagavad Gita, les Upanishads ; les quatre voies de libération (moksha mārga) : Jñāna yoga (connaissance), Bhakti yoga (dévotion), Raja yoga (yoga royal), Karma Yoga (action et service désintéressés) ; ainsi que la vie et les enseignements de Ramakrishna, Vivekananda et Sarada Devi: à ce sujet, cf. ci-après les activités du Pôle Éditions, créé en 2023.