Ceratiomyxa fruticulosa

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Ceratiomyxa fruticulosa est une espèce de myxomycètes que l'on peut retrouver dans quasiment toutes les régions du monde, dans nos bois et nos forêts. Sa période d'observation s'étend d'avril à octobre (fin printemps vers début automne) selon les localisations[2].

C'est une espèce généraliste qui tolère une grande variété de conditions environnementales et qui a une large gamme de ressources alimentaires.

Ceratiomyxa fruticulosa est formée d'une sorte de petits bâtons blanchâtres, presque translucides. Elle est souvent regroupée en masse dense pouvant être importante, même si nous pouvons la retrouver individuellement.

Cette espèce a été décrite pour la première fois en 1729 par Pier Antonio Micheli. Anciennement appelée Puccina ramose, elle a été renommée par la suite au nom que nous lui connaissons aujourd hui.

Ainsi, Ceratiomyxa fruticulosa est l'espèce la plus étudiée de son genre et a fait l'objet au XIXe et XXe siècles d'observations approfondies comme par Famintzin et Woronin en 1873 ou Gilbert en 1935.

Le genre Ceratiomyxa était auparavant considéré comme une plante ou un champignon, par la suite comme un myxomycète par Martin et Alexopoulos en 1969[3], puis tel un Protosteliidae par Olive en 1970 pour finalement être reclassé comme un myxomycète jusqu'à maintenant.

Morphologie

Structures filamenteuses reliées à la base, ressemblant à des flocons.

La morphologie de cette espèce est légèrement différente des autres myxomycètes. En effet, nous pouvons apercevoir à la surface de son substrat de fins filaments ramifiés et reliés à la base, ayant un aspect translucide et une consistance gélatineuse. Ces fructifications sont généralement blanches mais peuvent prendre des teintes rosées ou jaunâtres, notamment lors de la maturation.

Les filaments font individuellement quelques millimètres au plus et sont regroupés sous forme de "petits buissons" constitués de plusieurs (souvent 2 à 4) individus. Sa forme générale peut ressembler à de véritables flocons de neige, de structure presque cristalline visuellement.

Juste avant le stade de maturité, il change de forme et prend l'aspect d'un plasmode ressemblant à une glaire blanchâtre. Il existe au sein du genre Ceratiomyxa plusieurs morphologies de sporocystes : ici, cette espèce prend la forme "fruticulus", composé de courts piliers en forme de doigts, provenant d'une origine commune, d'où son aspect "buissonné"[4]. Après la sporulation, les spores peuvent prendre différentes formes : globuleuses, hyalines, ovoïdes, lisses ou elliptiques, d'une taille de 6 à 7 × 10-¹³ µm[5]. Celles-ci sont soutenues par des colonnes sporogènes qui mesurent entre 1 à 10 mm de haut, appelées hypothalles, une généralité des myxomycètes, qu'on considère comme la colonne entière du plasmode[6].

L'individu ne dégage pas d'odeur particulière.

Distribution

Ceratiomyxa fruticulosa possède une distribution cosmopolite. C'est-à-dire qu'on peut la retrouver dans la plupart des régions du monde. C'est l'espèce du genre Ceratiomyxa qui possède la plus grande niche écologique, particulièrement dans les forêts tropicales secondaires car contrairement aux autres, ces forêts sont moins affectées par l'hétérogénéité des ressources et des organismes qui influencent les niveaux d'acidité des substrats[7].

En France, elle s'étend dans les écosystèmes terrestres entre 0 et 500m d'altitude mais a été observée jusqu'à 2000m d'altitude[2].

Elle vit surtout sur le bois en décomposition, par exemple sur les bûches ou les souches, qui sont les habitats idéaux pour sa croissance. Cette espèce prolifère en masse après les pluies, lorsqu'il y a une bonne humidité, et s'étend notamment en colonies éparses. Mais nous pouvons parfois en trouver sur des branches d'arbres[8].

A un certain stade de leur cycle, leurs micro-habitats sont plus difficiles à déterminer car ils sont sous forme de micro-organismes[9].

Distribution faite à la main de Ceratiomyxa fruticulosa dans le monde. (2025) Les zones en rouge représentent celles où C. fruticulosa a été enregistrée. Plus le rouge est sombre, plus la densité de l'espèce est grande.[10]

Mode de nutrition du plasmodium

Schéma de la phagocytose des Amœbozoaires (fr)

C'est un organisme hétérotrophe saprophage : il se nourrit de matières organiques en décomposition, d'hyphes fongiques, de bactéries, ou d'autres micro-organismes comme les eucaryotes unicellulaires.

Pour cela, il phagocyte sa cible : il l'entoure grâce à ses pseudopodes (qui lui servent également à se déplacer), la digère grâce aux lysosomes, puis en absorbe les nutriments, et enfin, il relargue les déchets de sa digestion[11].

Mode et cycle de vie

Le cycle de vie de Ceratiomyxa fruticulosa est assez inédit et différent de celui des autres espèces appartenant à la classe des myxomycètes. En effet, avant la sporulation, l'organisme se transforme en plasmode (H) aussi appelé plasmodium, qui s’étale sur son substrat.

Plamode étendu de Ceratiomyxa fruticulosa. (H)
Extension du stade producteur de spore. (A)

De cette structure se produit une fructification et émergent des sortes de piliers et de tiges dressées, ce sont les colonnes sporogènes (hypothalles) pouvant être simples ou ramifiées. Au même moment, se déroule une division mitotique synchrone et le plasmode se segmente en spores uninucléées ("protospores") (I), c'est-à-dire à un noyau. Ici, les spores ne sont pas des endospores comme les autres myxomycètes mais des exospores, c'est-à-dire qu'elles sont produites à l’extérieur. Celles-ci sont portées par de fins pédoncules individuels qui apparaissent à la surface des colonnes (A).

À maturité, après environ 24 heures, les spores germent (B), subissent généralement deux divisions des noyaux considérées comme des méioses amenant à la production de cellules à 4 noyaux (C). Par la suite, la spore germe afin de donner naissance à un protoplaste (phase filamenteuse) particulier à cet organisme qui va absorber de l'eau afin d'accroître sa taille.

De plus, ces filaments s'arrondissent au fur et à mesure et sont soumis à une division mitotique et forment huit cellules essaimeuses (D) (cellules flagellées) qui peuvent se propulser dans l'eau. Ces cellules flagellées peuvent posséder deux longs flagelles apicaux, ou un long flagelle et un très court, tandis que certaines cellules semblaient n'avoir qu'un seul long flagelle. Celles-ci vont ensuite effectuer des mitoses afin de générer des myxamibes (E) (cellules haploïdes) qui peuvent donner des populations importantes, par reproduction sexuée ou asexuée. Ces myxamibes vont se déplacer dans le substrat afin d'obtenir de l'énergie pour se multiplier et fusionner (F) afin de former un organisme diploïde, avant de refaire son cycle en revenant au stade de plasmode (H) qui va pouvoir se développer (J).

Dessin à la main du cycle de vie de Ceratiomyxa fruticulosa (2025)

Diversité

Dans le genre Ceratiomyxa, on retrouve 5 espèces :

  • C.fruticulosa
  • C.hemisphaerica
  • C.morchella
  • C.sphaerosperma
  • C.poroides

Liste des variétés

Notes et références

Liens externes

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