Château de Frescaty

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Période ou stylearchitecture classique
Destination initialeChâteau des évêques de Metz
Destination actuelleancienne base aérienne
Région historiqueGrand Est
Château de Frescaty
Image illustrative de l’article Château de Frescaty
Restitution de la vue sur le petit parterre nord et le canal du château de Frescaty, XVIIIe siècle.
Période ou style architecture classique
Destination initiale Château des évêques de Metz
Destination actuelle ancienne base aérienne
Pays
Région historique Grand Est
Subdivision administrative Moselle
Localité Moulins-lès-Metz


Le château de Frescaty, dit aussi château des évêques de Metz, ou Frescati, ou encore parfois Friscati, est un château détruit, anciennement situé près de Metz, sur la commune de Moulins-lès-Metz. Il était situé à l'emplacement de l'actuelle base aérienne 128 Metz-Frescaty.

Il fut édifié au début du XVIIIe siècle, et ses jardins étaient célébrés alors comme le Versailles messin.

Le château de plaisance du Prince-évêque de Metz

Pendant plusieurs siècles, les évêques messins, en désaccord avec les Messins, s'étaient fixés à Vic. Henri-Charles de Coislin désira une résidence plus près de Metz. Il lui donna sans doute le nom de Frescaty, d'après la ville de Frascati en Italie, et notamment sur le modèle de la Villa Aldobrandini.

Vers 1712-1732 : une création grandiose par Henri-Charles de Coislin

Henri Charles de Cambout, évêque de Metz

Grandiose lieu d’habitation construit vers 1712, (on cite une date de construction du domaine entre 1710 et 1714) pour, et par l’évêque de Metz, Henri-Charles de Coislin, ce petit Versailles Messin était une demeure princière avec des jardins et des bosquets réputés[1].

Voici une description de l’époque, par Toutain :

« La face principale du château ouvrait ses seize fenêtres et sa porte cintrées sur la colline de Jouy aux Arches. On y montait par un perron de sept marches en marbre de Vérone régnant tout autour de l’édifice. Il y avait à Frescati presque autant d’eau qu’à Versailles (proportionnellement). A droite, une terrasse bordée d’orangers, au milieu un grand bassin ayant la forme d’un arc avec sa corde. Neptune menaçait d’un trident fougueux et soufflait l’eau par les narines. Au bout de l’allée, des eaux vives où nageait des cygnes. A l’horizon, Metz apparaissait avec sa ceinture de remparts, sa cathédrale pour couronne et les clochers de ses treize paroisses comme fleurons. Derrière le château, le labyrinthe aux méandres mythologiques entre deux rangées de charmilles … au pied duquel une grande pièce d’eau circulaire entretenait une douce fraîcheur[1]. »

L'évêque de Metz avait formé à Paris une collection de livres que les gens de lettres pouvaient fréquenter à leur gré. Il en possédait encore deux autres, l'une en son palais épiscopal à Metz, composée d'environ 12.000 mille volumes ; l'autre au sein du château de Frescaty[2].

L’évêque et ancien aumônier du roi, Cambout de Coislin, avait rassemblé dans sa résidence secondaire de Frescaty une véritable collection de tableaux, dont certains pouvaient atteindre des prix extrêmement élevés ; en témoigne un tableau représentant une « Vierge et l’enfant », conservé dans la chambre de l’évêque, estimé 1.500 livres[3]. Il s’agit sans doute du tableau considéré comme un original de Léonard de Vinci que lui avait légué sa tante quelques années auparavant. Pourtant, c’est un autre tableau qui détient le record en atteignant le double de cette somme. Celui-ci est un portrait du roi – exposé dans la « chambre des étrangers » du château – donné par le souverain à l’évêque, et c’est en mobilisant ce principe que l’expert le prise à 3.000 livres[4].

Marie Leszczynska y séjourne en 1728, avant de devenir Reine de France. Trois ans plus tard, la princesse de Hesse en fit de même.

1733-1760 : Claude de Saint-Simon

En , Claude Charles de Rouvroy de Saint-Simon succède à Coislin. Il ne prend possession de ce prestigieux et lucratif siège épiscopal que le .

1760-1786 : Louis Montmorency-Laval

Après la mort de Saint-Simon, en 1760, c'est l'évêque de Metz Louis-Joseph de Montmorency-Laval qui occupe cette fonction, et bénéficie du château de Frescaty. Il vendit la propriété en 1786.

A la Révolution : destruction et incendie

Ce dernier vendit la propriété en 1786 au chevalier de Ramsault qui effrayé par les bruits de la révolution quelques années plus tard la vendit à son tour à un maçon enrichi...qui se servit de l'ensemble comme carrière : il démonta d'abord la chapelle puis l'orangerie pour leurs pierres...on retrouve certaines des statues marron dans des propriétés privées de Jouy aux Arches. Un incendie ravagea le château en 1793... les dépendances servirent d'hôpital militaire durant deux ans[5].

Au XIXe siècle : un nouveau château plus modeste

Puis la famille Bouchotte acheta le domaine début XVIIIe. En 1829, avec notamment les pierres restantes du premier château et sur une ancienne dépendance, la famille Bouchotte fit construire un second château. C’est dans une des salles de réception de la propriété reconstruite en 1829 qu’est signée la triste capitulation de l’Armée française en 1870.

Au XXe siècle : une base aérienne allemande puis française

Superposition des anciens jardins du château de Frescaty au XVIIIe avec l'urbanisme en 2025

Le site devient alors une base aérienne allemande, avec l’arrivée en 1909 d’un zeppelin. Les bâtiments du château ayant résisté aux bombardements français de la guerre 1914-1918 sont entièrement détruits par les bombardements américains en 1945 et le site devient par la suite la Base Aérienne 128 (BA 128) de Metz-Frescaty, dissoute le .

Malgré la disparition du site, il est possible de dessiner un schéma superposant l'état actuel urbanisé, avec le tracé des anciens jardins et bâtiments. Cette superposition met en évidence le fait que la partie des jardins hauts et le grand canal et les bassins hauts sont parfaitement conservés, du côté du coteau, tandis que toute la partie du côté de la rivière de la Moselle a été urbanisée, car toute plate de ce côté de l'ancien domaine. Il existe encore une partie du petit canal de séparation, du côté du miroir d'eau situé au bout du grand parterre.

Architecture et jardins

Les gravures publiées par Le Rouge

On connaît bien le domaine au XVIIIe grâce aux nombreuses gravure publiées par Le Rouge dans ses jardins anglo-chinois. On constate que tout le domaine a été bien gravé, même si le graveur n'était pas un virtuose… Il a néanmoins parfaitement rendu la richesse des jardins de Frescaty. Le parterre nord, avec ses nombreux petits arbustes taillés au cordeau se voulait une copie de la splendeur artificielle des jardins du château de Marly. Le château est du même style que tous les châteaux créés à la fin ou au début du XVIIIe siècle, similaire par exemple au château d'Orly. La taille du château lui-même n'était pas grande, et même plutôt modeste comparé à d'autres résidences contemporaines. Mais tout fut dédié aux jardins, Frescaty étant destinés aux séjours estivaux.

Analyse des jardins

Projet initial du château et des jardins de Frescaty, Agence Robert de Cotte. Des variantes seront finalement retenues

Un plan conservé à la BNF, du fond Robert de Cotte, est le premier projet pour le domaine. Dans les grandes lignes, l'ensemble finalement réalisé est déjà structuré. Des modifications seront finalement entreprises par rapport au projet initial.

Le château et les jardins furent conçus sur un site tout plat, qui disposait d'une magnifique vue au loin vers le nord sur les collines aux alentours de Metz. Au sud se trouvait une petite colline avec une pente, dit le coteau de Fristo, où les jardins furent également aménagés. Ces jardins hauts bénéficiaient d'une vue encore plus éblouissante sur la campagne. Le Rouge, au XVIIIe, a publié les gravures du château et des jardins de Frescaty, ce qui permet de bien les comprendre et les restituer. En effet, en les couplant avec les plans et projets conservés, on peut arriver à une restitution fidèle de ces jardins, qui permet de mieux se rendre compte de leur splendeur. Il en est ainsi avec la vue restituée depuis le château sur le petit parterre nord et le canal derrière. Deux allées de part et d'autre encadraient ce petit parterre et canal, et offraient un effet théâtral saisissant, du fait de la profusion des plantations. Derrière se trouvait, en vision horizontale, la grande route qui menait à la ville de Metz depuis Paris. On avait ce même genre de vue sur la rivière ou fleuve dans le lointain au château de Magnanville. Encore derrière, on pouvait apercevoir dans la campagne la rivière de la Moselle, puis dans le fond encore les hameaux autour de Metz, ainsi que les montagnes. Cette vue avait été parfaitement conservée dans le cadre de la création des jardins, aucune grande plantation ne venait cacher ce paysage splendide, qui était même l'un des grands attraits du jardin, avec la vue depuis le grand parterre sur la ville de Metz dans le fond.

Mais le plus grand spectacle continuait en se dirigeant vers les « Terrasses », situées au sud, en hauteur. Il fallait contourner le grand canal, à la manière de celui de Vaux, pour arriver du côté de la pente menant aux terrasses. On y montait par des rampes cintrées, puis tout en haut, un grand bassin circulaire en ornait le centre. De part et d'autre deux canaux situés en hauteur servaient à refléter la campagne, tout autant que de réservoirs pour la cascade et les jets d'eau du domaine. En continuant, on finissait le parcours au niveau du boulingrin final, d'où la vue sur toute la campagne, l'axe latéral du château et les jardins était tout simplement éblouissante.

Galerie : restitution 3D des jardins au XVIIIe

Bibliographie

Liens et annexes

Notes

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