Au XIIIe siècle le fief des Forges appartenait à une famille féodale locale la famille de Thelis. Cette famille en était encore propriétaire à la fin du XVe siècle.
Vers 1490, un échange est fait entre le Sieur de Sarron, demeurant à Theizé (en Beaujolais) et M. de Thelis. Ce dernier remet à M. de Sarron la totalité de sa propriété des Forges et des droits seigneuriaux qui y sont attachés et qui s'étendaient jusqu'à Valsonne (Rhône), en échange de quoi M. de Sarron remet à M. de Thelis tous ses biens situés à Theizé. On ignore la cause de cet échange. On sait simplement qu'au moment de l'échange d'autres membres de la famille de Sarron habitaient le château de Rochefort situé à 5 km environ sur la commune d'Amplepuis.
Les Sarron vont entreprendre les profondes restructurations architecturales évoquées ci-dessus. Ils vont rester aux Forges jusqu'au dernier Sarron qui n'aura qu'une fille, Coralie devenue Mme Artaud de la Ferrière. Cette dernière n'aura pas d'enfant et laissera ses biens aux neveux de son mari.
L'avant-dernier Sarron, dit le marquis de Sarron avait épousé une Pupil de Mions, famille largement enrichie au milieu du XVIIIe siècle et qui apportait à son époux le château de Fléchère mois rude à habiter que les Forges. Par ailleurs le marquis de Sarron s'était impliqué dans une grosse opération de restructuration immobilière à Lyon, conduite par l'ingénieur Perrache pour repousser le confluent entre Rhône et Saône à la Mulatière. L'opération fut une catastrophe financière mais elle permit au marquis de Sarron de se faire construire un hôtel particulier sur des terrains conquis sur les cours d'eau, rue de la Charité.
Le marquis de Sarron prit part à la défense de Lyon avec l'armée de Précy et après la défaite de cette armée par les armées révolutionnaires il fut fusillé dans la plaine des Brotteaux. Son fils, le dernier marquis de Sarron part se réfugier en Suisse. Il en reviendra pendant l'Empire et sera nommé maire de Fourneaux. Il semble qu'il ait retrouvé sa propriété des Forges sans difficulté majeure, sans les meubles vendus pendant son exil. À sa mort tous ses biens sont transmis à sa fille Coralie Artaud de la Ferrière morte sans postérité.
Les héritiers de celle-ci vendent la propriété des Forges à monsieur Roux de la Plagne, implanté dans le Forez. C'est lui qui lance les profondes transformations évoquées ci-dessus pour moderniser la demeure.
À sa mort la propriété est partagée entre son épouse et ses fils qui la vendront en 1887 à Louis Neyrand, ingénieur civil des Mines né en 1853. Sa famille en est toujours propriétaire.