Châteaux du Pays cathare

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Châteaux du Pays cathare est une appellation touristique[1] employée pour désigner, de façon anachronique et fallacieuse, la série de forteresses royales bâties par le roi Louis IX (1214-1270) sur la frontière sud de ses domaines à l'issue de la croisade contre les albigeois. L'expression Pays cathare est une marque déposée et non pas une réalité historique. On parle aussi, par abus de langage, de « chateaux cathares ».

Le château d'Aguilar au soleil couchant.

Quelques-uns de ces sites avaient connu, antérieurement à la période royale, un habitat villageois de type castral, seul susceptible d'avoir abrité des cathares mais rasé lors de l'érection des citadelles.

Depuis 2013, les départements de l’Ariège et de l’Aude ont lancé un processus pour leur classement au patrimoine mondial de l’Unesco, sous l’appelation « forteresses royales du Languedoc »[2].

Le mythe des châteaux du « Pays cathare »

Le mythe des châteaux du « Pays cathare » remonte au XIXe siècle[3], lorsque des écrivains romantiques découvrent les récits de la croisade contre les albigeois. Se rendant sur les lieux de cette croisade, ils découvrent des ruines de châteaux dans lesquelles ils croient voir le résultat de l'agression des croisés venus en 1209 du nord de la France. Il faut attendre le XXe siècle pour que les « châteaux cathares » cessent d'être la chasse gardée de quelques passionnés et suscitent l'engouement du grand public à la faveur d'émissions télévisées (Les Cathares, saison 9 (1966) de La Caméra explore le temps, de Stellio Lorenzi) et de succès de librairie (Citadelles du vertige, de Michel Roquebert et Christian Soula, publié en 1966). Archéologues et historiens médiévistes investissent alors le champ des recherches, mettant en évidence que si les sites ont accueilli des cathares, les châteaux sont en fait des citadelles bâties postérieurement par le pouvoir royal capétien. Exeunt les « châteaux cathares », ineunt les citadelles royales [4].

Les vrais châteaux du « Pays cathare » : les castrums

La légende des architectes et bâtisseurs cathares n'est qu'un dernier avatar du mythe de Montségur. Les seuls monuments témoins des événements de la première moitié du XIIIe siècle et donc les seuls qui pourraient prétendre au qualificatif de « cathares » (bien que l'hérésie albigeoise n'ait jamais construit de château) sont de petits châteaux, souvent totalement ignorés du public (castrum de Roquefort, dans la Montagne Noire), et dont les rares vestiges sont à l'écart des grandes routes touristiques, à l'image des vestiges du château de Niort à Niort-de-Sault[5].

En Languedoc, les seuls vrais châteaux du « Pays cathare » furent les bourgades fortifiées, castrum de Laurac, Les Cassès, Fanjeaux, Mas-Saintes-Puelles, Lastours-Cabaret, Montségur, Termes ou Puilaurens qui furent cependant des castrums avant d'être rasés et de devenir des citadelles royales, et deux castrums anciens, le château de Miramont dans l'Aude et celui de Miramont en Ariège qui fut rasé en 1247 pour avoir abrité des Parfaits et ne fut jamais reconstruit. La commune de Penne-d'Agenais abrite également les ruines d'un château, la ville ayant été la principale place forte de l'Agenais pendant la croisade des Albigeois. Il y avait en effet en 1209 quatre évêques cathares, à Albi, Carcassonne, Toulouse et Agen.

Notes et références

Voir aussi

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