Chambre de Louis XV
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La chambre de Louis XV est une pièce faisant partie du petit appartement du roi au château de Versailles, un château français situé dans les Yvelines, en Île-de-France. Elle fait office de chambre à coucher et est desservie à l'ouest par le cabinet du Conseil et à l'est par le cabinet de la Pendule.
En 1735, Louis XV demande la création d'une nouvelle chambre à coucher, plus confortable et plus facile à chauffer que celle de Louis XIV. Ce fut l'un des premiers aménagements du jeune roi au château. Celle-ci fut aménagée à l'emplacement du premier salon de l’appartement des collectionneurs de Louis XIV. Située à côté du cabinet du Conseil, elle permettait à Louis XV de pouvoir y dormir sans être trop éloigné de la grande chambre, dans laquelle s'effectuaient encore les cérémonies du lever et du coucher. Le roi mourut dans cette pièce le , atteint de la petite vérole. En 1788, Louis XVI la dota d'une nouvelle garde-robe décorée de boiseries des frères Rousseau représentant les outils du siècle des Lumières. L'accès à cette nouvelle pièce se fait par une porte dérobée, dissimulée dans la tenture de l'alcôve.
La pièce présentait à l'origine une somptueuse commode exécutée par Antoine-Robert Gaudreaus pour Louis XV. Ornée de bronzes réalisés par Jacques Caffieri, elle est considérée comme étant un chef-d'œuvre de l'art rocaille. Livrée en , elle est, selon l'usage, remise au duc d'Aumont à la mort du roi en 1774. En sa qualité de premier gentilhomme de la chambre, il hérite de la totalité du mobilier de la pièce. Aujourd'hui conservée à la Wallace Collection, la commode retournera pour la première fois depuis son départ au château de Versailles dans le cadre de l'exposition "Louis XV, passions d'un roi", en [1].
Décor
Les boiseries furent exécutées par Jacques Verberckt, notamment les grands palmiers et les armes royales qui décorent l'alcôve [2]. À l'origine, plusieurs portraits royaux étaient placés en dessus-de-porte : François Ier, roi de France, de profil par le Titien au dessus de la porte donnant sur le cabinet du Conseil, le Portrait de Catherine de Médicis, reine de France par François Clouet au dessus de la fausse porte à gauche de l'alcôve, le Portrait de Marie de Médicis par Antoine van Dyck au dessus de la fausse porte à droite de cette dernière et Don Juan d’Espagne par Antonio Moro au dessus de la porte donnant sur le cabinet de la Pendule. Ces tableaux étant de nos jours dispersés dans les collections nationales, ils ainsi sont remplacés par des portraits de femmes de l'entourage de Louis XV, d'après des orignaux de Jean-Marc Nattier : ses filles, Mesdames Adélaïde et Henriette, et sa belle-fille, Marie-Josèphe de Saxe.
Tout comme dans la chambre du Roi, une balustrade dorée prenait place en cette pièce. Les meubles originellement commandés pour cette pièce ayant disparu lors de la Révolution, des équivalences viennent évoquer l'aspect de cette chambre à la fin du règne de Louis XVI : les pliants proviennent de la chambre du Roi au château de Compiègne, la pendule qui orne la cheminée est celle de la chambre du Roi au château de Saint-Cloud, le paravent en provient également. Les fauteuils furent quant à eux livrés pour Marie-Antoinette d'Autriche pour cette même résidence. Dans les années 1990, les tapisseries en gros Tours du meuble d'été de Louis XVI furent retissées et restituées. La restitution du lit à la duchesse de Louis XVI est aujourd'hui toujours en cours de réalisation.
À la suite du legs de la commode de Gaudreaus à la mort de Louis XV, Louis XVI commande auprès de l'ébéniste Jean-Henri Riesner un nouveau meuble. Peu satisfait de ce dernier, il le fait rapidement transférer dans le cabinet intérieur du Roi. Il passe commande auprès de Riesner d'un autre meuble, d'une grande beauté et complexité. Elle fit la parure de la pièce jusqu'à la Révolution française. Elle fut ensuite vendue en 1794 avec le reste du mobilier de la chambre et passa entre les mains du duc d'Aumale, qui la plaça en son château de Chantilly[3]. Elle y figure toujours aujourd'hui. De par le testament de ce dernier, il lui est impossible de regagner le château de Versailles. La commode dite "aux tourterelles" de la chambre de Louis XVI à Compiègne remplace donc le véritable meuble. Sur cette dernière sont présentés deux vases Médicis ayant appartenu à ce dernier et qui étaient placés sur la cheminée est de la chambre du Roi[4].
Annexes
Articles connexes
Liens externes
- Appartement intérieur du Roi (chateauversailles.fr)
Notes et références
- ↑ « La commode de la chambre de Louis XV à Versailles | Gazette Drouot », sur gazette-drouot.com, (consulté le )
- ↑ « L'appartement intérieur du Roi », sur Château de Versailles, (consulté le )
- ↑ « Étude d’une œuvre : La commode de Louis XVI par Jean-Henri Riesener », sur Connaissance des Arts, (consulté le )
- ↑ Vivien Richard, « Les chambres du roi à Versailles au XVIIIe siècle, espace de la majesté ? », Versalia. Revue de la Société des Amis de Versailles, vol. 21, no 1, , p. 153–174 (DOI 10.3406/versa.2018.1211, lire en ligne, consulté le )