La course réservée aux triathlètes féminines ouvre l'édition 2022, 42 professionnelles et 2 500 amatrices des groupes d'âges, prennent le départ des 46e championnats du monde d'Ironman, dans une baie où les courants extérieurs sont assez forts, après une pluie matinale. Comme à son habitude, la Britannique Lucy Charles-Barclay s'impose sur la partie natation en 50 min 57 s. Elle est suivie par d'autres spécialistes de cette étape comme l'Américaine Lauren Brandon, la Néo-Zélandaise Rebecca Clarke, ou la Brésilienne Pâmella Oliveira. Un premier groupe de poursuivantes sort à trois minutes, avec notamment l'Australienne Sarah Crowley, les Américaines Chelsea Sodaro, Skye Moench et la Suédoise Lisa Norden. Les favorites, les Allemandes Anne Haug, Laura Philipp et la quintuple championne du monde, la Suissesse Daniela Ryf sortent à sept minutes du groupe de tête[3],[4].
À la sortie de la première transition, Lucy Charles-Barclay et sa compatriote Fenella Langridge prennent les commandes de la partie vélo et restent en tête pendant les premières heures de cette épreuve. Sarah Crowley et Laura Phillip dans le groupe des poursuivantes se voit attribuer des pénalités de cinq minutes pour drafting. Mais toutes ces compétitrices ne peuvent pas résister au retour en force de la championne en titre Daniela Ryf qui reprend la tête de courses à quelques kilomètres de l'arrivée de l'étape. Au commencement de la partie marathon, les dix premières du classement final ont un maximum de sept minutes d'écart, laissant toutes les chances de victoires à chacune d'entre elles[3],[4].
Sortie première de la seconde transition, Daniela Ryf est rapidement reprise par Lucy Charles Barclay qui s'installe en tête de la course. Chealsa Sodaro qui ne participe qu'au deuxième Ironman de sa carrière et pour la première fois à celui d'Hawaï reprend Daniela Ryf qui semble atteinte par les efforts importants consentis lors de la partie vélo et se lance à la grande surprise de tous les commentateurs à la poursuite de la première. C'est au passage de l'autoroute Queen Ka'ahumanu que la « débutante » (Rookie) Chealsa Sodaro reprend la Britannique et s'installe en tête de la course. Elle conforte sous la chaleur grimpante du circuit pédestre son avance et dispose de cinq minutes sur ses poursuivantes au 32e kilomètres du marathon. Sans faiblir, elle maintient cette avance et passe la ligne en vainqueur en 8 h 33 min 46 s, à la plus grande joie et à la surprise des supporters américains qui voient une native du pays remporter le titre. La dernière victoire d'une native datant de 1995, par sa compatriote Karen Smyers. Offrant pour l'occasion un nouveau titre féminin aux États-Unis, 26 ans après la dernière victoire américaine en 1996, avec Paula Newby-Fraser[4]. Elle s'inscrit également dans l'histoire de la compétition à l'image de Chrissie Wellington, qui en 2000, comme elle, remporte le titre pour sa première participation à cette épreuve internationale[3]
En natation, prend de l'avance à la mi-course un groupe de 19 triathlètes avec presque tous les favoris qui se suivent sur 19 secondes[5]. Florian Angert sort premier du groupe de leader, en 48 min 15 s, il devance Sam Laidlow, Patrick Lange, Lionel Sanders, Magnus Ditlev et Sebastian Kienle. L'Allemand sorti premier de l'eau, écopa dans le segment cycliste d’une pénalité pour aspiration, ce qui le fit chuter de la troisième place à une position reculée dans le classement. Cette faute anéantit ses chances de réaliser une belle performance[6].
Dans les premiers kilomètres de la partie cyclisme, un duo s'est formé avec Sam Laidlow et Max Neumann qui partent seuls en passant par le kilomètre 50 avec un avantage de 1 minute 10 sur le groupe de poursuivants. Vers le kilomètre 80, ils ont rattrapé le trio de tête Magnus Ditlev, Kristian Blummenfelt et Gustav Iden, mais Sam Laidlow a attaqué directement dès la jonction et est reparti en solo avec une avance à la deuxième transition de plus de 6 minutes sur le trio[5].
Dans la course à pied, les Norvégiens qui couraient ensemble rattrapait petit à petit Sam Laidlow pour revenir à 2 minutes 22 du leader au kilomètre 28. Le jeune français de 23 ans semblait en passe de réaliser un coup d'éclat après avoir établi un record du parcours à vélo, mais ses partenaires d'entraînement, Blummenfelt et Iden, ont lentement mais sûrement rattrapé le Français[7].
De là, Kristian Blummenfelt est distancé, laissant la possibilité de duel pour la victoire finale à son compatriote qui continue à réduire l'écart avec Sam Laidlow. Les deux hommes se retrouvent côte à côte au kilomètre 35, quand Gustav Iden porte une attaque et parte en solitaire pour remporter le titre en 7 heures 40 minutes et 24 secondes, avec exactement 2 minutes d'avance sur Sam Laidlow, et pratiquement 3 minutes sur son compatriote Kristian Blummenfelt[5].
Le Norvégien Iden réussi également à battre le record à Kona de Jan Frodeno en 7 heures 51 minutes 13 secondes en 2019. De plus, il réalise le meilleur temps du marathon sur cette compétition en 2 heures 36 minutes et 15 secondes. Gustav remporte la victoire avec le meilleur temps pour ses débuts dans ce championnat du monde, tout comme Chelsea Sodaro dans l'épreuve féminine. Cela ne s'était jamais produit auparavant, toutes les statistiques à ce jour sont battues[8].