Chantal Montellier

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Chantal Montellier
Chantal Montellier en 2020
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Chantal Montellier, née le à Bouthéon près de Saint-Étienne dans la Loire, est une scénariste et dessinatrice de bandes dessinées, dessinatrice de presse, romancière et peintre française. Considérée comme une pionnière en tant qu’autrice de bande-dessinée femme, elle est connue pour son style de dessin réaliste et ses œuvres militantes.

Engagement politique et féministe

Chantal Montellier est issue d'un milieu ouvrier et populaire[1]. Elle étudie à l’école des beaux-arts de Saint-Étienne de 1962 à 1969, puis enseigne les arts plastiques en collèges et lycées entre 1969 et 1973.

Elle s'intéresse d'abord à la peinture, et va à Paris pour exposer ses œuvres[1] (certaines de ses toiles sont présentées au Grand Palais en 1972)[2]. Pour compléter ses revenus, elle se tourne vers le dessin de presse[1], et à partir de 1972, elle réalise des dessins de presse pour des périodiques de gauche : Le Combat syndicaliste, Politis, L’Humanité, L’Unité, La Nouvelle Critique, Maintenant, Le Monde, L'Autre Journal, Marianne, France nouvelle, Révolution, entre autres[3],[2]. Comme autrice de bande dessinée, elle participe notamment à Charlie Mensuel, Métal Hurlant, Ah ! Nana[3], (À suivre) et Psikopat. Pour Métal hurlant, elle crée de courts récits de science-fiction, collectés ensuite en albums[2]. Elle travaille aussi pour les éditions Magnard et Gallimard[2].

Son dessin réaliste, souvent en noir et blanc à ses débuts, évoque d'abord celui de Jacques Tardi[4] puis évolue vers « un réalisme quasi photographique »[2]. Ses œuvres, qui témoignent de son intérêt « pour la marginalité et l'exclusion », sont clairement engagées[2].

Dans les années 1990, l'échec de sa série Julie Bristol et des conflits avec ses éditeurs la conduisent à se concentrer sur l'écriture de textes et l'enseignement[5]. De 1989 à 1993, elle est chargée de cours à l'université de Paris VIII[2]. Entre 1998 et 2005, elle ne sort aucune nouveauté en bande dessinée.

En 2007, elle cofonde avec Jeanne Puchol et Marie-Jo Bonnet le Prix Artémisia qui récompense chaque année une bande dessinée réalisée par une ou plusieurs femmes[6].

En 2017, elle publie Shelter Market, version remaniée de Shelter chez l'éditeur Les Impressions Nouvelles[7] et un roman inspiré de sa propre vie, Les vies et les morts de Cléo Stirner dans la collection littérature des éditions Goater.

En 2021, elle dirige l’ouvrage collectif Je suis Razan, Un visage pour la Palestine, aux Éditions Arcane 17[8].

En 2023, elle reçoit le Prix extraordinaire décerné par les Utopiales, festival international de science-fiction[9].

Chantal Montellier fut l'une des premières femme à réaliser du dessin de presse en France. Elle a participé au projet Ah!Nana, journal de bande-dessinée trimestriel, entièrement fait par des femmes et pour des femmes, ayant existé sur neuf numéros entre 1976 et 1979. Elle expliquera dans une interview pour Bodoï en 2000, que ce projet trouvait son utilité car « à l’époque, il était vraiment très difficile de publier pour une femme. Il y avait des résistances plus ou moins conscientes de la part du milieu de la BD quasi exclusivement masculin. [...] les rares femmes qui arrivaient à publier dans des journaux BD n’étaient même pas admises en conférences de rédaction »[1]. En 1985, elle cosigne dans Le Monde avec Jeanne Puchol, Nicole Claveloux, et Florence Cestac un pamphlet intitulé Navrant, qui dénonce la bande dessinée racoleuse et sexiste, et ne montrant que les « crasseux fantasmes machos » des auteurs de bande dessinées[10].

Chantal Montellier affirme son engagement politique et féministe dans ses bandes-dessinées (par exemple dans Les Damnés de Nanterre, bande dessinée d'investigation sur Florence Rey, elle démonte la version officielle de la fusillade de la Nation qui a opposé la police à un groupe anarchiste)[11]. Il lui arrive de devoir en assumer les conséquences. Ainsi, invitée dans un premier temps à Lausanne, pour l'édition 2007 de son festival BDfil, elle s'est vue décommandée au prétexte que sa présence pourrait incommoder d'autres auteurs présents[12].

En 2012, elle soutient Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle[13].

Œuvres

Bandes dessinées

  1. Andy Gang, Les Humanoïdes Associés, 1979 (ISBN 2-902123-75-2)
  2. Andy Gang et le tueur de la Marne, Les Humanoïdes Associés, coll. Pied Jaloux, 1980 (ISBN 2-7316-0075-6)
  3. Joyeux Noël pour Andy Gang, Les Humanoïdes Associés, coll. Pied Jaloux, 1980 (ISBN 2-7316-0122-1)
  1. La Fosse aux serpents, Casterman, coll. Studio (A suivre), 1990 (ISBN 2-203-33835-0)
  2. Faux sanglant, Dargaud, 1992 (ISBN 2-205-04080-4)[19]
  3. L'Île aux démons, Dargaud, 1994 (ISBN 2-205-04183-5)[20]
  1. Livre un : 1947-1980, 2014 (ISBN 978-2-330-03894-6)

Dessin de presse

  • Impressions sur « Betty » dans la « Force des sentiments », L'Autre Journal, au
  • Sous pression, Pop'com/Graphein, 2001 (ISBN 2-914676-00-X)

Romans

  • Voyages au bout de la crise, Dargaud, 1995 (ISBN 2-205-04261-0)
  • La Dingue aux marrons, Baleine, 1997 (Le Poulpe)
  • TGV : Conversations ferroviaires, Les Impressions Nouvelles, coll. Paris-Bruxelles, 2005 (ISBN 2-906131-87-3)
  • Les Vies et les morts de Cléo Stirner, roman, Éditions Goater, 2017
  • " 68'Art" Recueil de nouvelles et de dessins sur 1968, aux éditions Helvétius, 2018

Récit avec illustrations

Jeunesse

  • L'insoumise[23], avec Marie-José Jaubert, d'après le film de Marie-José Jaubert On l'appelait Christine, Arles, Actes Sud, 2012. (ISBN 978-2-330-01198-7)

Distinctions

Références

Annexes

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