Chants de minuit

From Wikipedia, the free encyclopedia

Auteurtraditionnellement une femme appelée Ziye
PaysChine
Genrepoème, air de yuefu.
Date de parutionrecueil compilé vers 1080 par Guo Maoqian (郭茂倩)
Chants de minuit (子夜歌)
Auteur traditionnellement une femme appelée Ziye
Pays Chine
Genre poème, air de yuefu.
Date de parution recueil compilé vers 1080 par Guo Maoqian (郭茂倩)

Les Chants de minuit (chinois : 子夜歌 ; chinois traditionnel : 子夜歌 ; pinyin : Zǐyè gē ; Wade : Tzu-yeh ko) également appelé « chants Ziye » ou « chants de minuit de Wu », désigne à la fois un air/mélodie de cour des Jin orientaux (r. 317-420), un genre poétique et un recueil de poèmes datant du IVe siècle rassemblés sous ce même nom. Ces poèmes sont des chants populaires de type yuefu qui occupent une place importante dans la tradition de la poésie classique chinoise. Ils ont souvent servi d’inspiration à des poètes ultérieurs et comptent parmi ses praticiens des poètes aussi célèbres que Li Bai.

La mélodie appelée « chant de minuit » (子夜歌) naît dans le Jiangnan. Le Traité sur la musique du Livre des Tang (旧唐书-乐志) et le Traité sur la musique du Livre des Song (宋书-乐志) indiquent tous deux que l’air « chant de minuit » est une musique des Jin, et la tradition attribue cette musique à une femme de la dynastie Jin nommée Ziye qui lui donne son propre nom[note 1],[1],[2]. Cette mélodie est extrêmement triste et douloureuse, au point qu’il existe la légende qui dit que le chant de minuit était chanté par un fantôme[note 2],[1],[3]. Comme cette musique est née dans la région de Wu, on l’appelle aussi « chant de minuit de Wu ». Sur cet air de nombreux poèmes sont écrits[4].

Les yuefus (poèmes)

Les yuefu qui ont été composés ou rassemblés à partir de cette mélodie, sont aussi appelés « chants de minuit » et ils sont traditionnellement considérés comme des chants populaires[5]. Ils relèvent de la catégorie des chants de Wu, Jiangnan étant situé dans la région de Wu. La période où ils sont apparus se situe approximativement avant la période Taiyuan (376-396) des Jin orientaux, sans date précise de composition, car ils relèvent d’une transmission orale et populaire. Bien que traditionnellement l’ensemble des poèmes soit attribué à une femme éponyme appelée Zi Ye (子夜) (Dame de Minuit)[6], ces dernières années les gens tendent à considérer que les chants de minuit constituent un ensemble de chants d’amour transmis collectivement par les femmes de la région de Wu, et non composés par une seule personne et qu'ils seraient plutôt une compilation de poèmes issus de divers auteurs et/ou de la tradition populaire[7].

Le recueil

Le recueil Chants de minuit (子夜歌) comprend des poèmes chantés rassemblés à partir de la mélodie utilisée. Ils ont été recueillis et fixés par écrit dans leur forme actuelle beaucoup plus tard que la période où ils sont apparus, soit sous la dynastie Song, au XIe siècle, dans le Recueil de poèmes Yuefu (樂府詩集) compilé par Guo Maoqian (郭茂倩).

Poésie « chants de minuit »

Narrateur

Les «  chants de minuit » sont narrés du point de vue féminin, prenant le plus souvent la forme d’un monologue, et dépeignent de manière indirecte et pudique le parcours amoureux typique des femmes sous les Wei et les Jin[8].

Caractéristiques linguistiques

La caractéristique linguistique est d’être élégante, claire, mélodieuse et empreinte de douceur mélancolique. Les poèmes utilisent le dialecte de la région de Wu, des appellations caractéristiques du Jiangnan, des expressions familières qui apparaissent souvent ce qui rend le langage des chants de minuit vivant et plein de vie quotidienne[5],[9]. Le langage simple, le chant alterné entre homme et femme, les jeux phonétiques de mots homophoniques et à doubles sens, forgent la forme littéraire du style « chants de minuit ». C’est la plus grande caractéristique des poèmes de ce style[10].

Format

Le format des chants de minuit est court et concis. Les quarante-deux chants sont composés de quatre vers de cinq caractères (pentasyllabiques), ce qui diffère des poèmes anciens à vers de longueur irrégulière et en fait une forme nouvelle[11].

Chinois

宿昔不梳头,
丝发披两肩.
婉伸郎膝上,
何处不可怜.

Traduction libre

Depuis la nuit passée, je n’ai plus peigné mes cheveux ;
Mes cheveux de soie retombent sur mes épaules.
Doucement, je m’étends sur les genoux de mon tendre bien-aimé,
Comment ce moment ne serait-il pas attendrissant ?

Thèmes

Les chants de minuit, à l’exception des deux derniers poèmes dont le ton diffère, constituent une poésie d’amour à thème concentré, qui exprime le monologue intérieur d’une femme. Du point de vue féminin, ils dépeignent profondément la femme éprise et ses aspirations à une vie amoureuse libre et heureuse. Ils expriment le désir d’amour, la joie d’avoir obtenu l’amour, la douleur du manque, la fidélité inébranlable, la haine envers les hommes infidèles ainsi que la souffrance de l’absence de liberté matrimoniale, et d’autres émotions complexes[5],[12]. Ils se caractérisent par une beauté d’une grande douceur, empreinte de délicatesse yin[5].

Influence

Les lettrés des dynasties Jin oriental et du Sud sont fortement influencés par la poésie style « chants de minuit ». Les écrivains Sun Chuo (孙绰) (320–377), Wang Xianzhi (王獻之) (344–386) et Tao Yuanming (陶渊明) (365–427) absorbent manifestement l’influence des chants de minuit. Elle a aussi une influence directe sur les images des yuefu de Bao Zhao, sur la structure des poèmes de réponse et d’échange de Xie Lingyun, ainsi que sur le Chant nocturne de Wu (子夜吴歌) de Li Bai[10]. En général, les yuefus chants de minuit ont une influence considérable sur la poésie chinoise ainsi que sur l’histoire littéraire chinoise[5],[8]. Leur mode d’expression tels que le langage simple, le chant alterné entre homme et femme, les jeux de mots homophoniques et la forme en vers de cinq caractères en quatre vers produisent une influence profonde sur la littérature des générations suivantes, certains éléments deviennent un nouveau modèle d’écriture[13].

Évaluation

Dans le Grand chant de minuit (大子夜歌), il est dit :

« Parmi les centaines de chants populaires, le chant de minuit est le plus émouvant. Généreux dans son chant pur et clair, il est d’une limpidité naturellement éclatante[note 3],[14]. »

Le recueil

Quelques chants de minuit

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI