Chapelle de Koat-Keo

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Début de la construction1937
ArchitecteJames Bouillé
Chapelle de Koat-Keo
Image illustrative de l’article Chapelle de Koat-Keo
Façade principale de la chapelle de Koat-Keo
Présentation
Culte Catholique romain
Début de la construction 1937
Architecte James Bouillé
Protection Logo monument historique Inscrite MH (1997)
Logo monument historique Patrimoine XXe siècle
Géographie
Pays France
Région Bretagne
Département Finistère
Ville Scrignac
Coordonnées 48° 23′ 54″ nord, 3° 40′ 27″ ouest
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Chapelle de Koat-Keo
Géolocalisation sur la carte : Finistère
(Voir situation sur carte : Finistère)
Chapelle de Koat-Keo
Carte postale de la chapelle Notre-Dame de Koat-Keo, dans les collections du Musée de Bretagne, situé dans les Champs Libres, à Rennes, dédié à la société bretonne et ses évolutions

La chapelle de Koat-Keo est un édifice religieux catholique situé sur le territoire de la commune de Scrignac, au lieu-dit Coat-Quéau, dans le département du Finistère, à 24 km au sud-est de Morlaix.

Elle a été construite en 1937 à l'initiative de l'abbé Perrot, fondateur du Bleun-Brug, par l'architecte James Bouillé (1894-1945), créateur de l'Atelier breton d'art chrétien, à l'emplacement d'une ancienne chapelle  dont l'existence est mentionnée sur la trève (subdivision paroissiale) de Koat-Keo dès le XIVe siècle  tombée en ruines dans le courant du XIXe siècle[1]. Elle est la propriété de l'association diocésaine de Quimper.

Elle est considérée comme un exemple significatif de la recherche d’une création architecturale bretonne moderne (style néobreton) et un haut lieu de mémoire bretonne. James Bouillé, qui participa à la création du Parti autonomiste breton, tenta d'exprimer à travers toute son œuvre ses convictions de militant, en se faisant le chantre du renouveau de l'expression artistique bretonne. Cela s'est traduit dans le cas précis de cette chapelle, par un style gothique modernisé, notamment pour le clocher et les baies, et la conception très moderne d'un porche largement ouvert, dans lequel se trouve un autel.

Pour la décoration, James Bouillé fit appel au sculpteur Jules-Charles Le Bozec (1898-1973) et au maître-verrier Gevel Job pour les vitraux.

En raison de la personnalité de son commanditaire, la chapelle de Koat-Keo revêt une importance symbolique très grande dans l'histoire du mouvement nationaliste breton.

La chapelle et son placître sont inscrits à l'inventaire des monuments historiques par arrêté du [2], tout juste soixante ans après sa construction.

Coat-Quéau fut longtemps une trève importante de Scrignac. En 1388, une bulle accorde des indulgences à ceux qui voudraient contribuer par leurs aumônes à la restauration de sa chapelle dédiée à la Vierge. Une couverture d'un livre en parchemin signale l'existence d'une école à Coat-Quéau dans la seconde moitié du XVe siècle[3]. La chapelle fut vraisemblablement reconstruite au XVIe siècle et était entourée d'un enclos paroissial avec cimetière et calvaire.

En 1925, la commune de Scrignac mit en vente publique les ruines de l'ancienne église de Coat-Quéau, devenue simple chapelle, longue de 30 mètres et large de 20 mètres, ainsi que le calvaire. La flèche du clocher était alors brisée et les pierres de son tiers supérieur avaient servi à la construction d'un pont. La toiture était effondrée depuis 20 ans et des arbres avaient poussé à l'intérieur. La chapelle fut achetée par un industriel de Quimper, René Bolloré[4] ; les pierres furent transportées à 40 kilomètres de là et réutilisées dans la construction d'une nouvelle chapelle à l'usine de Cascadec, en Scaër[5],[6]. Cette chapelle reprend des éléments de l'ancienne chapelle de Coat-Quéau, notamment le clocher et le portail.

Une nouvelle chapelle fut construite au même emplacement en 1937 : « L'architecture est due au Président de l'Atelier Breton d'Art Chrétien, M. James Bouillé ; les coloris des vitraux représentent les sept saints de Breiz, dus au talent du jeune maître-verrier, Job Guével ; l'imposante statue de Notre-Dame, sortie du ciseau du sculpteur sur bois F. Chauris » écrit alors l'hebdomadaire Le Courrier du Finistère à l'occasion de sa consécration qui a lieu en [7].

L'abbé Jean-Marie Perrot, après son assassinat le par un résistant communiste, fut enterré près de la chapelle de Coat-Quéau[8]. Chaque année, le lundi de Pâques, un hommage lui est rendu lors du Pardon de l'abbé Perrot, qui se déroule entre la Croix du Martyre et la chapelle de Koat-Keo et rassemble les fidèles, les familles et les Bretons attachés à la mémoire du prêtre assassiné,

Par ailleurs, tous les ans, le 15 août, à l'occasion de la fête de l'Assomption, la chapelle s'anime lors du traditionnel pardon de Koat-Keo[9], qui mêle fête religieuse célébrée en l'honneur de Notre-Dame de Coat-Quéau, avec une messe dans la matinée et des vêpres en fin d'après-midi, et profane avec des musiciens et chanteurs locaux qui font danser les amateurs de danses traditionnelles et se prolonge dans la soirée par un fest-noz.

La chapelle a subi un incendie ravageant la toiture et toute la partie centrale le [10].

Description

La chapelle est orientée selon un axe sud-ouest / nord-est. Elle est disposée en forme de tau, le porche monumental formant une nef ouverte sur l'extérieur, et le chœur étant situé à la croisée du transept. La façade occidentale s'ouvre sur le porche monumental, qui fait office de chapelle extérieure. Il est muni d'un autel surmonté d'un christ en croix créé par Le Bozec en 1942.

Le bras sud du transept comporte une porte en plein cintre. Sur le linteau est gravée une dédicace en breton : « 937 - 1937, gant milvet bloaz adsavidigez Breiz eo bet adsavet ar chapel-man ». Ce que l'on peut traduire par : « 937 - 1937 - cette chapelle a été relevée pour le millénaire de la restauration de la Bretagne. »

Le bras nord du transept comporte une baie triple, tout comme le chœur.

Devant la façade occidentale se trouve une esplanade permettant la tenue des messes extérieures. Immédiatement au sud de l'esplanade se trouve un calvaire, seul élément subsistant de l'ancienne chapelle de Coat-Quéau.

De part et d'autre du porche monumental, on trouve côté nord le monument d'hommage à Jean-Marie Perrot exécuté par un groupe résistant communiste de la région de Scrignac pendant la Seconde Guerre mondiale, et côté sud, un gisant de l'abbé Jégou, recteur de Scrignac, assassiné pendant la Révolution française.

Les vestiges de l'ancienne chapelle de Coat-Quéau

Notes et références

Voir aussi

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