La réforme agraire à Chapultenango (1915-1992) se déroule sous le contrôle de grands propriétaires terriens qui, soutenus par les autorités agraires, perpètrent des actes répressifs contre les paysans et les populations indigènes zoques. Ces acteurs jouent un rôle déterminant dans la transformation des terres nationales vacantes, situées dans les zones les plus montagneuses et inaccessibles de la municipalité, en espaces de colonisation. Dans un contexte de tensions et de conflits, des relations complexes de domination se développent pendant près d'un siècle.
Durant les 77 années que dure officiellement la réforme agraire mexicaine, les paysans de Chapultenango reçoivent 20 219 hectares de terres nationales grâce à 17 actions agraires (concessions et extensions) qui ont permis la création de 7 ejidos, exploités collectivement par 961 paysans. Ce système perpétue ainsi la mainmise des haciendas sur les décisions locales, notamment en matière de production agricole et de contrôle politique[4].