Charge de Krojanty
charge de la cavalerie polonaise
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La charge de Krojanty, également dénommée escarmouche de Krojanty ou bataille de Krojanty, est une charge de la cavalerie polonaise qui a eu lieu le contre un bataillon d'infanterie allemand lors du déclenchement de la campagne de Pologne, pendant la Seconde Guerre mondiale.
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Près de Krojanty, Poméranie, Pologne |
| Issue | Indécise |
| 800 soldats 76e régiment d'infanterie véhicules blindés de reconnaissance 30 canons |
250 cavaliers |
| 11 tués 9 blessés |
19 à 25 tués 40 à 50 blessés |
Batailles
- Ultimatum allemand
- Ordre de bataille
- Opération Himmler
- Plan Pékin
- Plan Worek
- Baie de Dantzig
- Défense de la poste centrale de Dantzig
- Westerplatte
- Grudziądz
- Mokra
- Węgierska Górka
- Krojanty
- Forêt de Tuchola
- Borowa Góra
- Wizna
- La Bzura
- Hel
- Jarosław
- Brest-Litovsk
- Tête de pont roumaine
- Invasion soviétique
- Lwów
- Modlin
- Tomaszów Lubelski
- Grodno
- Krasnobród
- Wilno
- Varsovie
- Szack
- Wytyczno
- Kock
| Coordonnées | 53° 43′ 32″ nord, 17° 37′ 55″ est | |
|---|---|---|
Après avoir dispersé rapidement les fantassins allemands, les cavaleries polonais sont cependant contraints de battre en retraite après l'arrivée des blindés de la Wehrmacht.
Cette charge est ensuite utilisée et déformée par la propagande de guerre nazie, qui fabriqua le mythe d'une cavalerie polonaise chargeant les blindés allemands, un événement qui n'a jamais existé.
Contexte historique

Le , la Wehrmacht envahit la Pologne.
Les Allemands attaquent par suprise les gardes-frontières polonais et contraignent rapidement les unités polonaises déployées dans la région à battre en retraite derrière la Brda.
Au sein des forces polonaises, le 18e régiment d'uhlans poméranien (18. Pułk Ułanów Pomorskich), qui tient une position le long de la frontière nord-ouest de la Pologne, doit couvrir la retraite du reste de l'armée[1].
Le 1er septembre en fin d'après-midi, il reçoit l'ordre d'attaquer le flanc de la 20ème division d'infanterie motorisée allemande qui progresse. Le commandant du régiment, le colonel Kazimierz Mastalerz, ordonne alors à ses hommes de monter à cheval[1].
Vers 19 heures, des éclaireurs polonais repérèrent une colonne d'infanterie allemande. Celle-ci est est exposée dans une clairière, ce qui offre un terrain propice pour une charge de cavalerie[1].
Déroulement

La charge est menée au soir du près du village de Krojanty en Poméranie contre le bataillon d'infanterie allemand.
Les cavaliers polonais jaillissent des bois, sabres au clair, et dispersent rapidement l'infanterie allemande[1].
Cependant la cavalerie polonaise n'a pas le temps d'exploiter son succès car un peloton de blindés allemands débouche et ouvre le feu avec des mitrailleuses et de canons automatiques[1].
La cavalerie polonaise fait alors volte face sous le feu ennemi et tente de se réfugier derrière une butte voisine. Vingt cavaliers, dont le colonel Mastalerz, sont tués. La charge se termine dans un bain de sang[2].
Conséquences et bilan
Onze soldats allemands sont tués et neuf autres blessés lors de l'escarmouche, tandis que 19 à 25 cavaliers polonais sont tués et 40 à 50 autres blessés[réf. nécessaire].
La charge de cavalerie polonaise a arrêté la progression des troupes allemandes pour la journée, et les unités du groupe opérationnel de Czersk se sont retirées vers le sud sans opposition. De plus, il a fallu plusieurs heures pour que les Allemands se réorganisent et poursuivent l'avance.
Le , le 18e régiment d'Uhlans de Poméranie a été décoré par le général Stanisław Grzmot-Skotnicki, le commandant du groupe opérationnel, avec la propre médaille Virtuti Militari pour la bravoure démontrée au combat.
L'infanterie polonaise s'arme par la suite massivement de fusils anti-chars de modèle 1935 Karabin przeciwpancerny wzór 35, rendant vulnérables les Panzer I et Panzer II, principaux chars allemands en service au début du second conflit mondial.
Mythe et utilisation par la propagande nazie

Cette escarmouche, qui s'inscrit dans le cadre de la bataille de la forêt de Tuchola, deviendra par la suite l'une des plus célèbres charges de l'armée polonaise.
Si l'armée polonaise disposait encore de brigades de cavalerie en 1939, son usage contre les blindés allemands tel que dépeint dans la propagande nazie reste un mythe[2],[3].
Le 1er septembre, des correspondants de guerre allemands et deux journalistes Italiens sont ainsi invités par des soldats allemands à venir sur le champ de bataille. On leur montre alors les cadavres de cavaliers polonais, leurs chevaux et les chars allemands qui étaient arrivés sur place après la bataille. L'un des correspondants italiens, Indro Montanelli, envoie ensuite un article dans lequel il décrivait le courage et l'héroïsme des soldats polonais, qui avaient chargé les chars allemands avec des sabres et des lances. En réalité, une telle charge n'a jamais eu lieu, et aucun char n'a été utilisé pendant les combats[4], ce mythe étant utilisé par la propagande allemande pendant la guerre[4].
Le 13 septembre 1939, le magazine de propagande allemand Die Wehrmacht rappporte que les Polonais ont gravement sous-estimé les armes allemandes et que la propagande polonaise avait suggéré que les véhicules blindés allemands n'étaient couverts que d'une tôle, ce qui les avaient conduit à une attaque grotesque. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce mythe a encore utilisé par la propagande soviétique comme exemple de la stupidité des commandants polonais d'avant-guerre, qui n'auraient pas préparé leur pays à la guerre mais gaspillé le sang de leurs soldats[4].
En réalité, les Polonais disposaient d'armes antichars, dont un fusil antichars modèle 1935 de 7,92 mm (fusils antichars wz. 35), qui pouvait pénétrer 15 mm de blindage à 300 m à 30 degrés. De leurs côtés, les Allemands étaient équipés principalement en 1939 de petits modèles Panzer I et Panzer II, vulnérables à ces armes.