Charge mentale au travail
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La charge mentale au travail désigne la charge mentale (ou charge cognitive) appliquée au monde professionnel. Elle quantifie les sollicitations du cerveau pendant l’exécution du travail et permet d'identifier les contextes de surcharge mentale, potentiellement à risques pour l'individu.
Définition
Définition scientifique
ll apparaît très difficile de définir opérationnellement la charge mentale. Même si ce concept donne l'impression de bien se comprendre en général, dès lors qu'on s'intéresse à une activité ou une profession en particulier, on se rend compte qu'il est difficile à définir de façon particulière[1]. Jourdan et Theureau (2002) considèrent qu'il est difficile d'aller au delà de l'idée selon laquelle «la charge mentale est un construit hypothétique représentant le coût pour un humain d’accomplir une tâche avec un certain niveau de performance». Marie Lacroix ajoute que ce coût dépend de la tâche et du contexte [2].
Dans le cadre professionnel, ce coût est multifacettes : efforts de concentration, de compréhension, d'adaptation et de minutie... Tout comme la charge physique associée à une activité, la charge mentale dépend en outre des caractéristiques individuelles, en particulier de l'expertise dans la tâche[3]. Ainsi, pour un niveau d’exigences de la tâche équivalent, plusieurs opérateurs peuvent ressentir un niveau de charge mentale différent[4]. Dans une tentative de synthèse liée à un travail sur le pilotage d'avion et le contrôle aérien, des auteurs français[1] proposent de considèrer que la charge mentale correspond à l’équilibre entre les exigences d’une tâche et les ressources cognitives dont une personne dispose pour l’accomplir. Ils notent qu'elle dépend d’une évaluation subjective : d’un côté, l’importance et la difficulté de l’objectif à atteindre ; de l’autre, les ressources mentales que l’on pense pouvoir mobiliser, dans la limite de ses capacités. L’individu ajuste ainsi son activité en fonction du but visé, des moyens engagés et du niveau de performance attendu, en évaluant à la fois le résultat obtenu et l’effort fourni.
Trois éléments sont dès lors à prendre en considération :
- Les capacités de l’opérateur, en particulier ses capacités cognitives, mais aussi familiarité avec la tâche.
- - Les ressources mobilisables par l’opérateur, ce qui implique de tenir compte de son niveau de forme, de fatigue.
- - La performance atteinte.
Conséquences de la charge mentale au travail
Saturation des ressources cognitives
La charge mentale professionnelle peut conduire à l’épuisement des ressources cognitives disponibles, et donc à la diminution de la capacité attentionnelle de la personne qui en est atteinte. Cela a pour effet la saturation de la mémoire de travail qui, pourtant, est essentielle pour les traitements des informations et la prise de décisions. La manifestation de ce phénomène se trouve dans le temps de réaction qui s’allonge sous le poids de la surcharge professionnelle (Piolat et al, 1996[5]). Cette diminution de l’efficacité cognitive peut affecter la performance et augmenter les erreurs.
Davantage de pression
La charge mentale professionnelle s'alourdit davantage lorsqu'il faut composer avec des exigences supplémentaires ou des objectifs contradictoires comme des rythmes de travail intenses, un manque de ressources ou encore une forte pression hiérarchique (Cuvelier, 2012[6]) ; c’est ce qui définit le concept de la double contrainte en psychologie. Ainsi, l’employé se retrouve dans une situation où il est difficile de répondre à toutes les attentes que l’entreprise a de lui sans compromettre son bien-être ou sa santé mentale. Si des conditions de travail stressantes se rajoutent à une charge mentale élevée, cela peut conduire à des états de souffrance morale ou de fatigue intense qui limitent l’engagement de l’employé et sa motivation.