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Sept dons du Saint-Esprit

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Dans le catholicisme, les sept dons de l'Esprit (ou charismes, du grec χαρισμα, kharisma, don), sont des grâces que Dieu offre aux croyants catholiques.

Les sept dons de l'Esprit saint, Walters manuscript W.171, v. 1400

Définition

Les sept dons de l'Esprit saint tels que représentés sur un retable de la basilique Saint-Sauveur de Dinan.

Les sept dons seraient les suivants :

  1. la sagesse[1],
  2. l'intelligence,
  3. la force[1],
  4. la science[1],
  5. le conseil[1],
  6. la piété[1]
  7. et la crainte[1],[2],[3].
Représentation du Saint-Esprit comme une colombe sur un vitrail de la basilique Saint-Pierre de Rome

Le catéchisme de l'Église catholique indique que l'Esprit saint est l'interprète de la Bible, et qu'il faut être très attentif aux différents sens des Saintes Écritures[4].

Traditionnellement, le catholicisme a repris les paroles du prophète Isaïe qui annonçait le Messie (Is 11,1-3) :

« Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l'Esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de vaillance, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur - et il lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas d'après ce que voient ses yeux, il ne se prononcera pas d'après ce qu'entendent ses oreilles. »

 (Traduction Œcuménique de la Bible)

Dans la traduction française, il n'y a que 6 dons. Mais dans la traduction grecque de la Septante (IIe siècle av. J.-C.), comme dans la traduction latine de la Vulgate (IVe siècle ap. J.-C.), les traducteurs ont utilisé deux mots différents pour traduire la crainte du Seigneur, à la fin du verset 2 et au début du verset 3 : eusebeia et phobou (en grec), pietatis et timoris (en latin). Les traducteurs de la Septante avaient déjà fait ce choix en Proverbe 1,7, en dédoublant le verset d'origine pour rendre compte de la richesse du mot hébreu qui signifie à la fois la piété et la crainte. Cela fait donc 7 dons.

Histoire

La liste traditionnelle des sept dons du Saint-Esprit est attestée en Occident au moins depuis Ambroise de Milan (339-397) au IVe siècle dans son Traité des mystères (ch.7, § 42) et dans son Traité des sacrements (L.III, ch.Il, § 8), où il reprend la liste d'Isaïe 11,2.

« Car après la fontaine [du baptême], il reste encore à rendre parfait, quand à l'invocation du prêtre l'Esprit Saint est répandu, l'Esprit de sagesse et d'intelligence, l'Esprit de conseil et de force, l'Esprit de connaissance et de piété, l'Esprit de la sainte crainte, qui sont comme les sept vertus de l'Esprit. Sans doute, toutes les vertus relèvent de l'Esprit, mais celles-ci sont comme cardinales, comme les plus importantes[5]. »

Vers la même époque, un synode de Rome réuni en 382 par le pape Damase en 382 affirme de l'Esprit saint qu'il est septiforme, étant Esprit de sagesse, d'intelligence, de conseil, de force, de science de vérité et de crainte de Dieu[6].

Au XIIIe siècle, Thomas d'Aquin consacre une question de sa Somme théologique (Ia IIae, Qu. 68) aux dons du Saint-Esprit. À l'article 4, en s'appuyant aussi sur Is 11, il classe les 7 dons de la manière suivante :

  • « Mais la raison est spéculative et pratique. (…)
    • Pour la saisie de la vérité,
      • la raison spéculative est donc perfectionnée par le don d'intelligence,
      • la raison pratique par celui de conseil.
    • Pour bien juger,
      • la raison spéculative est perfectionnée par la sagesse,
      • la raison pratique par la science.
  • Quant à la puissance appétitive,
    • en ce qui regarde autrui elle est perfectionnée par la piété;
    • en ce qui regarde le sujet lui-même elle est perfectionnée
      • par la force contre la terreur des périls,
      • et contre la convoitise désordonnée des choses agréables elle est perfectionnée par la crainte ».

Thomas d’Aquin, IIa IIae, q. 121, a. 1, co :

« Les dons du Saint Esprit sont des dispositions habituelles de l’âme qui la rendent prête à se laisser mouvoir par l’Esprit. »

Son contemporain Bonaventure de Bagnoregio a lui aussi écrit un traité sur les sept dons de l'Esprit.

En dehors de ses nombreuses catéchèses et encycliques à propos de l'Esprit saint, notamment Dominum et Vivificantem en 1986, Jean-Paul II à également composé une prière qu'il récitait quotidiennement depuis son enfance afin de solliciter ses dons[7].

Notes et références

Annexes

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