Charlemont (en irlandais: Achadh an Dá Chora, «champ des deux barrages»[1]) est un village du comté d'Armagh, en Irlande du Nord.
Il est situé sur la rive droite de la rivière Blackwater, à cinq miles au nord-ouest d'Armagh, et est relié au village voisin de Moy par le Charlemont Bridge(en). Il comptait 109 habitants (52 foyers) lors du recensement de 2011[2].
Charlemont tire son nom de Charles Blount, 8e baron Mountjoy, qui y fit construire un pont et un fort en 1602 afin de sécuriser la vallée de la Blackwater contre le comte de Tyrone rebelle[3]. Sir Toby Caulfeild devint gouverneur du fort l'année suivante[4]. Dès 1611, une petite ville se développe autour du fort, «peuplée de nombreux Anglais et Irlandais, qui y avaient bâti de belles maisons». Elle est érigée en bourg en 1613[5].
Le fort de Charlemont conserve son importance militaire après la fin de la rébellion de Tyrone. Caulfeild reconstruit les fortifications en 1622, y ajoutant une maison de gouverneur de trois étages. Au début de la rébellion de 1641, le fort est pris par Sir Phelim O'Neill lors d'une attaque surprise. Plusieurs tentatives sont menées pour le reprendre, mais malgré les efforts des royalistes et des covenantaires, il reste aux mains d'O'Neill jusqu'en 1650, date à laquelle une armée cromwellienne le chasse après un siège sanglant[4].
Le fort de Charlemont reste occupé tout au long du XVIIIe siècle, mais son utilité diminue par la suite et le gouvernement retire la dernière garnison en 1856. En 1859, il est vendu au comte de Charlemont pour 12 884 livres et 5 shillings[4]. Il est incendié par l'IRA en 1920[7], ne laissant que le corps de garde[4].
Le , l'Ulster Volunteer Force (UDF) lance deux attaques contre des pubs à Charlemont. Un attentat à la bombe contre le Clancy's Bar fait trois victimes civiles catholiques: Felix Clancy, 54 ans, Sean O'Hagan, 22 ans, et Robert McCullough, 41 ans[8]. Peu après, une fusillade contre l'Eagle Bar, situé à proximité, cause la mort d'un autre civil catholique: Frederick McLoughlin, 49 ans, deux semaines plus tard[9]. Un soldat de l'UDR est par la suite condamné pour sa participation à ces attaques, qui sont liées au «gang de Glenanne»[10].
↑Kevin McMahon, The Time of the Trouble, 1919–21: Armagh, South Down, and North Louth, Part 4, vol.21, Armagh Diocesan Historical Society, , 251–2p. (JSTOR29742796), chap.1
↑«Northern Ireland», sur House of Commons Hansard (17 May 1976 vol 911 cc 957-64), (consulté le )