Charles-Nicolas Houel

From Wikipedia, the free encyclopedia

Charles-Nicolas Houel, né le à Saint-Aubin-du-Vieil-Évreux (Eure) et mort le à Paris, est un médecin et conservateur de musée français.

Houel est né le à Saint-Aubin-du-Vieil-Évreux de Charles-Marie Houel, cultivateur, et Marie-Anne-Désirée Auzoux, sœur du médecin Louis Auzoux[1],[2],[3].

Il entreprend des études de médecine et devient externe des hôpitaux de Paris en 1837, interne en 1840 et aide d'anatomie de la Faculté de médecine de Paris en 1845[1],[4]. Il soutient sa thèse de doctorat sur les luxations traumatiques des cinq dernières vertèbres cervicales le [5]. Il échoue une première fois à l'agrégation de médecine (section chirurgie et accouchement) avec une thèse sur les plaies et ruptures de la vessie en 1857[1]. Il l'obtient finalement en 1860 avec une thèse sur les tumeurs du corps thyroïde[1].

En 1848, deux jeunes chirurgiens, Eugène Follin et Charles-Nicolas Houel, et un naturaliste, Charles Robin, décident d'organiser à Paris une réunion périodique où viendraient s'éclairer mutuellement tous ceux, physiciens, chimistes, naturalistes ou médecins, qui s'intéressent aux phénomènes biologiques[6]. La première séance de la Société de biologie eut lieu le [7].

Crâne d’un enfant présentant une hydrocéphalie, préparation ostéologique observée par Houel, collections médicales et d’anatomie pathologique de Sorbonne Université.

L’œuvre de sa vie est le musée Dupuytren, musée d'anatomie pathologique de Paris, dont il devient le conservateur-adjoint en remplacement de Jean-Baptiste Pigné en 1848[8] puis conservateur en 1876, des suites du départ de Jacques Maissiat[9]. Suites aux travaux préalables de Charles-Pierre Denonvilliers, le musée passera entre les mains de Houel de 1200 à 6000 pièces, comprenant différentes typologies, tel que les pièces humides ou sèches, dessins et cires anatomiques[9]. Il assistait aux séances de la Société anatomique où il récupérait les pièces intéressantes, puis « il les préparait, les disposait, les classait avec le plus grand soin, et il éprouvait une satisfaction sans mélange à chaque accroissement des collections d'anatomie pathologique »[8]. En 1876, il devient conservateur du musée Orfila, musée d'anatomie comparée de Paris, et entreprend dans la foulée la publication du catalogue du musée Dupuytren, cinq volumes accompagnés de planches, qu'Alfred Vulpian, doyen de la Faculté de médecine, qualifie d'« ouvrage très considérable et tout à fait important »[8]. Il n'aura pas le temps de publier le sixième et dernier volume consacré aux pièces de tératologie. « M. Houel, qui avait étudié d'une façon très complète les monstruosités, se proposait de faire de ce volume une sorte de manuel qui aurait présenté, sous la forme la plus méthodique et avec des figures à l'appui, l'état actuel de la science, si pleine d'intérêt, fondée par les Geoffroy Saint-Hilaire »[8].

En 1866, Houel épouse Mélanie Bouvier (1816-1891)[10],[11].

Pendant le siège de Paris et la Commune de Paris (1870-1871), Houel est chirurgien en chef de l'ambulance Saint-Maurice[12]. Cette ambulance de la presse est installée dans l'hôtel particulier du 17 rue de Sèvres mis à disposition par la baronne Marie-Louise Thenard[13].

Houel meurt subitement d'une rupture d'anévrisme[14] le en faisant sa visite à l'infirmerie du lycée Saint-Louis[3],[8], où il avait été nommé chirurgien en 1868 en remplacement de Jean-François Jarjavay (en)[15]. Ses funérailles se déroulent le [16]. La cérémonie religieuse s'est déroulée à l'église Saint-Sulpice[17]. Les cordons du poêle étaient tenus par Alfred Vulpian, doyen de la Faculté de médecine ; Jamain, professeur à la Faculté des sciences ; Henri Prevost, maire du 6e arrondissement ; Alexandre Gautier, proviseur du lycée Saint-Louis[17]. Les honneurs militaires lui sont rendus en tant qu'ancien du 74e régiment d'infanterie de ligne[18]. L'inhumation se déroule au cimetière du Montparnasse[16],[19] avec un discours de Vulpian au nom de la Faculté de médecine de Paris et de Amédée Dumontpallier au nom de la Société de biologie[17],[8].

Publications

  • Des luxations traumatiques des cinq dernières vertèbres cervicales,
    Thèse de doctorat en médecine soutenue à la faculté de médecine de Paris le 30 décembre 1848.
  • Manuel d'anatomie pathologique générale et appliquée, contenant la description et le catalogue du musée Dupuytren, , 835 p. (lire en ligne)
  • Des plaies et des ruptures de la vessie, , 79 p. (lire en ligne)
    Thèse présentée au concours pour l'agrégation (section de chirurgie et d'accouchements), et soutenue à la faculté de médecine de Paris en 1857.
  • Des tumeurs du corps thyroïde, , 99 p. (lire en ligne)
    Thèse présentée au concours pour l'agrégation (section de chirurgie et d'accouchements), et soutenue à la faculté de médecine de Paris, le 8 juin 1860.
  • De l'Étranglement interne, , 110 p. (lire en ligne)
    Mention très honorable, prix Portal 1859 de l'Académie impériale de médecine[20].
  • Catalogue des pièces du musée Dupuytren, 1877-1880 (lire en ligne)
  • Catalogue du musée Orfila, , 540 p. (lire en ligne)

Distinctions

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI