Charles Berty

coureur cycliste français From Wikipedia, the free encyclopedia

Charles Berty est un coureur cycliste professionnel et résistant français, né le à Saint-Laurent-du-Pont et mort le au Mauthasen.

Nom de naissance
Jean Charles BertyVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
« Le Bœuf »
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 32 ans)
MauthausenVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Nom de naissance, Surnom ...
Charles Berty
Charles Berty à gauche avec sa fiancée lors de l'arrivée à Grenoble de la 7e étape du Tour de France 1936.
Informations
Nom de naissance
Jean Charles BertyVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
« Le Bœuf »
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 32 ans)
MauthausenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Équipes professionnelles
1935-1936Helyett-Hutchinson
1937-??Mercier
Principales victoires
Détenteur de six records du monde sur piste
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Biographie

Naissance à Saint-Laurent-du-Pont

Jean Charles Berty naît le à Saint-Laurent-du-Pont (Isère). Son père, Émile Berty (né à Hauterives (Drôme) le et mort à Saint-Laurent-du-Pont le ), est chauffeur et sa mère, Sabine Baude (née à Saint-Joseph-de-Rivière (Isère) le et décédée à Saint-Laurent-du-Pont le ), ménagère. Charles Berty est le benjamin de sa fratrie constituée d'Émile (1901-1978), Marius (1904-1905), Lucien (1904-1979) et Marie (19108-1980).

Carrière sportive

1930-1932 : des débuts en Savoie, premier GP Wolber et inauguration du vélodrome de Grenoble

En 1932, Charles Berty, âgé de vingt ans et exerçant comme couvreur, connaît sa première sélection avec la sélection du Sud-Est pour prendre part au Grand Prix Wolber, compétition réservée aux jeunes coureurs français organisée par le journal l'Auto. Lors de la première étape, il prend la tête au cours de l'étape mais termine à la 29e place, avec un cycle Dilecta, d'une course remportée par André Vanderdonckt. Il recule le lendemain au classement sous un mauvais temps et estime son retard en raison d'une négligence au ravitaillement de sa part. Il est victime lors de la troisième étape d'un saut de chaîne l'empêchant de revenir sur le groupe de tête et assiste impuissant à la bagarre devant, occupant l'une des dernières places au classement général. Il apprend la gestion d'une course à étapes et maintient sa place dans l'épreuve malgré une sanction financière de 50 francs pour ravitaillement en boisson par un motocycliste lors de la sixième étape. Il est salué par la presse, qui le découvre, qui souligne sa fougue mais également sa malchance durant l'épreuve avec un bris de fourche, de cadre et de nombreuses crevaisons.

Dès lors, Charles Berty s'exerce autant sur la route que la piste. Dans cette dernière, il prend ainsi part à différents grands prix tel celui d'Aubagne et inaugure le nouveau vélodrome de Grenoble en dont la piste est placée dans le Parc de l'Exposition, devant les représentants de la Préfecture de l'Isère et de la municipalité de Grenoble.

1934 : retour aux compétitions après un an de retrait

Absent des courses en 1933, il revient en 1934. Initialement remplaçant, il participe à Paris-Nice en individuel (et non au sein d'une équipe) qu'il finit parmi les derniers du classement général. Il occupe une position similaire au Critérium national de la route. Il dispute par la suite Paris-Tours où pour la première fois il apparaît sous le nom de « Charles Berty » et non plus de « Jean Berty » et anime cette épreuve en étant échappé avant de se faire reprendre par le peloton. Il participe également au Grand Prix Wolber pour la deuxième fois et intègre le top 10 du classement général après la troisième étape. Il s'octroie également la 3e place de la 4e étape au sprint, et termine vingtième de la course.

À l'été 1934, Charles Berty prend part à des épreuves sur piste à travers la France, avec un crochet par la route où il termine vingtième de Marseille-Lyon de par Lucien Weiss et dixième de Clermont-Montluçon. Enfin, il déclare à la presse qu'il s'adonne la pratique du ski les dimanches et à son travail de couvreur en hiver. Il explique faire un peu de route, beaucoup de home-trainer et tous les jours des sorties de 100 à 150 kilomètres.

1935 : arrivée dans l'équipe professionnelle Helyett-Hutchinson et première participation au Tour de France

En , après avoir toujours évolué en indépendant, il est engagé par l'équipe d'Helyett-Hutchinson qui comprend le grand espoir René Vietto. Désormais inscrit dans une dynamique d'équipe, Charles Berty se voit de nouvelles ambitions. Après s'être préparé dans la Grande Chartreuse, il prend part Paris-Nice avec la ferme intention de se montrer à son avantage même s'il n'y évolue pas sous la tunique de son équipe mais comme indépendant, dans l'optique de participer au Tour de France au cours de l'été. Il est tout proche de remporter une victoire prestigieuse lors de la troisième étape entre Saint-Étienne et Avignon amis se fait battre par Henri Puppo au sprint. Il finit 19e du classement général de cette course.

Ses bonnes performances lui permettent cependant de changer de statut et d'être incorporé au sein de l'équipe d'Helyett-Hutchinson pour les classiques que sont Paris-Roubaix, Paris-Caen, le Critérium national de la route et Paris-Bruxelles. Il termine 21e place de Paris-Caen remporté par Maurice Archambaud et ne peut pas se mêler à la lutte sur Paris-Bruxelles en raison d'un saut de chaîne. La presse maintient ses espoirs en lui en le jugeant « bon coureur de courses par étapes, dur-à-cuire et bon grimpeur » avant le Grand Prix Wolber qu'il termine à la 13e place.

Fin , il apprend qu'il est sélectionné pour disputer son premier Tour de France avec l'équipe des « Touristes-Routiers » à son grand soulagement et portera le dossard n°110. S'entraînant dans les Alpes, il possède un avantage face à de nombreux coureurs qui découvrent ce massif et prennent quelques jours fin juin pour des reconnaissances.

Sur le Tour, Charles Berty connaît tout d'abord une mésaventure lors de la deuxième étape entre Lille et Charleville en cassant sa fourche et concédant 55 minutes. L'arrivée des Alpes lui permet de remonter des places au classement, vingt lors de Metz-Belfort (4e étape) et vingt autres lors de Belfort-Evian (5e étape). Dixième de l'étape Aix-les-Bains-Grenoble après une grave chute dans la descente du Galibier, il est victime les étapes suivantes de plusieurs crevaisons, et subit un coup au moral. Il affronte ensuite le froid dans les cols de Puymorens, de l'Aubisque et du Tourmalet au lendemain de la 16e étape entre Pau et Luchon, tout en restant positif car il est désormais complètement guéri de son passage dans les Alpes. Il tente des échappées les jours suivants sans réussite et finalement finit à la 37e place finale de son premier Tour de France sans être parvenu à se distinguer en montagne. La presse, dont l'Auto, souligne sa « maigre performance en montagne ».

Il participe les mois suivants à des courses sur route et sur piste à travers la France et anime le Championnat de France des aspirants où il prend part à une échappée avec Jean Fréchaut avant de laisser ce dernier s'emparer du titre et de terminer 9e. En octobre, il commence son service militaire au 9e cuirassiers sur Lyon, est confirmé au sein de l'équipe d'Helyett pour l'année 1936 et ouvre un magasin de cycles à Grenoble en décembre.

1936 : 25e du Tour de France, une arrivée d'étape à Grenoble restée dans les mémoires

Engagé au sein de l'équipe Helyett-Hutchinson, gérée par le directeur sportif A Trialoux, pour la deuxième année, Charles Berty est annoncé au départ de Paris-Nice mais dans le groupe « Individuels ». Il prépare sa saison avec son équipe au centre d'entraînement de Connelles dans l'Eure. Sur Paris-Nice, il ne parvient pas à se mettre en évidence avant la 6e étape où il y prend la 6e place. Il termine 22e au classement général final. Il rebondit sur Paris-Caen où une grosse pluie accompagne les coureurs. Grand animateur de cette course d'un jour, il finit à la 7e place d'une course remportée par Emile Ignat. Sélectionné pour Paris-Roubaix au sein de l'équipe Helyett-Hutchinson, il est cité comme outsider à la vue de ses qualités de rouleur. Il anime la course disputée sous la neige en prenant les premières échappées mais doit renoncer à se mêler à la tête de la course en raison d'une crevaison. Il participe ensuite à Paris-Bruxelles, Paris-Tours et au GP Wolber. Dans cette dernière course, il est tout près d'une victoire lors du contre-la-montre entre Voutenay et Auxerre où il se classe deuxième derrière Lesueur. Il prend la 8e place du classement général final.

Mi-mai, il apprend sa sélection pour le Tour de France dans la catégorie des « touristes-routiers », preuve de ses bons résultats depuis le début de l'année. Il remporte le le Grand Prix du Petit Dauphinois dont l'arrivée est jugée à Chambéry, puis prend la 5e place de Paris-Saint-Etienne.

À la veille du Tour de France, il est cité comme bon grimpeur et il est attendu qu'il se révèle en montagne. Charles Berty a coché la 7e étape de ce Tour de France qui arrive dans le vélodrome de sa ville de Grenoble. Auteur d'une descente de haute volée dans le Galibier, où il compte près de quatorze minutes de retard sur les coureurs de tête, il revient sur les premiers. En arrivant sur Grenoble, il mène le groupe d'échappée composé de douze coureurs, porté par la foule venue nombreuse mais il paye ses efforts dans la dernière ligne droite d'une étape finalement gagnée par Théophile Middlekamp. Il prend une valeureuse quatrième place mais les commissaires de course le sanctionnent le lendemain et le rétrograde au douzième rang. En effet, ces derniers avaient mis en place une sécurisation du vélodrome en entendant arrêter le peloton de tête avant l'entrée sur la piste pour lui faire disputer en ligne le classement de l'étape, or Berty, connaissant les difficultés d'accès au stade en tant que régional de l'étape, avait passé outre cette décision pour arriver en tête dans le vélodrome et fut mis à l'amende pour une somme de 25 francs.

Malgré ce déclassement, il jubile en déclarant « Je n'ai pas eu de chance jusqu'à maintenant, heureusement que j'ai fait une belle étape chez moi, à Grenoble, devant mes clients et ma fiancée. Vivement les étapes contre la montre ! ». Le , il se classe 5e de l'étape Luchon-Pau remportée par le Belge Sylvère Maes qui consolide son maillot jaune en gagnant avec près de huit minutes d'avance sur le second. Charles Berty poursuit ses efforts les jours suivants, tentant des échappées et animant la course, sans grand succès. Son compagnon de chambre, Aldo Bertocco, doit subit une opération pour un abcès à la main le , et termine lanterne rouge de ce Tour. Il remercie Berty de l'avoir aidé et consolé durant cette course et s'excuse de lui avoir volé des heures de sommeil. Le Tour de France se clôt à Paris le et Charles Berty termine à la 25e place au classement final à plus de 2 heures du vainqueur du Tour le Belge Sylvère Maes qui s'impose devant Antonin Magne et Félicien Vervaecke. Le journal l'Auto dresse un portrait de lui soulignant que « Berty est de la même série que Pierre Cloarec. Il n'est pas, toutefois, aussi bon grimpeur que ce dernier. Il a l’avantage de faire de très belles fin d’étapes. C'est un animateur, qui paie souvent lui aussi ses excès ». Après le Tour de France, Charles Berty et Aldo Bertocco s'allient pour des épreuves de cyclisme sur piste pour des épreuves d'omnium et d’américaine entre Grenoble, Lyon et Commercy. Il annonce qu'il est marié en septembre et confirme qu'il travaille au sein de son magasin avec son frère à Grenoble.

En octobre, il quitte l'équipe Helyett et s'engage avec l'équipe Mercier.

1937 : Arrivée chez Mercier

Intégré à sa nouvelle équipe, il est annoncé en mars sur Paris-Nice en compagnie de Roger Lapébie, René Le Grevès et Pierre Cloarec.

Suite de sa carrière

Il devient par la suite détenteur de six records du monde sur piste et participe au Tour de France en 1939. Son record de France des 100 kilomètres, repris par Hervé Boussard, tiendra 50 ans. Il est le premier à entrer sur le vélodrome lors de l'étape qui relie Aix-les-Bains à Grenoble du Tour de France 1939.

Entrée en Résistance, déportation et décès à Mauthausen

Engagé dans la résistance, Charles Berty est dénoncé, arrêté chez lui, puis déporté au camp de concentration de Mauthausen où il meurt de coups et de mauvais traitements le .

Une plaque commémorative est dévoilée le , au stade des Alpes, à l'emplacement de l'ancien stade Charles-Berty à Grenoble[1]. Une rue porte son nom à Saint-Laurent-du-Pont, sa ville natale.

Palmarès sur route

Résultats sur les grands tours

Tour de France

Trois participations :

  • 1935 : 37e (Touriste-Routier)
  • 1936 : 25e (Touriste-Routier)
  • 1939 : 33e (Sud-Est)

Records du monde sur piste

Liste des 6 records du monde sur piste, battus par Charles Berty, sur le vélodrome de Milan, le [2].

Il s'arrêtera aux 93 kilomètres, transis par le froid, et ne sera jamais recordman du monde des 100 kilomètres.

Ses records du monde :

  • Les 70 kilomètres
  • Les 80 kilomètres
  • Les 90 kilomètres
  • Les deux heures
  • Les 40 milles
  • Les 50 milles

Étonnamment, Charles Berty ne détient pas le record de l'heure cycliste, on n'a pas de trace sur d'éventuelles tentatives sur ce record mythique.

Notes et références

Liens externes

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