Charles Charles
sculpteur français
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Charles Charles (1888-1977) est un sculpteur et médailleur français. Élève de Gabriel-Jules Thomas et Jean-Antoine Injalbert, il est principalement connu pour ses sculptures animalières et décoratives dans le style « Art déco », représentatives de l'esthétique stylisée typique des années 1920-1930.
Biographie
Une filiation tumultueuse
Charles Charles, né Charles Julhe, voit le jour le 11 février 1888[1] au n° 11 de la rue du Temple à Paris 4e, puis s'installe avec sa mère, Mélanie Julhe, au 35 rue Galande, Paris 5e.
À sa naissance, sa mère couturière-boutonnière, veuve d’Alphonse Burckardt, ciseleur, a déjà perdu deux fillettes en bas âge issues de ce premier mariage. Lorsque Charles naît en février 1888, de père non dénommé, il est ainsi déclaré sous le nom de sa mère, Julhe, qui elle-même ne le reconnaît qu'en novembre de cette même année[2].
Le père de l'enfant, Alexandre-Victor Charles, est à cette époque marié avec Cécile Quint, avec qui il a eu trois filles, respectivement en 1880, 1882 et 1883. Après la naissance de Charles, il a, avec Cécile Quint, un autre fils, Louis, né et décédé en bas âge en 1892. Charles a alors 4 ans.
Le 7 juin 1900, Alexandre-Victor reconnaît finalement Charles pour son fils, qui prend ainsi le nom de Charles[3], et divorce d'avec Cécile Quint sept ans plus tard. Par leur mariage célébré le 3 janvier 1911, Alexandre-Victor Charles et Mélanie Julhe légitiment leur fils[4]. Celui-ci a alors 23 ans.
Une famille tournée vers les arts
Dans le Quartier du Marais, au 5 rue Charlot, Paris 3e où il vit, Charles bénéficie d'un environnement artistique majeur. Outre son père exerçant le métier de ciseleur en bijouterie, il côtoie, du côté maternel, sa tante et son oncle, frère jumeau de Mélanie, qui exercent ce même métier d'art. Sa demi-sœur, quant à elle, est relieuse à l'Imprimerie Nationale située à l'Hôtel de Rohan à Paris. Le beau-père d'Alexandre-Victor, Henri Quint, est sculpteur à Paris, rue de Montreuil, où Charles Charles installera son propre atelier quelques années plus tard.
Encouragé par sa famille, Charles s'inscrit le 8 novembre 1907 à l'École Nationale des Beaux-Arts[5]. Il a alors 19 ans. Ses professeurs « garants », auprès de qui il a étudié jusque là, sont Gabriel-Jules Thomas et Jean-Antoine Injalbert.
Les années militaires et les secousses de la Grande Guerre
De 1909 à 1911, le jeune Charles effectue son service militaire, délaissant quelque peu l'atelier.
Dès son plus jeune âge, Charles est sensibilisé par sa mère à la cause animale[note 1], notamment avec la toute jeune création de la Ligue de protection des animaux. Pour Charles, on se doit d'honorer les animaux. Cela sera une de ses principales sources d'inspiration dans ses sculptures. En témoignent ses représentations de lévriers, éléphants, tigres, ibex, canards, entre autres.
Le 6 mai 1912, Charles épouse Anne-Hélène Sinnen à Évreux, dans l'Eure[6]. Charles quitte alors le 5, rue Charlot et emménage avec sa femme au 82, rue de Montreuil.
Cette même année, il expose pour la première fois au Salon des artistes français. Il présente dans la section Gravure en médailles et pierres fines, un cadre contenant des médailles, l'une représentant un portrait, l'autre, un Christ selon Holbein[7].
Il expose une deuxième fois en 1914 une vitrine contenant une sculpture en plâtre intitulée Un singe aux lunettes[8].
En août de cette même année, à vingt-six ans, il doit répondre à l'Ordre de Mobilisation. En décembre 1914, sur la ligne de front à Bixechoote, en Belgique, il est blessé par balle à la cuisse gauche. Très vite, sa santé se dégrade, et dès 1916, il passe à la 23e section d'infirmiers. Réformé temporairement en décembre 1918, puis en 1919, il reçoit une pension d'invalidité dès 1920 pour sa blessure par balle. En 1922, son état général toujours très altéré et les conséquences de sa blessure lui valent l'obtention d'une pension permanente. Dorénavant, Charles doit composer avec des céphalées, une atonie gastro-intestinale et une cicatrice de « blessure en séton », ayant entraîné une amyotrophie de la cuisse[9].
Bilan : la Grande Guerre et ses conséquences ont entravé de façon certaine l'épanouissement de la carrière artistique du jeune artiste.
Au sortir de la Grande guerre, Charles exerce son art à Clermont-Ferrand au sein de la « Maison Charles Charles, Boiseries Meubles et Sièges - Achats Antiquités Commission », la plus ancienne maison de sculpture de Clermont-Ferrand, située Place du Terrail, anciennement sise rue Thomas[note 2]. Avec le titre de « sculpteur expert », Charles Charles est « Conseiller Prud'homme, Membre du Jury d'Etat Départemental »
Ses années « Art déco »
Il faudra attendre 1928 pour que Charles Charles expose de nouveau au Salon des artistes français[10]. En 1928, il présente dans la Section Gravure en médailles et sur pierres fines un cadre contenant plusieurs médailles en bronze[note 3].
En 1930, Charles Charles expose à nouveau au Salon des artistes français une statuette de chien en plâtre, intitulée Skye-terrier[11].
Durant cette période, il s'associe à des grands noms de la fonderie française, comme ceux de René Jean Patrouilleau au 5, rue Anastase, Paris 3e, Paul François Louchet, et Max Le Verrier, qui devient un ami proche[12]. Tous trois éditeront ses œuvres signées, style « Art déco ». Pour la maison Patrouilleau, ce sera notamment une sculpture en bronze à patine brune, représentant des lévriers greyhounds en pleine course. Avec Paul François Louchet, ce sera, entre autres, un bronze à patine dorée, intitulé Les Canards.
Vers 1930, il collabore également avec Max Le Verrier, pour sa danseuse au cerceau, intitulée La Bayadère, en métal d'art patiné sur socle en marbre noir. On retrouve également à cette période, deux signatures de Charles Charles pour Max Le Verrier, éditeur, avec L'Appel et La Chevauchée.
En août 1935, il quitte son atelier du 82, rue de Montreuil à Paris et s'installe à Saumur, au 15, rue Gambetta. Sa carrière artistique se poursuit dès lors dans le Maine-et-Loire. Au sortir de la seconde guerre mondiale, il y est toujours domicilié.
Puis, il s'installe dans le sud de la France, où sa femme décède, à Aubenas en Ardèche, en 1975.
Principales œuvres
Principales œuvres[14] :
Sculptures animalières et décoratives « Art déco »
- La Bayadère : sculpture en métal patiné par C. Charles, vers 1930. Représente La Bayadère, personnage de ballet créé par Marius Petipa, danseuse orientale dansant avec un cerceau. Modèle édité par Max Le Verrier. Patine verte. Socle carré en marbre noir de Belgique. Signé C. Charles sur la base de la statue. Haut. 32 cm, Base 8x8 cm [Catalogue « Proantic »]
- La Chevauchée : sculpture en fonte d'art, alliage spécifique, de Max Le Verrier, représentant un cheval cabré avec une femme nue dans un grand drapé à patine nuancée verte et brune. Base en marbre noir de Belgique. Signature C. Charles. Editeur/fondeur Max Le Verrier. Époque vers 1930. Long. 63 cm, Haut. 51 cm, Prof. 16 cm [Catalogue « Proantic »]
- L'Appel : bronze Art Déco, épreuve en fonte d'art à patine verte, trompette en laiton doré, socle à gradins en pierre reconstituée. Représente un cheval cabré tenu par un homme à ses cotés avec une trompette. Epoque vers 1930. Fondeur Max Le Verrier. Haut. 47,5 cm Larg. 54,5 cm, Prof. 17 cm [Catalogue « Art Research Paris »]
- Deux lévriers courant : bronze à patine brun-or signé en creux sur la terrasse. Représentent deux lévriers en plein course franchissant une haie. Fondeur Patrouilleau. Socle en marbre vert. Haut. 23,5 cm, Long. 56 cm [Catalogue « Thierry de Maigret »]
- Tigre : sculpture Art déco, représentant un tigre assis sur un socle en marbre. Signée C. Charles. Edition Max Le Verrier. Haut. 21 cm, socle : 15 cm x 11 cm [Catalogue « 1930.fr French Cab »]
- Sphinx : sculpture Art Déco signée C. Charles, sur socle en marbre vert, représentant un sphinx assis. Epoque 1930. [Catalogue « 1stDibs »]
- Éléphant à la trompe relevée : mascotte automobile formant bouchon de radiateur. Epreuve en bronze à patine brune nuancée, sur base moulurée en marbre vert. Signé sur la terrasse. Haut. 10,5 cm, Long. 12 cm [Catalogue « Daguerre »].
- Les Canards : sculpture en bronze à patine dorée, signé, marqué «LOUCHET ciseleur» (fondeur Paul François Louchet). Haut. 6,5 cm, Long. 13,5 cm [Catalogue « Olivier Doutrebente »].
Objets utilitaires décoratifs « Art déco »
- Serre-livres Faunes : paire de serre-livres en métal patiné par C. Charles, vers 1930, représentant deux faunes couchés. Patine vert, socle rectangulaire en marbre noir de Belgique. Editeur Max Le Verrier, fonte d’édition ancienne, signés C. Charles sur chaque pièce Long. 13 cm, Haut. 12,5 cm, Prof. 10 cm |Catalogue « Proantic »]
- Serre-livres Ibex : paire de serre-livres en bronze à patine argentée sur socle en marbre vert, représentant deux ibex (bouquetins). Fondeur Patrouilleau. Epoque vers 1925. Haut. 16,5 cm, Long. 17,5 cm, Larg. 7 cm [Catalogue « Deconamic »]
- Serre-livres Têtes de pharaons : paire de serre-livres en bronze argenté sur socle en marbre vert, représentant deux têtes de pharaons. Epoque vers 1930. Haut. 14,5cm, Long.10cm, Larg.9cm [Catalogue « Galerie Achille Antiquités »].
- Serre-livres Jeunes satyres : paire de serre-livres en bronze sur socle en marbre, représentant deux jeunes satyres couchés sur le dos. Epoque vers 1930. [Catalogue « 1stDibs »]
- Coupe-papier en bronze et vide-poche en bronze doré à décor de motifs feuillagés. Epoque vers 1925. Signé C. Charles [Catalogue « Gros et Delettrez »].
- Vide-poche en bronze doré Art déco, signé C. Charles, à décor d'un jeté de roses finement ciselé. Diam. 9 cm, Haut. 2 cm, 206 grammes
- Crucifix mural en laiton et bronze, époque vers 1920
