Charles Charles

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Naissance

4e arrondissement de Paris
Décès
(à 89 ans)
Valence (Drôme)
Nationalité
Française
Activité
Sculpteur
Charles Charles
Naissance

4e arrondissement de Paris
Décès
(à 89 ans)
Valence (Drôme)
Nationalité
Française
Activité
Sculpteur
Maître
Gabriel-Jules Thomas, Jean-Antoine Injalbert

Charles Charles (1888-1977) est un sculpteur et médailleur français. Élève de Gabriel-Jules Thomas et Jean-Antoine Injalbert, il est principalement connu pour ses sculptures animalières et décoratives dans le style « Art déco », représentatives de l'esthétique stylisée typique des années 1920-1930.

Une filiation tumultueuse

Charles Charles, né Charles Julhe, voit le jour le [1] au n° 11 de la rue du Temple à Paris 4e, puis s'installe avec sa mère, Mélanie Julhe, au 35 rue Galande, Paris 5e.

À sa naissance, sa mère couturière-boutonnière, veuve d’Alphonse Burckardt, ciseleur, a déjà perdu deux fillettes en bas âge issues de ce premier mariage. Lorsque Charles naît en , de père non dénommé, il est ainsi déclaré sous le nom de sa mère, Julhe, qui elle-même ne le reconnaît qu'en novembre de cette même année[2].

Le père de l'enfant, Alexandre-Victor Charles, est à cette époque marié avec Cécile Quint, avec qui il a eu trois filles, respectivement en 1880, 1882 et 1883. Après la naissance de Charles, il a, avec Cécile Quint, un autre fils, Louis, né et décédé en bas âge en 1892. Charles a alors 4 ans.

Le , Alexandre-Victor reconnaît finalement Charles pour son fils, qui prend ainsi le nom de Charles[3], et divorce d'avec Cécile Quint sept ans plus tard. Par leur mariage célébré le , Alexandre-Victor Charles et Mélanie Julhe légitiment leur fils[4]. Celui-ci a alors 23 ans.

Une famille tournée vers les arts

Dans le Quartier du Marais, au 5 rue Charlot, Paris 3e où il vit, Charles bénéficie d'un environnement artistique majeur. Outre son père exerçant le métier de ciseleur en bijouterie, il côtoie, du côté maternel, sa tante et son oncle, frère jumeau de Mélanie, qui exercent ce même métier d'art. Sa demi-sœur, quant à elle, est relieuse à l'Imprimerie Nationale située à l'Hôtel de Rohan à Paris. Le beau-père d'Alexandre-Victor, Henri Quint, est sculpteur à Paris, rue de Montreuil, où Charles Charles installera son propre atelier quelques années plus tard.

Encouragé par sa famille, Charles s'inscrit le à l'École Nationale des Beaux-Arts[5]. Il a alors 19 ans. Ses professeurs « garants », auprès de qui il a étudié jusque là, sont Gabriel-Jules Thomas et Jean-Antoine Injalbert.

Les années militaires et les secousses de la Grande Guerre

De 1909 à 1911, le jeune Charles effectue son service militaire, délaissant quelque peu l'atelier.

Dès son plus jeune âge, Charles est sensibilisé par sa mère à la cause animale[note 1], notamment avec la toute jeune création de la Ligue de protection des animaux. Pour Charles, on se doit d'honorer les animaux. Cela sera une de ses principales sources d'inspiration dans ses sculptures. En témoignent ses représentations de lévriers, éléphants, tigres, ibex, canards, entre autres.

Le , Charles épouse Anne-Hélène Sinnen à Évreux, dans l'Eure[6]. Charles quitte alors le 5, rue Charlot et emménage avec sa femme au 82, rue de Montreuil.

Cette même année, il expose pour la première fois au Salon des artistes français. Il présente dans la section Gravure en médailles et pierres fines, un cadre contenant des médailles, l'une représentant un portrait, l'autre, un Christ selon Holbein[7].

Il expose une deuxième fois en 1914 une vitrine contenant une sculpture en plâtre intitulée Un singe aux lunettes[8].

En août de cette même année, à vingt-six ans, il doit répondre à l'Ordre de Mobilisation. En , sur la ligne de front à Bixechoote, en Belgique, il est blessé par balle à la cuisse gauche. Très vite, sa santé se dégrade, et dès 1916, il passe à la 23e section d'infirmiers. Réformé temporairement en , puis en 1919, il reçoit une pension d'invalidité dès 1920 pour sa blessure par balle. En 1922, son état général toujours très altéré et les conséquences de sa blessure lui valent l'obtention d'une pension permanente. Dorénavant, Charles doit composer avec des céphalées, une atonie gastro-intestinale et une cicatrice de « blessure en séton », ayant entraîné une amyotrophie de la cuisse[9].

Bilan : la Grande Guerre et ses conséquences ont entravé de façon certaine l'épanouissement de la carrière artistique du jeune artiste.

Au sortir de la Grande guerre, Charles exerce son art à Clermont-Ferrand au sein de la « Maison Charles Charles, Boiseries Meubles et Sièges - Achats Antiquités Commission », la plus ancienne maison de sculpture de Clermont-Ferrand, située Place du Terrail, anciennement sise rue Thomas[note 2]. Avec le titre de « sculpteur expert », Charles Charles est « Conseiller Prud'homme, Membre du Jury d'Etat Départemental »

Ses années « Art déco »

Il faudra attendre 1928 pour que Charles Charles expose de nouveau au Salon des artistes français[10]. En 1928, il présente dans la Section Gravure en médailles et sur pierres fines un cadre contenant plusieurs médailles en bronze[note 3].

En 1930, Charles Charles expose à nouveau au Salon des artistes français une statuette de chien en plâtre, intitulée Skye-terrier[11].

Durant cette période, il s'associe à des grands noms de la fonderie française, comme ceux de René Jean Patrouilleau au 5, rue Anastase, Paris 3e, Paul François Louchet, et Max Le Verrier, qui devient un ami proche[12]. Tous trois éditeront ses œuvres signées, style « Art déco ». Pour la maison Patrouilleau, ce sera notamment une sculpture en bronze à patine brune, représentant des lévriers greyhounds en pleine course. Avec Paul François Louchet, ce sera, entre autres, un bronze à patine dorée, intitulé Les Canards.

Vers 1930, il collabore également avec Max Le Verrier, pour sa danseuse au cerceau, intitulée La Bayadère, en métal d'art patiné sur socle en marbre noir. On retrouve également à cette période, deux signatures de Charles Charles pour Max Le Verrier, éditeur, avec L'Appel et La Chevauchée.

En , il quitte son atelier du 82, rue de Montreuil à Paris et s'installe à Saumur, au 15, rue Gambetta. Sa carrière artistique se poursuit dès lors dans le Maine-et-Loire. Au sortir de la seconde guerre mondiale, il y est toujours domicilié.

Puis, il s'installe dans le sud de la France, où sa femme décède, à Aubenas en Ardèche, en 1975.

Il décède à Valence, dans la Drôme, le [13].

Principales œuvres

Notes et références

Liens externes

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