Charles Cheynet

From Wikipedia, the free encyclopedia

Charles Cheynet (Montélimar, Lyon, ) est un médecin[1], magistrat[2], érudit[3], mathématicien et musicologue[3] français, l'un des fondateurs, en 1700, de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon[4].

Né à Montélimar le et baptisé le même jour en la collégiale Sainte-Croix, Charles Cheynet est le fils d'un autre Charles Cheynet (1619-1685), receveur des tailles en l'élection de Montélimar et de Florence Lafoy. Sa famille est établie depuis la première moitié du XVIe siècle dans la région de Montélimar[5].

Carrière civile et littéraire

Charles Cheynet devient médecin et précepteur de M. de Micha de Bursin, futur conseiller au parlement de Grenoble. Installé de bonne heure à Lyon, il y est tout d'abord inspecteur à la Grande Douane[6] puis successivement conseiller (1704) et président en la Cour des Monnaies[7]. Dès 1700[8], il est à l'origine – aux côtés, notamment, de ses amis Camille Falconet et Laurent Dugas, ainsi que de Claude Brossette – de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon[9],[10], dont il sera doyen en 1757, puis, en 1759, le doyen des académiciens vétérans[11] et à qui il lèguera ses manuscrits. Certains se trouvent encore, de nos jours, dans les archives de l'Académie de Lyon[note 1].

Prises de positions lors de la querelle des Anciens et des Modernes

Il adoptera, durant les controverses issues de la querelle des Anciens et des Modernes – lesquelles agitent encore les milieux académiques au début du XVIIIe siècle –, une position nuancée, soutenant par exemple la supériorité des anciens dans l'art de la sculpture mais la leur déniant en musique. Sur ce dernier objet, membre de l'Académie du Concert de Lyon et correspondant de Jean-Philippe Rameau, il consacre nombre de ses travaux à l'harmonie[13]. Ainsi est-ce lui qui, le premier – lors de son discours du , prononcé devant les académiciens lyonnais –, établit la théorie de l'authentique génération de la tierce mineure, prouvant mathématiquement – contre ce que venait d'avancer Rameau dans sa Démonstration du principe de l'harmonie, publiée en 1750« que la tierce mineure naît comme tous les autres accords de la basse fondamentale et qu'elle ne lui est pas étrangère, ni contre l'ordre naturel »[14].

Membre de l'Académie de Villefranche en janvier 1728 – à l'instigation de son ami François Bottu de Saint-Fonds[15] –, membre de la "Société du Concert" et de la "Société Royale" ou "Académie des Beaux-Arts de Lyon" en 1736, académie dont il est, en 1752, déclaré vétéran[16], il voue la totalité de son existence à des travaux scientifiques ou d'érudition.

Décès

Il meurt à Lyon, en la paroisse Saint-Paul, le , âgé de près de quatre-vingt-quinze ans. Il est inhumé le lendemain dans un caveau de l'ancienne église Saint-Laurent[6] – aujourd'hui détruite.

« On a informé l'Académie du décès de Monsieur Cheinet, Doyen des académiciens vétérans, mort dans cette ville le ... décembre dernier, âgé de quatre vingt seize ans et onze mois, étant né à Montélimar le ... janvier 1666. Il avoit été du nombre de ceux qui avoient jetté les premiers fondements de l'Académie de Lyon. Il a fourni en philosophe chrétien la carrière d'une longue vie. Les jours en ont été sereins, et il a joui sans interruption d'une santé vigoureuse et de l'estime d'un grand nombre d'amis que la droiture de son cœur et la solidité de son esprit lui avoient justement acquise » – rapporte le procès-verbal de la séance de l'Académie de Lyon du mardi [17].

Lors de la séance du mardi , l'éloge de Charles Cheynet est prononcé par Jacques-Annibal Claret de La Tourrette de Fleurieu (1692-1776) – comme lui président de la Cour des Monnaies de Lyon –, lieutenant criminel, prévôt des marchands et commandant pour le roi en la ville de Lyon de 1740 à 1745, secrétaire perpétuel de l'Académie depuis 1736[18]. Le président de Fleurieu est le père du futur ministre de la Marine de Louis XVI, ainsi, notamment, que de Marc Antoine Louis Claret de La Tourrette de Fleurieu, savant auteur des Démonstrations Élémentaires de Botanique[19].

Œuvres manuscrites

Liens externes

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI