Charles Hamilton (guérisseur)

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Mary Hamilton
Biographie
Naissance

Charles Hamilton est un guérisseur écossais et le premier cas documenté sous la dénomination de female husband (mari féminin) dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, une personne transformiste qui née Mary Hamilton, vit en tant qu'homme sous le nom de Charles Hamilton[1] et épouse légalement une femme nommée Mary Price. Lorsque Price commença à douter de la virilité de Hamilton, Hamilton fut poursuivi pour vagabondage et condamné en 1746 à une flagellation et à six mois de prison.

Les dossiers qui subsistent de l'affaire indiquent que Hamilton a été poursuivi pour vagabondage, mais en réalité c'est le fait qu'il ait eu des relations sexuelles avec pénétration et une intimité sexuelle qui étaient en jeu, incitant l'opinion publique à demander une punition sévère pour ce qui était considéré comme une tromperie[2].

Les journaux de l'époque affirment qu'il s'est marié 14 fois. Un compte-rendu de 1746 dans le The Newgate Calendar donne d'autres détails controversés[3].

Henry Fielding publie un récit romancé[4] de l'affaire sous le titre The Female Husband. Le terme female husband devient ensuite courant dans la presse américaine et britannique pour documenter des comportements qui seront plus tard stigmatisés par les sexologues[2],[5].

Hamilton n'est pas le premier « female husband » documenté, mais c'est la première fois que le terme est employé pour décrire une personne assignée femme à la naissance épousant une femme et étant décrite comme une female husband.

Hamilton est né à Somerset et a grandi en Écosse. Ses parents sont William et Mary Hamilton. À l'âge de 14 ans, Hamilton commence à porter des vêtements masculins empruntés à son frère.

Hamilton étudie avec deux médecins pendant son apprentissage. L'un d'eux est le Dr Edward Green, qui se présente comme un « opérateur et occultiste » mais est surtout connu comme guérisseur. Hamilton aide Green à produire les composés médicaux de ses remèdes, à collecter les fournitures nécessaires et à vendre les remèdes pour diverses maladies : cancer, lèpre, fistules et scorbut. À cette époque, les médecins itinérants étaient parfois bien considérés, et le Dr Green offre même ses services dans le cadre de l'application des Poor Laws pour soigner les personnes pauvres de diverses maladies, dont la fistule, tout en étant payé deux guinées[2].

Après avoir servi le Dr Edward Green pendant deux à trois ans, Hamilton est employé par le Dr Finley Green pour la dernière année d'apprentissage[2].

Hamilton commence à travailler en offrant ses services en tant que guérisseur, tout en voyageant et en vendant des médicaments et des conseils médicaux dans le sud-ouest de l'Angleterre, vêtu de vêtements pour hommes, portant des jabots, des culottes et une perruque. À l'époque, le roi George II faisait face à la rébellion et à la guerre des Jacobites des Highlands écossais. Il a fait adopter le Dress Act (en) interdisant aux hommes écossais de porter leur tenue traditionnelle et les armes traditionnelles des Highlands. Les vêtements de Hamilton étaient considérés comme typiquement britanniques, contrairement aux traditions écossaises, ce qui pouvait également être considéré comme un choix culturel conscient[2]. Voyager signifie qu'Hamilton pouvait facilement changer de lieu en cas de suspicion, et son travail lui permet de vivre décemment[2].

Hamilton loue une chambre à une veuve nommée Mary Creed et entame une relation amoureuse avec sa nièce Mary Price. Le , Charles Hamilton épouse Mary Price à Wells, en Angleterre[2]. Le couple voyage ensemble pendant deux mois, avant que Mary Price ne décide qu'elle a été trompée, Hamilton faisant croire qu'il était un homme, et elle dénonce son mari aux autorités de Glastonbury. Hamilton est arrêté et jugé pour fraude[2].

Avant cela, le couple avait eu de nombreux rapports sexuels avec pénétration, et les historiens se sont demandé comment cela pouvait être possible. Les suppositions sont diverses, partant du fait que Price pouvait être une vierge ignorante des questions sexuelles, ou qu'Hamilton ait utilisé des godemichets ou ses mains pendant les rapports sexuels pour la pénétrer. Cette pratique satisfait Price pendant des mois avant qu'elle ne commence à remettre en question la virilité de son mari[2].

L'affaire judiciaire

En 1746, Hamilton est référé aux Quarter Sessions d'été à Taunton, Somerset[6],[7]. Selon le rapport du journal local, « Il y eut un grand débat pendant un certain temps au tribunal sur la nature de son crime et comment le dénommer, mais il a finalement été convenu qu'elle devrait être accusée de fraude »[4]. Au moment du procès, il n'y a pas de procédure légale claire pour engager des poursuites dans de tels cas. Les dossiers montrent que ce n'était pas tant le fait que Hamilton s'habillait et travaillait comme un homme qui posait problème, mais plutôt le fait d'avoir eu des relations sexuelles avec pénétration en endossant le rôle d'un homme.

Hamilton est inculpé en vertu de la loi sur le vagabondage de 1744. Cet acte visait à poursuivre le manque d'emploi ou les attitudes considérées trompeuses, principalement liées à des moyens trompeurs d'acquérir de l'argent. Cependant, les charges retenues contre les personnes poursuivies pour vagabondage étaient vagues et diverses, et elles étaient perçues comme un moyen de maintenir l'ordre en restreignant la mobilité des populations pauvres et en consolidant des normes de genre et de sexualité qui n'étaient pas précisément nommées[8],[9],[2]. De fait, Hamilton est détenu avec des hommes accusés de crimes de bâtardise ou de contrevenir à un règlement sous la garde de William Hodges. Les autorités souhaitent contrôler la mobilité et la sexualité des personnes étrangères à la communauté, craignant qu'ils n'assument pas leurs responsabilités envers les femmes et les enfants que ces hommes avaient. Le cas de Hamilton est le seul qui n'implique pas une situation de paternité, d'argent ou de bâtardise[2]. Au cours du procès, des membres de la communauté de Hamilton écrivent une lettre au greffier demandant une punition sévère. Ils veulent s'assurer que Hamilton ne puisse plus jamais revêtir l'apparence d'un homme et les humilier publiquement[10].

Dépositions

Déposition de Charles Hamilton

Selon la propre déposition de Hamilton, il est né à Somerset, et est l'enfant de Mary et William Hamilton. Sa famille déménage en Écosse. Quand il a quatorze ans, il utilise les vêtements de son frère pour se faire passer pour un garçon, et se rend dans le Northumberland pour entrer au service du Dr Edward Green (décrit dans la déposition comme un « guérisseur ») et plus tard de Dr Finey Green. Il étudie pour devenir « médecin guérisseur » en tant qu'apprenti des deux praticiens sans licence. En 1746, il s'installa à Wells et fonde son propre cabinet médical sous le nom de Charles Hamilton. Il rencontre Mary Price, une parente de sa logeuse, qu'il épouse en . Le mariage dure deux mois avant que le soi-disant « vrai sexe » de Hamilton ne soit découvert et Hamilton est arrêté[11].

Déposition de Mary Price

Une déposition de Mary Price indique qu'après le mariage, elle et Hamilton voyagent pour vendre des médicaments. Pendant le mariage, Hamilton « entre plusieurs fois dans son corps, ce qui fait croire à cette personne, dans un premier temps, que Hamilton est un homme véritable, mais elle a bientôt des raisons de penser que Hamilton n'est pas un homme, mais une femme ». À Glastonbury, Price confronte Hamilton, qui admet la vérité. Price signale l'affaire et Hamilton est arrêté[11].

Condamnation

Les juges rendent leur verdict : « le prisonnier au barreau est un tricheur rare et notoire, et nous, la Cour, la ou le condamnons, quel qu'il soit réellement, à être emprisonné six mois, et pendant ce temps à être fouetté dans les villes de Taunton, Glastonbury, Wells et Shepton Mallet. »[3],[2].

Le rapport dans le Newgate Calendar conclut «Et Mary, monopolisatrice de son propre sexe, est emprisonnée et fouettée en conséquence, dans la rigueur de l'hiver de l'année 1746.»[3].

L'affaire judiciaire est représentative de la pression exercée par la communauté pour déclencher une réponse juridique des tribunaux pour punir l'intimité sexuelle en dehors du mariage et pour stabiliser les différences sexuelles dans un contexte où il n'y a pas d'infractions juridiques claires définies par les lois existantes pour les cas de « female husbands ». Hamilton devient le premier cas connu de femme trompant une autre femme dans un mariage frauduleux[2].

Rapports de journaux

En plus des propres dépositions de Hamilton et Price, il existe plusieurs rapports sur l'affaire dans le journal local, le Bath Journal. Le premier d'entre eux indique qu'après que la nouvelle de l'arrestation ait été diffusée, de nombreuses personnes se sont rendues à la prison pour jeter un coup d'œil à Hamilton, qui aurait été très « audacieux et impudent ». Il est ajouté qu'« il est publiquement dit qu'elle a trompé plusieurs membres du beau sexe en les épousant »[11]. L'auteur promet de faire une nouvelle enquête sur ces allégations pour un compte-rendu ultérieur[11]. Un autre article indique que Hamilton est né à Yeovil. Un autre encore affirme qu'au procès, le procureur, M. Gold, avait allégué dans sa déclaration liminaire que Hamilton s'était marié quatorze fois[11].

Le dernier article est publié dans le Daily Advertiser le , où il est probablement lu par Henry Fielding[11].

Quelques mois plus tard, l'affaire est reprise par la presse américaine. Le Boston Weekly Post publie l'article en indiquant la difficulté du tribunal à nommer et à définir le crime :

Mary Hamilton a été jugée pour avoir prétendu être un homme et avoir épousé 14 femmes, dont la dernière, Mary Price, a déposé devant le tribunal qu'elle était mariée au prisonnier et qu'elle avait vécu comme mari et femme pendant un quart d'année, temps pendant lequel elle a pensé que le prisonnier était un homme, en raison des pratiques viles et trompeuses du prisonnier. Après un débat sur la nature du crime et comment le qualifier, il a été convenu qu'elle était une tricheuse notoire peu commune, et elle a été condamnée à être fouettée publiquement.

L'histoire de Hamilton fait sensation en raison de l'affirmation (fausse) selon laquelle il aurait eu 14 femmes, ce qui rend l'histoire très visible. Il était laissé à l'imagination du lectorat de deviner ce que pouvaient être les « pratiques viles et trompeuses », car elles n'étaient pas définies avec précision.

La version de Fielding : The female husband

Voir aussi

Notes et références

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