Charles Jean d'Hector
From Wikipedia, the free encyclopedia
à Fontenay-le-Comte
à Reading
| Charles Jean d'Hector Comte d'Hector de la Cheffretière | ||
Portrait du comte d'Hector | ||
| Naissance | à Fontenay-le-Comte |
|
|---|---|---|
| Décès | (à 86 ans) à Reading |
|
| Origine | Français | |
| Allégeance | ||
| Arme | ||
| Grade | Lieutenant général des armées navales Colonel du Régiment d'Hector Vice-amiral dans l'armée des Princes |
|
| Années de service | 1741 – 1795 | |
| Conflits | Guerre de Sept Ans Guerre d'indépendance des États-Unis Guerres de la Révolution |
|
| Faits d'armes | Bataille des Cardinaux Bataille d'Ouessant Expédition de Quiberon |
|
| Distinctions | Grand-Croix de Saint-Louis | |
| Autres fonctions | Directeur général du port et de l'arsenal de Brest Commandant de la Marine à Brest Membre de l'Académie de marine |
|
| Famille | Jeanne Baron de la Haye-Montbault (première épouse) Jaquette de Kerouartz (seconde épouse)
Georges Hector de Tirpoil (petit-neveu) |
|
| modifier |
||
Charles Jean d'Hector, comte d'Hector, né le à Fontenay-le-Comte (Vendée actuelle) et mort le à Reading, près de Londres, est un aristocrate et officier de marine français du XVIIIe siècle. Orphelin de père jeune, il entre tôt dans la marine royale et commence à servir pendant la guerre de Sept Ans, notamment lors de la bataille des Cardinaux. À la suite de ce combat, il sauve — en compagnie du chevalier de Ternay — une partie de la flotte française qui s'était réfugiée dans la Vilaine. Il est promu capitaine de vaisseau puis chef d'escadre au début de la guerre d'indépendance des États-Unis. Nommé commandant de la Marine et du port de Brest, il assiste le Ministre de la Marine, le maréchal de Castries, dans ses réflexions sur la réforme de la Marine. Il reçoit la visite du futur tsar de Russie Nicolas Ier et de sa famille, ainsi que celle de Louis XVI venu inspecter le port de Cherbourg.
Sa pupille Melle Georgette de Kerouatz épouse au printemps de 1784 Paul Fleuriot de Langle.
Il termine sa carrière au grade de lieutenant général des armées navales de la Marine royale sous Louis XVI puis de vice-Amiral à l'armée des Princes. Lorsque la Révolution française éclate, il émigre en Angleterre où, malgré son manque de ressources, il monte un régiment de volontaires, le Régiment Hector ou Marine Royale qui participe à l'expédition de Quiberon en 1795. Il meurt en exil en Angleterre en 1808, à l'âge de 86 ans.

Origines et jeunesse
Charles Jean d'Hector descend de la Maison d'Hector, une famille noble originaire d'Anjou, connue antérieurement à 1534. Sa famille possédait les seigneuries de Tirpoil, Versigay, Marle, Beaumont et Closemont.
Né le à Fontenay-le-Comte, il est si faible en venant au monde, que l'on craint qu'il ne vivrait pas et il est ondoyé dans la maison paternelle dans la crainte de hâter sa fin en le transportant à l'église pour y recevoir le baptême[1]. Son père, officier de marine, est tué au Canada en 1731, laissant Charles-Jean, comte d'Hector, orphelin de père de bonne heure. Après des études primaires dans la petite école de Saint-Georges-de-Montaigu[1], il embarque à Rochefort, le , dès l'âge de treize ans comme cadet. Il prend part à plusieurs campagnes avant d'entrer comme garde-marine à Rochefort le . Il est promu aide d'artillerie le avant d'opter pour la marine le . Il reçoit un brevet de lieutenant de vaisseau le , et obtient la même année le commandement d'une frégate, La Pomone, et participe à la guerre de Sept Ans. Le de l'année suivante, il est promu aide-major.
Guerre de Sept Ans (1756-1763)

Après avoir croisé sur les côtes de la Méditerranée et fait la chasse aux pirates barbaresques, Charles d'Hector venait d'être nommé aide-major du port de Brest, quand la défaite du marquis de Conflans, mis en déroute par l'amiral Hawke, lui fournit l'occasion de s'illustrer[2]. À l'issue de la bataille des Cardinaux, sept vaisseaux français et quatre frégates avaient, à la faveur de la marée, remonté la Vilaine et trouvé refuge dans les anses de cette rivière. Témoin de cette évasion, l'amiral Boscawen bloque l'embouchure de la Vilaine, guettant la sortie des navires et prêt à attaquer les fuyards. Pour braver cet ennemi, et sauver les vaisseaux réfugiés dans la Vilaine, un des plus brillants officiers de marine d'alors, le chevalier de Ternay, le futur convoyeur du corps expéditionnaire du comte de Rochambeau, est désigné pour mener à bien cette mission[2]. Le gouverneur de Bretagne, le duc d'Aiguillon, fait appel à lui. Mais Ternay n'accepte cette mission qu'à condition d'être accompagné par le comte d'Hector. Au bout de deux ans et demi de luttes contre les éléments et contre les hommes, d'Hector et Ternay parviennent à tromper Boscawen et à ramener intacts les vaisseaux Le Brillant et L’Éveillé convoités par les Anglais[2]. Puis il réussit à sortir les 4 vaisseaux restés intacts dans la Vilaine. Il est fait chevalier de Saint-Louis en 1760 et promu capitaine de vaisseau le .
Guerre d'indépendance des États-Unis
En 1778, placé à la tête de L'Orient, un vaisseau de 74 canons, le capitaine d'Hector, participe au combat d'Ouessant le , sans parvenir à influer sur l'issue de cette bataille indécise[3]. Il reçoit néanmoins les félicitations du comte d'Orvillers. Quelques mois plus tard, le , une Ordonnance royale nomme Charles d'Hector chef d'escadre et lui confère, presque aussitôt, le , le commandement supérieur du port de Brest[3]. Il joue un rôle essentiel dans la mobilisation navale que connait Brest pendant la guerre d'indépendance des États-Unis. Cette magistrature maritime donne à cet officier général la direction et l'entretien de tous les mécanismes du service naval, ce qui va faciliter la préparation de l'escadre de Ternay destinée à transporter le corps expéditionnaire de Rochambeau. Les navires sont ainsi doublés de cuivre, ce qui améliore leur rapidité. Le , l'escadre de Ternay quitte Brest, pendant ce temps Hector, sur rade, active les retardataires.
Commandant de la Marine à Brest


Le , le comte d'Hector est nommé Commandant de la Marine au département de Brest, à la suite de la démission qu'avait donnée le comte de Guichen de ces fonctions. La gestion du port se révèle difficile par l'encombrement car le départ le de l'expédition de Guichen semble un soulagement qui se termine en drame. Le convoi est attaqué dans le brouillard par l'amiral Richard Kempenfelt, une tempête empêche Guichen de récupérer les bateaux, retour au port. C'est dans ce contexte que les bateaux de J-J Carrier de Montieu, armés par Jean Peltier Dudoyer arrivent à Brest pour transporter au Cap de Bonne-Espérance la Légion du Luxembourg. Ces navires loués par la VOC, bien que français sont considérés comme des "hollandais". Ils sont sous la protection de l'Appollon, commandé par le jeune Nicolas Baudin, mais à sa grande déception Hector lui préfère un officier de la Cie des Indes René de Saint-Hilaire. Le , le convoi complet avec des renforts pour Suffren quitte Brest sous la protection de l'escadre de Peynier.
Quand le duc de Castries prépare ses fameuses Ordonnances sur la Marine, l'expérience et le savoir du comte d'Hector lui sont utiles. Il envoie de nombreuses lettres pour solliciter l'avis du Commandant de Brest sur l'administration maritime, sur l'outillage des ports, sur les constructions navales, sur le personnel combattant, etc[3]. Il réside pendant cette période au château de Lézarazzieu, près de Landivisiau[3].
Le , le Ministre de la Marine écrit à d'Hector[3] :
« La confiance que je sais qui vous est due vous sera peut-être à charge par l'excès de celle que je vous marquerai, mais, comme elle n'a pour but que le service du Roi, je ne pense pas que vous la trouviez indiscrète. »
Cette confiance lui vaut de nombreuses jalousies au sein du corps des officiers généraux quand, sur la demande du duc de Castries, d'Hector, déjà promu lieutenant général le , avait obtenu, par brevet du , le cordon rouge de commandeur l'ordre royal et militaire de Saint-Louis[4] avec une pension de 3 000 livres sur le budget de l'ordre[5]. La baronne d'Oberkirch, qui visite Brest au mois de , en compagnie du grand-duc Paul de Russie et de la grande-duchesse Marie de Wurtemberg, reçoit la confidence de ces rancunes[4],[Note 1]. Si le tsarévitch ne prend pas garde aux bruits des salons, Louis XVI s'en préoccupe encore moins. Le jour où le Roi décide de visiter le futur port militaire de la Manche, le commandant d'Hector est invité par le maréchal de Castries à se rendre, avec son camarade, le commandant d'Albert de Rions, à Cherbourg, pour y recevoir le souverain et le renseigner sur les constructions et les travaux nécessaires à la défense du littoral normand contre les attaques éventuelles de l'Angleterre[4]. En quittant Cherbourg, Louis XVI charge le comte d'Hector d'inspecter les principales citadelles maritimes et de lui soumettre ensuite un plan de réformes en vue d'unifier les commandements et de coordonner les emplois[4].
En 1785 il contribue activement à la préparation de l'expédition de La Pérouse.

Émigration et combat contre-révolutionnaire depuis en Angleterre
Lorsque la Révolution française éclate, il demande à être relevé de ses fonctions le en raison de l'hostilité du Conseil de la ville de Brest à son égard. Il entend l'appel des princes et émigre à Coblentz en , il y reçoit le commandement du Corps de la marine royale, exclusivement composé d'officiers de marine. Privé de ressources, il en appelle au tsar de Russie qu'il avait jadis rencontré et qui par deux fois lui fait remettre de l'argent[Note 2]. Il est nommé vice-amiral par les princes le .

Lettre du Comte d'Artois préparation de Quiberon : Osnabruck 12 février 1795, louant le zèle d’Hector « pour le succès de notre cause. La composition de votre corps, et la compagnie de 100 officiers qui y est jointe, peut et doit être considéré comme le noyau précieux de la Marine françoise, et ce corps aussi respectable qu’utile vous aura une obligation que le Régent et moi n’oublierons jamais »…
À la fin de la campagne, ce corps fut licencié ; mais il est réorganisé deux ans plus tard, en , en Angleterre, et le comte d’Hector en est de nouveau nommé colonel. Le comte d'Hector compose son régiment avec des marins qui avaient émigré, et le porte à 600 hommes. Ce régiment est appelé Régiment Hector ou Marine Royale lors de l'expédition de Quiberon. Mais alors qu'il faisait route vers la Bretagne, il apprend le désastre de l’expédition (). D’Hector avait alors 73 ans, et « il lui fallait renoncer à l’espoir qu’il avait eu de mourir sur le champ de bataille[6] ».
A Auray à la suite du désastre de Quiberon un Mausolée fut édifié en marbre blanc dans une chapelle sépulcrale, sur le caveau où sont réunis les ossements des émigrés fusillés en 1795, qui porte l'inscription en latin : "Quiberon XXI Julh MDCCXCXV W Pro Deo, Pro Rege nefarie trucidati" ("Quiberon le , indignement immolés pour Dieu et pour le Roi"). Sur les trois côtés du soubassement, on lit les noms de 952 victimes (de la marine Hector et chouans). Le , Madame Royale, Duchesse d'Angoulême, seul enfant survivant de Louis XVI et de Marie-Antoinette pose la première pierre de la Chartreuse, du monument de Quiberon dit aussi chapelle sépulcrale, destiné à abriter le Mausolée.


Les officiers portent l'habit long (veste à l'autrichienne, les pans de devant retroussés, en drap rouge), veste et culotte blanches de toile, botte à l'anglaise avec retroussés de cuir jaune. Lorsqu'ils portent l'épée en baudrier, leur bandoulière est ornée d'une plaque ovale de bronze doré, ornée d'une fleur de lys florencée gravée en creux, dans le haut, l'inscription « HECTOR »
Il se retire, près de la ville de Reading, à treize lieues de Londres, et c’est là qu’il meurt, le , à l’âge de 86 ans. Il avait épousé, à Brest, le , Marie-Jacquette de Kerouartz, veuve d'Alain-François Le Borgne de Keruzoret, chef d'escadre[Note 3].