Ici, Antoine Coysevox cherche à rendre la véracité des traits du personnage. On sent les chairs qui s'affaissent. Mais son objectif est de rendre la grandeur du personnage, l'homme le plus important de la scène artiste de l'époque. Pour cela, il le vêt avec élégance, avec une fine chemise plissée. Il lui donne un camé antique et un grand drapé pour lui donner de l'ampleur et magnifier la figure du personnage. C'est aussi une revendication sociale frappante. Il est représenté en aristocrate, au-dessus des artisans. Le drapé est sans doute inspiré de celui du buste de Louis XIV par Le Bernin. La chevelure, une perruque, accentue la force visuelle. Coysevox prolongera cet effet esthétique dans la chevelure du Grand Condé où la sagesse de la perruque aura complètement disparu au profit d'une réelle tignasse. Celle de Le Brun est plus artificielle en somme. Le torse est lui positionné de face, et le visage est déporté sur la droite afin d'ouvrir la composition. Un visage déterminé mais légèrement inquiet, qui traduit les responsabilités qui incombent à Charles Le Brun.