Charles Péan

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Naissance
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Neuilly-sur Seine
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 90 ans)
Neuchâtel
Nationalité
Père
Adolphe Jean Baptiste Péan
Charles André Péan
Charles Péan et sa famille, en 1933.
Biographie
Naissance
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Neuilly-sur Seine
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 90 ans)
Neuchâtel
Nationalité
Père
Adolphe Jean Baptiste Péan
Mère
Anna Evangelina Ellis
Conjoint

Marie Suzanne Pascale Chaligne (1929- )

Rosa Marie Gisin (1976-1991)
Autres informations
Membre de
Distinctions

Charles Péan (1901-1991) est un officier franco-suisse de l'Armée du salut qui consacra une partie de sa vie à aider les bagnards et anciens bagnards de Cayenne et qui contribua à faire fermer le bagne de Guyane. Il a aussi été chef de territoire de l’Armée du salut en France de 1957 à 1966, puis en Suisse jusqu'en 1971.

Jeunesse et formation

Né à Neuilly-sur-Seine[1] le , Charles Péan est issu d’une famille genevoise par son père et galloise par sa mère, baptisé catholique et converti au protestantisme en à la maison de l’Armée du salut rue de Charonne, à Paris. Il est le petit-fils d’un banquier genevois. Sa mère, Anna Evangelina Ellis, dite Éva Péan-Pagès, est Juste parmi les nations.

Il passe son enfance entre la France et l'Algérie élevée par une mère seule qui lui inculque la foi protestante. Il suit une école d'agriculture coloniale en Algérie (française), puis travaille comme ouvrier agricole pendant quelque temps chez un cultivateur neuchâtelois.

Il entre à l'Armée du Salut pour participer en tant que chauffeur à une mission d'évangélisation en Franche-Comté.

Un quart de siècle au service des bagnards de Guyane

En 1928, il est envoyé à Cayenne pour enquêter sur la situation, où, en un mois, il découvre l’horreur du bagne, les 12 000 bagnards en cours de peine et 2 400 détenus libérés livrés à eux-mêmes, dont 1 100 sont considérés comme « perdus en brousse ». Trois cents se trouvent à Cayenne, dont seulement une partie (les « vernis ») a un emploi tandis que les autres (les « déchets »), sont alcooliques (victimes du « tafia »), clochardisés et abandonnés. Parmi les bagnards, il y a quelques compatriotes de Charles Péan, condamnés à tort ou à raison pour espionnage ou intelligence avec l'Allemagne durant la Première Guerre mondiale, qui se trouvent dans les cages-prisons de l'île du Diable, aux îles du Salut, là même où le capitaine Dreyfus avait été enfermé.


Il faudra attendre 1933 pour que les salutistes soient officiellement autorisés à travailler auprès des bagnards. En attendant, Charles Péan soigne un paludisme et une tuberculose contractés lors de son voyage et surtout s’occupe des détenus libérés, commençant par créer une colonie agricole. Sa formation agronomique s’avère précieuse, car il sait comment défricher et mettre en culture une terre. Cette activité, et quelques autres, permet aux anciens détenus de gagner de quoi se payer le voyage de retour vers la métropole. Il faut pour cela travailler quelques années car la somme, plusieurs milliers de francs, est importante. Charles Péan enseigne aux ex-détenus à planter des bananiers, cultiver des légumes, dont certains tels les carottes ou les haricots étaient jusque-là introuvables en région tropicale. Il leur fait aussi élever des porcs, les fait travailler dans une pêcherie qu'il a ouverte, leur fait récolter et vendre des œufs de tortues et des papillons rares (toutes espèces qui n'étaient pas encore protégées).


Les forçats libérés accourent de toute la Guyane dans les trois centres salutistes créés à leur intention. Certains « durs à cuire » se convertissent et distribuent des Évangiles. N'ayant, à la différence de l'église catholique, aucun lien avec l'administration pénitentiaire, l'Armée du salut était donc particulièrement appréciée des ex-bagnards.

Charles Péan fut donc le premier "humanitaire" autorisé par l’administration coloniale à visiter le bagne et à prêter assistance aux forçats. Il ne cessa, jusqu’à la fin de sa vie, de dénoncer cette impasse pénitentiaire qui transforme l’homme en « être abruti, désorienté, désocialisé, errant et désœuvré, finalement acculé au crime ou au vol pour ne pas mourir de faim ».

En 1937, il est nommé au grade de Chevalier de la Légion d'honneur[2].

En , il est élevé au grade d'Officier de la Légion d'honneur[3].

Le , il est élevé à la dignité de Grand Officier de l'Ordre National du Mérite[4].

Suite et fin de sa carrière

De retour en France, il est nommé commissaire-général, chef de territoire de l’Armée du salut en France de 1957 à 1966, puis en Suisse jusqu'en 1971. Retiré à Boudry, il décédera à Neuchâtel le [5] après avoir écrit plusieurs livres contant ses combats et ses souvenirs, et multiplié les conférences.

Œuvres

  • Terre de bagne, préface par Pierre Hamp, introduction par Albin Peyron, illustrations par Labarth, éditions La Renaissance moderne, Paris, 1930, réédité 1933
  • Le salut des parias / Charles Péan ; préf. de Pierre Hamp / 13 éd / Paris : Gallimard, 1935
  • Conquêtes en terre de bagne / Charles Péan ; Préface par le colonel W. Wycliffe Booth... / (Paris) : Éditions Altis, 1948
  • A-dieu-vat / Major Péan / Neuchâtel : Ed. Delachaux et Niestlé, 1973
  • Au gré du vent / Charles Péan / Yverdon : Ed. Cornaz, 1975
  • Quand Dieu se met à table / Charles Péan / Tournon : Édition Réveil, 1979
  • La fin du bagne de Cayenne : conférence donnée au Congrès de l'ASEV / par Charles Péan / Paris : Armée du Salut , 1987

Postérité

Notes et références

Liens externes

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