Charles Wautier

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Décès
Autres noms
Wautiers, Woutier, Woutiers, Waultier, Wauthier, Karel Wautier, Carolus Wautier
Activité
Charles Wautier
Biographie
Naissance
Décès
Autres noms
Wautiers, Woutier, Woutiers, Waultier, Wauthier, Karel Wautier, Carolus Wautier
Activité
Période d'activité
Fratrie
Autres informations
Mouvement
Œuvres principales

Charles Wautier, baptisé le à Mons et mort le à Bruxelles, est un peintre flamand de l'époque baroque, actif à Bruxelles dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Il est le frère de Michaelina Wautier (1614-1689), également peintre.

Il est le fils de Charles Wautier (15??-) et de sa seconde épouse, Jeanne George, native de Valenciennes[1] ou plus vraisemblablement de Mons[2] († ). Il fait partie d'une riche et ancienne famille de Mons, capitale du comté de Hainaut, dont les membres étaient, depuis le XVe siècle, échevins de la ville, conseillers, administrateurs ou militaires[1], et qui sera plus tard anoblie en « de Wautier ». Son père fut quelque temps au service du comte de Fuentes, gouverneur espagnol des Pays-Bas du Sud[3]. Aucun autre artiste n'est connu dans la famille en dehors de la sœur cadette de Charles, Michaelina, seule fille survivante connue d'une double fratrie de onze enfants[4], et on ignore pourquoi et comment tous deux sont devenus peintres. Wautier a d'abord été considéré comme un disciple de Rubens, mais il est plus probable qu'il ait étudié en dehors des Pays-Bas[5]  ce qu'il avait déclaré lors de son inscription à la Guilde de Saint-Luc de Bruxelles , par exemple en Italie, selon une possibilité évoquée par Katlijne Van der Stighelen (en)[6],[7].

Il part s'installer à Bruxelles en 1633, suivi vers 1638-1642[8] par sa sœur Michaelina, restée, comme lui, célibataire ; il est vraisemblable que les deux artistes partagent le même logement et travaillent dans un seul atelier[9]. Il arrive qu'ils soient pris pour mari et femme[10]. C'est à cette époque qu'ils auraient peut-être voyagé en Italie, en France et à Madrid[11].

Ce n'est qu'en 1651 que Wautier se fait enregistrer à la Guilde des peintres, batteurs d'or et souffleurs de verre de Bruxelles, une condition pour être autorisé à pratiquer officiellement sa profession ; il peut signer les tableaux qu'il vend et prendre des apprentis et des élèves[5],[a], dont aucun par ailleurs n'a fait de carrière remarquable. Comme portraitiste, Charles acquiert rapidement une grande notoriété auprès d'une clientèle de statut social élevé ; il reçoit des commandes des princes de Ligne, des princes de Croÿ, des comtes de Merode, des comtes de Grimbergen et d'autres familles nobles. Le duc d'York, futur roi Jacques II d'Angleterre, et l'archiduc Léopold-Guillaume d'Autriche le sollicitent pour faire leurs portraits en pied. En 1658, le peintre namurois Florent du Rieu, honorant en poésie ses contemporains peintres célèbres, dont une dizaine actifs à Bruxelles[b], lui dédie un quatrain élogieux, en le désignant expressément comme « peintre en portraits »[12],[13].

En 1662, Peeter Snayers, spécialisé en peinture de bataille, obtient de cinq peintres bruxellois renommés[c] des témoignages concernant la valeur d'une de ses œuvres[14]. Wautier fait partie des cinq, et, à la différence de ses collègues, rédige son certificat en français[15] ; ce manuscrit, conservé à Valenciennes, permet d'avoir un autographe du peintre[16],[17]. L'artiste signe toujours de son nom français Wautier, et il est connu comme « Monsieur » Wautier, mais d'autres l'orthographient Wauthiers, Woutiers, etc., ce qui compliquera les recherches et les attributions ultérieures, problème dont sera également victime Michaelina.

Tout indique que l'activité professionnelle des Wautier et leur situation financière sont florissantes. Charles et Michaelina achètent des terrains, une belle demeure avec dépendances proche de l'église Notre-Dame de la Chapelle pour leur habitation en 1668, puis plusieurs autres maisons dans le même quartier des Marolles et dans le quartier du Sablon[18].

Les derniers tableaux signés de Charles Wautier datent de 1685, tandis que Michaelina, décédée en 1689, semble s'être arrêtée de peindre dès 1659, ou peut-être ne faisait-elle plus qu'aider son frère. Ayant hérité de sa sœur, Charles ne se consacre plus qu'à ses affaires immobilières et financières[19]. Il meurt à Bruxelles en 1703 à 94 ans, resté célibataire et sans élève passé à la postérité.

Sa peinture

Wautier a surtout peint des sujets religieux et des portraits de personnalités de la noblesse flamande ou séjournant dans les Pays-Bas méridionaux, notamment des officiers au service de l'Espagne des Habsbourgs. Il se cantonne à ces deux genres picturaux "nobles" et délaisse le paysage, les scènes de genre et les natures mortes, considérés comme genres mineurs. Le portrait signé et daté de 1656 d'un homme vêtu sobrement d'un pourpoint noir s'écarte des habituelles figurations en costume d'apparat ou en armure ; l'homme en question pourrait être un ami, un parent ou le peintre lui-même[20]. Wautier n'aborde pas le très grand format, alors que sa sœur Michaelina s'y est distinguée avec son Triomphe de Bacchus commandé par l'archiduc Léopold-Guillaume. Par rapport à celle de sa sœur, la production de Charles apparait d'ailleurs moins variée et surtout moins originale, ce qui explique son relatif oubli comparé à l'intérêt croissant pour Michaelina depuis sa récente redécouverte[21],[22],[23], notamment à l'occasion de l'exposition "Michaelina: Baroque's Leading Lady" au MAS d'Anvers en 2018[24]. En portrait, sa manière se rapproche d'Antoine van Dyck, à qui certains de ses tableaux non signés ont été attribués, et de David Teniers II. Il montre cependant moins d'habileté dans la restitution des mains et des doigts[25]. Ainsi que l'envisagent Katlijne Van der Stighelen et Pierre-Yves Kairis, il est possible que les visages ou les chevelures aient parfois bénéficié de l'aide technique de sa sœur Michaelina[7],[26] et que les deux artistes aient plus d'une fois collaboré aux mêmes tableaux[27]. Van der Stighelen et Jahel Sanzsalazar relèvent les influences italiennes du Caravage, de Théodore van Loon et de Jusepe de Ribera dans les peintures religieuses[7],[28], qui comportent généralement un fond sombre et neutre et des effets de clair-obscur.

Quelques œuvres

Peinture religieuse

Peinture historique

La Mort de Sénèque.

Peinture mythologique

Portraits

Beaucoup d'autres portraits, disparus ou dans des collections privées, ne sont connus que par les gravures réalisées d'après les tableaux par Pieter de Jode II[48], Cornelis Meyssens, Joannes Meyssens et Cornelis Galle[49] :

Galerie

Exposition

Voir aussi

Notes et références

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