Charlie Hutchison

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Nom de naissance
Charles William Duncan Hutchison
Nationalité
Britannique
Charlie Hutchison
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Charles William Duncan Hutchison
Nationalité
Britannique
Activité
MilitaireVoir et modifier les données sur Wikidata

Charles William Duncan Hutchison, né le à Eynsham et décédé en à Bournemouth, est un militant antifasciste, militaire et secouriste britannique d’origine africaine, reconnu pour être le seul sujet britannique de couleur à s’engager au sein des Brigades internationales durant la guerre civile espagnole. Il figure parmi les volontaires les plus jeunes et les plus expérimentés, et constitue l’un des premiers anglophones à rejoindre ce corps armé[1]. Sa condition d’homme de couleur et son enfance passée dans un orphelinat contribuent à forger son engagement résolu contre le fascisme, qu’il met en œuvre notamment en coordonnant l’action de militants antifascistes lors de la bataille de Cable Street. À la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne contre l’Allemagne nazie, Hutchison s’enrôle dans l’armée britannique, où il sert de 1940 à 1946. Au cours de près d’une décennie, il participe à des opérations militaires visant diverses formations fascistes à travers le continent européen avant de fonder une famille en 1947 et de s’établir dans le sud de l’Angleterre, où il mène une existence paisible jusqu’à son décès.

Les investigations biographiques le concernant ne sont divulguées dans leur intégralité aux historiens qu’en 2019, à l’issue d’une initiative historique conduite par des élèves londoniens. Trois ans plus tard, une opération de levée de fonds est entreprise afin de financer l’édification d’une statue à son image au sein de la ville d’Oxford[2].

Orphelinat

Charlie Hutchison voit le jour le à Eynsham, localité située à l’ouest d’Oxford[note 1]. Il occupe la quatrième place parmi les cinq enfants de Lilly Rose Harper, native d’Eynsham, et de Charles Francis Hutchison, originaire de la Côte-de-l’Or, correspondant à l’actuel Ghana[4]. Son père se distingue comme auteur de The Pen-Pictures of Modern Africans et de African Celebrities.

À l'âge de 3 ans, Charlie Hutchison est inscrit comme étant en famille d'accueil[5].

Durant son enfance, Charlie voit son père se rendre fréquemment sur la Côte-de-l’Or avant de disparaître de manière inexpliquée, laissant la mère de Hutchison en proie à une situation de détresse matérielle et psychique aiguë Hutchison et l’une de ses sœurs sont provisoirement admis à l’orphelinat national de Harpenden[1], situé dans le Hertfordshire[1]. En 1933, après y avoir séjourné plusieurs années, Hutchison obtient l’autorisation d’en sortir et retrouve sa mère, qui réside alors à Fulham[4].

Adolescence à Londres

En 1935, Hutchison intègre le Parti communiste de Grande-Bretagne ainsi que sa branche juvénile, la Ligue des jeunes communistes, et prend la direction de la section locale de Fulham tout en exerçant la fonction d’aide-chauffeur. Durant sa jeunesse londonienne, il s’investit parallèlement dans l’Army Reserve. L’année suivante, il prend part à la bataille de Cable Street, mobilisé contre la British Union of Fascists[5].

Guerre civile espagnole

Charlie Hutchison se distingue comme l’unique ressortissant britannique de descendance africaine engagé dans le conflit de la guerre civile espagnole et pourrait constituer, selon les sources disponibles, le volontaire étranger britannique ayant assuré la plus longue continuité de service au sein des forces républicaines. Arrivé sur le sol espagnol à la fin de l’année 1936, il s’agrège aux Brigades internationales afin de combattre les troupes nationalistes, bénéficiant de l’appui de l’Italie fasciste et de l’Allemagne nazie. Les archives militaires consignent sa participation effective à au moins douze engagements d’envergure[6].

Bataille de Lopera

Devenu artilleur-mitrailleur, il se joint à une cohorte de militants londoniens, parmi lesquels Esmond Romilly, neveu de Winston Churchill, John Cornford, arrière-petit-fils de Charles Darwin, et Ralph Winston Fox, intellectuel affilié au Parti communiste[1]. À l’époque de son arrivée en Espagne, le bataillon britannique demeure incomplet ; il intègre alors la première compagnie, majoritairement constituée de Britanniques et d’Irlandais, au sein de la Brigade marseillaise de la XIVe Brigade internationale, structure principalement francophone[6].

En , Hutchison prend part aux affrontements de Lopera, un engagement de quarante-huit heures qui s'avère délétère pour la compagnie de Charlie. Sur un effectif initial de 145 combattants, seuls 67 rescapés sont dénombrés au terme de la confrontation[5]. Cette opération coûte la vie à ses coreligionnaires communistes Fox et Cornford, tandis que Hutchison y subit des sévices corporels d'une grande acuité[1]. Suivant le témoignage de Bill Alexander, issu du bataillon britannique, il récuse son rapatriement vers le Royaume-Uni et opte pour une affectation au sein du service de santé en qualité d'ambulancier[6].

Service ultérieur

Au cours du conflit, Hutchison endure de nombreuses contusions et lacérations provoquées par des éclats d’obus ainsi que des engelures sévères, tout en étant l’objet d’une entreprise de calomnie fomentée par le périodique Daily Mail[5].

En , la mère d’Hutchison saisit le gouvernement républicain afin d’obtenir son rapatriement forcé vers la Grande-Bretagne[6]. Hutchison sollicite un congé temporaire, mais la complexité logistique empêche son octroi. Malgré les garanties de ses supérieurs concernant son droit à un congé militaire, celui-ci demeure inexécuté. Il regagne le territoire britannique au début de l’année mil neuf cent trente-neuf grâce à l’intercession de la Croix-Rouge. Peu après son retour, il prend part à un convoi humanitaire destiné à lever des fonds pour l’assistance médicale au profit de l’Espagne républicaine[5].

Lorsqu'on lui a demandé pourquoi il avait combattu en Espagne, Hutchison a répondu : « Je suis métis, j'ai grandi à l'orphelinat et au foyer national pour enfants. Le fascisme signifiait la faim et la guerre. » [4]

Seconde Guerre mondiale

Vie d'après-guerre

Notes et références

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