La duchesse Charlotte-Frédérique grandit avec ses frères et sœurs à la cour de ses parents dans le Mecklembourg. C'est une enfant vive, qui n'est jamais inquiétée par des éducateurs stricts, fait ce qui lui convient sans formalités, trouve des amis parmi les domestiques et s'habille de vêtements bariolés, contrairement aux coutumes de l'époque[2].
Union avec Christian de Danemark
Portrait de Charlotte-Frédérique par Friedrich Erhard Wagener (1804).
Lors d'un grand voyage en Allemagne en 1804, le prince Christian-Frédéric de Danemark, fils du prince héritier Frédéric et petit-fils du roi Frédéric V, séjourne longtemps à la cour de son oncle à Schwerin, où il tombe amoureux de Charlotte-Frédérique. Ils sont cousins germains: le père de Charlotte-Frédérique est le frère de Sophie-Frédérique, la mère de Christian. Leur mariage a lieu le à Ludwiglust[3].
Portrait de Charlotte-Frédérique par Breda (1806).
Le jeune couple s'installe d'abord au château de Plön(de) dans le duché de Holstein, où, le , Charlotte-Frédérique donne naissance à leur premier enfant, un fils Christian-Frédéric, qui meurt le jour même de sa naissance
À partir de 1808, le couple vit à Copenhague, où il s'installe au palais Levetzau[note 1], un hôtel particulierrococo qui fait partie du complexe palatiale d'Amalienborg dans le quartier de Frederiksstaden au centre de Copenhague[2]. Ici, le , Charlotte-Frédérique donne naissance au seul enfant survivant du couple, le prince Frédéric-Carl-Christian, futur roi Frédéric VII, qu'elle appelle Frits tout au long de sa vie[2]. Comme résidence d'été, la petite famille bénéficie du plus petit et élégant palais de Sorgenfri, située sur les rives du petit fleuve Mølleåen à Kongens Lyngby(da) au nord de Copenhague.
Néanmoins, leur vie conjugale est problématique. La princesse Charlotte-Frédérique est décrite comme très belle pendant sa jeunesse, mais est aussi considérée capricieuse, frivole et mythomane, qualités dont on dit plus tard qu'elles se reproduisent chez son fils, Frédéric VII[2].
Divorce et exil
Portrait de Charlotte-Frédérique (1822).
Le mariage malheureux se conclut par un divorce prononcé le . Elle est répudiée après que son mari le roi a eu vent d'une liaison qu'elle entretiendrait avec son professeur de musique, Jean Baptiste Édouard Du Puy. La princesse passe la fin de sa vie en Italie, où, en 1830, elle se convertit au catholicisme.
Elle meurt en 1840 à Rome à l'âge de cinquante-cinq ans.
En , des fouilles sont effectuées dans son tombeau et celui adjacent de la princesse Sophie de Hohenlohe pour rechercher les restes d'Emanuela Orlandi. Cependant, les deux tombeaux sont retrouvés vides[4].
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
(da) «Den gale prinsesse» [«La princesse folle»], Skalk, Aarhus, Wormianum, no1, , p.18-19 (lire en ligne).
(da) Bo Bramsen(da), Ferdinand og Caroline: en beretning om prinsen, der nødig ville være konge af Danmark [«Ferdinand et Caroline: un récit du prince qui hésitait à être roi du Danemark»], Copenhague, Nordiske Landes Bogforlag, , 4eéd., 303p. (ISBN8787439220)
(da) Sebastian von Elm, Den uartige prinsesse [«La méchante princesse»], Copenhague, Chr. Erichsen,
(da) Louise Langhoff Koch, Kongernes kvinder: dronninger, elskerinder, friller og maitresser i den danske kongerække fra Christian 1. til i dag [«Les femmes des rois: reines, maîtresses, concubines et favorites dans la lignée royale danoise de Christian I à aujourd'hui»], Copenhague, Muusmann, (ISBN9788794155564)
(da) Robert Neiiendam(da), Ungdom og Galskab: Prinsesse Charlotte Frederikke og Edouard Du Puy [«Jeunesse et folie: Princesse Charlotte-Frédérique et Edouard Du Puy»], Copenhague, V. Pios Boghandel,
(de) Albrecht Weiland, Der Campo Santo Teutonico in Rom und seine Grabdenkmäler [«Le Campo Santo Teutonico à Rome et ses monuments funéraires»], vol.1, Freiburg im Breisgau, Herder, , 219p. (ISBN3-451-20882-2)