Charlotte Martner
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Charlotte Gertrude Hélène Daniel |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Lieu de travail |
Fort-de-France, Martinique (1803-1821) |
| Enfant |
Charles Marie Laurent Dominique Jérôme Camô (d) |
| Parentèle |
Louis Thomas Raban (d) (beau-frère) |
Charlotte Gertrude Hélène Daniel, dite après ses mariages Mme Martner (1798), puis Mme Camô (1811), est une miniaturiste, une artiste peintre et une sculptrice française, née à Paris le et morte à Nancy le . Elle est surtout connue pour ses miniatures réalisées lors de son séjour en Martinique entre 1803 et 1821.
Née à Paris le , Charlotte Gertrude Hélène Daniel est la fille du graveur sur métaux Jérôme-François Daniel (v. 1751-1810) et de son épouse Angélique-Charlotte Chollet (v. 1752-1824)[2],[3]. Le couple a une seconde fille, Angélique-Adrienne Daniel (v. 1787-1848), graveuse sur métaux, mariée en 1819 à Louis-Thomas Raban (1790-1845), graveur et imprimeur en taille-douce, imprimeur-lithographe, républicain et militant révolutionnaire[4].
Charlotte Daniel épouse à Paris, le , l'officier de santé Jean-Baptiste-André Martner (1760-1810)[5].
En 1802, alors qu'elle habite au 147, rue de l'Oratoire, elle soumet au jury du Salon deux miniatures, Une mère avec sa fille et Une mère avec son fils[6]. Ses œuvres ne semblent cependant pas avoir été acceptées, puisqu'elles ne figurent pas dans le livret du Salon de cette année.

Le couple Martner s'embarque le du Havre pour la Louisiane, d'où ils gagnent la Martinique, restituée par la Grande-Bretagne à la France depuis . La Gazette de la Martinique du 23 Brumaire an XIII () informe ses lecteurs que « Madame Martner, artiste », établie à Fort-de-France, « peint avec beaucoup de succès la miniature et le portrait ». À cette époque, elle sculpte un buste de Bonaparte utilisé lors d’une fête donnée par les autorités en l’honneur de Rose Claire Tascher de La Pagerie, mère de la future impératrice Joséphine, le 18 Brumaire an XIII ()[2],[3]. Peut-être à cette occasion, elle peint aussi en miniature un portrait de Mme Tascher de La Pagerie[7].
L'artiste réalise au cours de son séjour martiniquais plusieurs autres portraits miniatures datés et signés Mme Martner, notamment en 1809 un portrait du général George Beckwith, commandant des forces britanniques qui viennent de s'emparer de la Martinique[8],[9].
Devenue veuve le , Charlotte Martner se remarie à Fort-de-France le avec un colon martiniquais, Dominique-Paul-Jean Camô (1752-1818), natif de Catalogne. Trois enfants naissent de cette union dans la capitale de la colonie : Charles-Marie-Laurent-Dominique-Jérôme, le (le futur général de brigade Camô)[10],[note 1], Angélique-Joséphine-Charlotte, le et Dominique-Charles-Joseph-Marie, en 1817[2].
Son second époux meurt à Fort-de-France le [2].
L'artiste continue de peindre après son remariage et son second veuvage, comme l'indique l'apparition sur le marché de l'art en 2021 d'une miniature signée D Vve Camô Fer 1821 (Daniel veuve Camô )[11].
Revenue en France métropolitaine en 1821[12], Charlotte Camô s'établit à Nancy où elle meurt le [2],[3].
État de la recherche

Le premier chercheur à attirer l'attention sur Charlotte Martner a été Maurice Meslans, intéressé par les orfèvres et artistes des Antilles, qui a fait l'acquisition vers 1976 d'une miniature représentant une Jeune femme sur fond de palmiers, datée de 1804 et signée par une artiste féminine[2] dont le patronyme, commençant par un M, était difficile à déchiffrer. L'historienne de l'art Nathalie Lemoine-Bouchard a inclus l'artiste en 2008 dans son ouvrage de référence Les Peintres en miniature actifs en France sous le nom de « Mme Mantner (?) » et a publié une image de la miniature, sa seule œuvre alors répertoriée[13].
Peu après, Meslans est parvenu à rassembler suffisamment de données biographiques sur la miniaturiste, dont son nom de femme mariée (Martner) et son lieu d'activité (la Martinique), pour permettre à Philippe Rossignol, spécialiste d’histoire et de généalogie des Caraïbes, d'identifier l'état civil de l'artiste, en s'appuyant en partie sur les recherches généalogiques de Cédric Touvet[2].
Le relais de la recherche a par la suite été repris par N. Lemoine-Bouchard[3], qui a réussi à retracer en 2017, dans la descendance de l'artiste, la propre boîte à peindre de celle-ci (inutilisée depuis sa mort) et plusieurs de ses œuvres[14]. Ces éléments ont aussi été étudiés par Damiët Schneeweisz[12].
D'autres miniatures de la main de Charlotte Martner ont aussi fait leur apparition sur le marché de l'art au cours des dernières années, permettant ainsi d'enrichir le corpus de ses œuvres[15],[12].
