Charte de Ban Kulin

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Charte de Ban Kulin
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Extrait de la Charte de Ban Kulin

La Charte de Ban Kulin est un document diplomatique émis le par le ban de Bosnie, Kulin (ban). Il s'agit du premier document diplomatique écrit en ancien bosnien et la plus ancienne œuvre conservée en alphabet cyrillique bosnien (Bosančica). Elle constitue un texte fondamental pour l'étude de l'histoire de l'État bosnien et de sa langue médiévale[1].

À la fin du XIIe siècle, la Bosnie est dirigée par Kulin, sous une suzeraineté nominale de l’Empire byzantin, puis du royaume de Hongrie. Malgré cette dépendance formelle, l’État bosnien dispose d’une large autonomie dans la gestion de ses affaires internes et de ses relations extérieures.

Dans ce contexte, la Bosnie entretient des relations commerciales actives avec la république de Dubrovnik, important centre économique de la côte adriatique[2].

Rédaction et contenu

La Charte de Ban Kulin fut rédigée le par le scribe Radoje, au nom du ban de Bosnie Kulin. Le document est écrit en ancien bosnien, dans une forme de langue vernaculaire slave, et utilise l’alphabet cyrillique bosnien, connu sous le nom de Bosančica[3],[4]. À ce titre, il constitue un témoignage important de l’usage de la langue locale dans les documents officiels au Moyen Âge.

Le texte prend la forme d'un acte diplomatique solennel, conformément aux usages de la chancellerie médiévale. Il s'ouvre sur une formule faisant autorité par laquelle Kulin se présente comme Ban de Bosnie, affirmant ainsi son statut politique autonome[5] et celui de son territoire[6],[7]. La charte énonce ensuite les principales dispositions par lesquelles le souverain garantit aux marchands de la République de Dubrovnik la liberté de circulation et de commerce sur l'ensemble du territoire bosnien[8].

Le document prévoit également leur protection juridique, en assurant qu’aucun tort ne leur sera causé et qu’ils pourront exercer leurs activités sans entraves. Il établit ainsi un cadre stable favorisant les échanges économiques et les relations entre la Bosnie et Dubrovnik.

Sur le plan formel, la charte reflète les pratiques de rédaction diplomatique de l’époque, avec un style solennel et des formules caractéristiques des actes officiels médiévaux. Elle témoigne de l’existence d’une administration organisée et de la capacité des autorités bosniennes à produire des documents juridiques et diplomatiques[9].

Conservation et exemplaires

La Charte de Ban Kulin est conservée en trois exemplaires connus. Deux sont conservés aux archives de Dubrovnik, tandis que le troisième est aujourd’hui détenu par l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg[4]. L’identification de l’original parmi ces copies fait encore l’objet de discussions parmi les spécialistes.

Le document a été rendu public au XIXe siècle, lorsqu’il a attiré l’attention des chercheurs et des historiens. Depuis lors, il fait l’objet de nombreuses études en raison de son importance historique, linguistique et diplomatique.

Étude linguistique et diplomatique

La charte est un exemple représentatif de l’usage de la langue vernaculaire dans les documents officiels médiévaux des Balkans. Elle témoigne de l’évolution des pratiques écrites et de l’adaptation des traditions administratives aux réalités locales.

Sur le plan diplomatique, elle illustre les formes et les usages des actes officiels de l’époque, notamment à travers ses formules solennelles et ses garanties juridiques. Elle constitue ainsi une source importante pour l’étude des institutions et des pratiques administratives de la Bosnie médiévale.

Importance

Références

Voir aussi

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