Chen Zi'ang naît dans une famille riche en 661. Pendant sa jeunesse, il est courageux et audacieux, il aime la course à cheval, la chasse et les jeux ; il n’aime pas étudier[6] vol. 083. À dix-huit ans, il ne sait encore pas lire[3]. Plus tard, voyant à l’école des élèves studieux et appliqués, il se rend à l’école rurale de la montagne de Jinhua et se met à étudier avec ardeur[7] vol. 712. Après avoir réussi ses études, en 679, Chen Zi’ang, doué pour les classiques et l’administration, quitte les Trois Gorges et se rend au nord, à Chang'an où il entre à l’Académie impériale pour étudier[8]. En 682, il passe l’examen impérial mais échoue et à l’automne de la même année, il retourne dans sa région natale[9]. De retour au mont Jinhua, il étudie assidûment, et en quelques années, il maîtrise les classiques, l’histoire et les œuvres des diverses écoles de pensée, excellant particulièrement dans la rédaction littéraire, avec un style raffiné rappelant eux des poètes Sima Xiangru (179-117 av. J.-C.) et Yang Xiong (53 av. J.-C. - 18 ap. J.-C.), ce qui pose une base solide pour ses futures réformes littéraires. Il étudie aussi les techniques des immortels (神仙之术)[a 2]. Puis, en 684, Chen Zi'ang réussit les examens impériaux à l’âge de 24 ans et obtient le titre académique de jinshi (érudit), le niveau le plus élevé de l’examen impérial, et, par le fait même, devient le premier diplômé de Sichuan. Peu après, l’impératrice douairière Wu Zetian qui apprécie beaucoup son talent littéraire le nomme correcteur principal au Secrétariat impérial[6] vol. 083. Puis, il occupe plusieurs postes jusqu’à être promu remontrant de droite : « Par son travail acharné et ses études, il « gravit les échelons » et devient conseiller de l’impératrice Wu Zetian »[10].
L’impératrice Wu Zetian (r. 690-705) parvenue au pouvoir[a 3] favorise les fonctionnaires sévères et multiplie les injustices et les prisons arbitraires. Chen Zi'ang écrit plusieurs mémoires pour faire part de ses opinions[6] vol. 083 pour critiquer les abus judiciaires et plaider pour l’emploi des hommes vertueux et compétents, mais elles sont souvent ignorées. En 691, en raison du deuil pour sa belle-mère, il quitte son poste et retourne dans sa localité natale[9] pour observer le deuil[11] p. 11-13.
En juillet 693,Chen Zi'ang retourne à la capitale orientale et l'année suivante, il est emprisonné pour implication présumée dans une « faction rebelle » qui s’oppose à Wu Zetian, mais il est ensuite libéré en 695 et rétabli dans ses fonctions de conseiller remontrant de droite. Deux ans plus tard, Chen Zi'ang participe à la campagne contre le nord et accompagne le prince de Jian’an, Wu Youyi, à la tête de l’armée, pour réprimer la rébellion des Khitans. Il est alors chargé de la correspondance et des documents militaires[6] vol. 083. En 698, invoquant la vieillesse de son père, il démissionne de son poste et rentre chez lui pour le soutenir. Il en profite pour étudier le Tao afin d'apaiser ses inquiétudes. L’année suivante, son père meurt et Chen Zi'ang reste chez lui pour observer le deuil[12] ,[11] p. 14.
Le magistrat Duan Jian, jaloux de la richesse de la famille de Chen Zi'ang, accuse faussement ce dernier et le fait emprisonner. Il le fait traîner à plusieurs reprises devant les autorités pour interrogatoire. Après avoir passé plusieurs années à entrer et sortir de prison[13], Chen Zi'ang meurt de chagrin et de désespoir en prison en 702[7] vol. 712,[a 4]. Il est enterré sur le mont Duzuo à Shehong[11] p. 19.
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À l’avènement de la dynastie Tang, la littérature suit encore le style de Xu et Yu, riche et orné ; Zi’ang interrompt cette décadence, ramenant l’élégance et la rectitude, et même Li Bai et Du Fu le reconnaissent comme modèle[6] vol. 083.