Chien d'assistance

chien destiné à aider les personnes atteintes d'un handicap From Wikipedia, the free encyclopedia

Un chien d'assistance est un chien destiné à aider les personnes atteintes d'un handicap. Il apporte aux personnes ayant un handicap essentiellement une aide technique (par exemple ramasser un objet ou ouvrir une porte), mais aussi un soutien moral, voire une aide à l'insertion sociale en favorisant l'interaction avec l'environnement[1]. Il est important de comprendre que le chien d'assistance n'aide pas que les personnes atteintes d'un handicap moteur, mais aussi psychiatrique, mental, psychique ou même sensoriel.

Chien d'assistance, de l'association Handi'chiens, destiné aux personnes en situation de handicap mental ou physique ou psychique sans déficience majeure de l'acuité visuelle.

Historique

Origine

Cette approche puise son élan originel aux États-Unis par le biais d'un mouvement intitulé Assistance Dogs International[2],[3] initié en 1975 sous l'égide d'une association californienne — Canine Companions for Independence (en)[N 1],[3] (CCI) — fondée par Bonnie Bergin (en).

Au Québec (Canada)

Depuis 1981, la Fondation Mira forme des chiens guides d'aveugle et des chiens d'assistance en français. L'organisme est basé à Sainte-Madeleine (Québec).

En France

En France, fin des années 1980, on connaît les chiens guides d'aveugles mais pas les chiens d'assistance aux infirmes[4].

En 1989, l'association Handi'chiens voit le jour et va les faire découvrir[5],[6]. Les chiens se voient confiés gratuitement[1] à des personnes en situation de handicap mental, physique ou psychique[6],[7] mais sans déficience majeure de l'acuité visuelle[4],[8]. En France, les chiens écouteurs font leurs débuts en 2010, des bergers australiens éduqués spécialement pour aider les personnes sourdes ou malentendantes.

Fort soutien affectif.
Aide-thérapeute.


Sélection

Les éducateurs sélectionnent les sujets selon deux critères : physique et caractère. Pour ce faire ils se fondent sur la qualité du pedigree afin d'éviter au maximum des risques héréditaires telles que la dysplasie coxo-fémorale ou les tares oculaires.
La connaissance des ascendants leur permet aussi de supposer l'existence ou non d'une réelle aptitude à la tâche qui les attend. Selon ce dernier critère il pourra être formé pour correspondre aux besoins d'une des trois catégories de chiens d'assistance explicitées ci-dessus.
Les races privilégiées sont le labrador retriever et golden retriever[6],[5],[9].

Éducation

Chien d'éveil.

En France, un chien d'assistance suit une éducation spécialisée pendant deux ans, d'abord en famille d'accueil, puis dans un centre spécialisé[1],[8].

Typologie

Outre le chien guide d'aveugle — le plus connu, car abondamment médiatisé, qui aide les personnes fonctionnellement non-voyantes à se déplacer, mais aussi à élargir leurs interactions sociales[10] —, il existe également des chiens d'assistance pour personnes sourdes ou malentendantes, éduqués pour alerter leur maître en cas de sonnerie de téléphone, de sonnette, de klaxon, de pleurs de bébé ou d'enfant, etc. Il existe aussi des chiens d'alerte pour des personnes diabétiques, ou pour aider des personnes à mobilité réduite à ramasser des objets, ouvrir des portes ou se relever ; ainsi que des chiens aidants pour des personnes en situation de stress post-traumatique[11], par exemple utilisés pour aider des militaires vétérans[12],[13] ; des chiens dédiés à l'« accompagnement social »[1],[6],[7], par exemple destinés aux institutions comme les maisons de retraite ou les centres de rééducation fonctionnelle. Il existe enfin des « chiens d’éveil »[1], qui sont par exemple remis à des enfants atteints de troubles autistiques ou polyhandicapés[5].

Chien d'assistance pour personnes à mobilité réduite

Un chien d’assistance pour personne à mobilité réduite, ou chien d'assistance à la mobilité, est un chien dressé pour aider une personne handicapée physique ayant des difficultés de mobilité, menant par exemple à des problèmes d'équilibre ou l'utilisation d'un fauteuil roulant. Les rôles du chien comprennent notamment l'aide à l'équilibre et à la stabilité[14], le port d'objets, la traction de fauteuils roulants, l'ouverture et la fermeture de portes et l'actionnement des interrupteurs . Les chiens d'assistance à la mobilité peuvent avoir un impact positif considérable sur la vie de leurs maîtres[15] . Certains chiens de grande taille ayant de bonnes articulations peuvent être dressés pour tirer des personnes en fauteuil roulant et portent un harnais spécialement conçu à cet effet. L'intérêt de cette tâche est controversée. Aux États-Unis, de nombreux programmes limitent cette pratique aux courtes distances rectilignes, généralement pour aider à traverser les passages piétons. Une étude a montré que la traction fournie par le chien d'assistance présente des avantages physiques pour les utilisateurs de fauteuils roulants manuels, qui peuvent alors manœuvrer leur fauteuil avec moins d'effort[16]. Un autre type de tâche pour les chiens d'assistance à la mobilité est l'aide à l'équilibre. Ces chiens sont utilisés pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et de sclérose en plaques, et d'autres troubles et maladies. Ils peuvent également être utile aux personnes présentant des symptômes de perte de proprioception, comme une incapacité à marcher en ligne droite. Pour cette tâche, les chiens portent généralement un harnais spécial auquel le maître peut fixer une poignée semblable à une canne qui permet au chien de guider le maître. Le chien ne supporte pas tout le poids du maître mais il l'aide à avancer et à conserver son équilibre[17]. Le chien peut également effectuer d'autres tâches atténuant le handicap de leurs maîtres comme ramasser et déplacer des objets, ouvrir des portes ou aboyer pour prévenir l'entourage en cas de difficulté[18].

Chien d'assistance pour personnes autistes

Il est fréquent que l'enfant porteur d'un trouble du spectre de l'autisme (TSA) connaisse des difficultés de sommeil. Or, celles-ci peuvent exacerber tout ou partie des symptômes du TSA, affectant ainsi le quotidien du jeune autiste et celui de ses parents, ces derniers vivant bien souvent dans un état de stress chronique[19]. La recherche montre que cette population peut tirer bénéfice du contact avec les animaux, source de bienfaits en matière de réduction de l'anxiété, d'autorégulation de comorbidités et d'amélioration de la qualité du sommeil notamment — bienfaits de mieux en mieux documentés et compris[20]. Selon Valérie Simard et la fondation Mira (fondation qui offre des chiens d'assistance aux familles de jeunes autistes), les parents des autistes de sept à onze ans ayant reçu un chien d'assistance depuis deux mois ou plus, constatent des améliorations[19],[21]. Celles-ci font apparaître douze mécanismes sous-jacents : le chien accroît le sentiment de sécurité de l'enfant, le plaisir d'agir ensemble, l'optimisme et la légèreté dans les émotions[19]. En stimulant tous les sens, le chien a un effet anticyclone : il se fait alter ego des états mentaux et devient un pictogramme vivant, un médiateur relationnel, une étincelle pour la communication, un tremplin vers le développement de l'empathie et un levier d'intervention au quotidien. Conjointement aux parents — facilitateurs de la rencontre entre l'animal et le jeune autiste —, le chien, en améliorant la qualité du sommeil de l'enfant et en stabilisant son humeur, permet d'atténuer ou compenser certains effets du spectre de l'autisme, ouvrant ainsi des disponibilités pour « apprendre, s'adapter, évoluer, interagir et découvrir le monde qui l'entoure »[19].

Reconnaissance légale

Les chiens d’assistance à la mobilité sont entraînés à effectuer des tâches qui atténuent directement le handicap de leur maître. A ce titre, ils bénéficient dans certains pays d'une reconnaissance légale. Aux États-Unis, ces chiens sont protégés par l’''Americans with Disabilities Act'' (ADA)[22]. En France, les personnes en situation de handicap disposant d'une carte d’invalidité ou d'une carte de priorité peuvent demander un chien d'assistance. Les chiens formés et certifiés par des associations labellisées par l'État sont autorisés à entrer partout, notamment les lieux publics et les transports en commun[23],[24].

Notes et références

Voir aussi

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