Chien du heaume
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| Chien du heaume | ||||||||
| Auteur | Justine Niogret | |||||||
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| Pays | France | |||||||
| Genre | fantasy | |||||||
| Éditeur | Éditions Mnémos | |||||||
| Collection | « Icare » | |||||||
| Lieu de parution | Paris | |||||||
| Date de parution | 2009 | |||||||
| Couverture | Johann Bodin | |||||||
| Nombre de pages | 226 pages | |||||||
| ISBN | 978-2952469340 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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Chien du heaume est un livre de la romancière française Justine Niogret, paru en 2009. Premier roman de son autrice et premier tome de la duologie éponyme, il met en scène une mercenaire surnommée Chien, qui parcourt un univers sombre inspiré du bas Moyen Âge à la recherche de son véritable nom et de ses origines. L’ouvrage reçoit un accueil critique favorable, pour son style et pour son traitement original des archétypes féminins dans la fantasy des années . Il reçoit en 2010 le prix Imaginales et le grand prix de l'Imaginaire.
Le roman s’ouvre par un prologue où un archer nommé Manfred s’apprête à tuer une vieille femme. Cette scène in medias res annonce d’emblée deux thématiques centrales : la question du nom et les rapports de pouvoir[1]. Croyant dominer sa cible, Manfred finit par être tué par une mercenaire surnommée Chien, ce retournement de situation installant l’héroïne comme véritable protagoniste du récit[2].
Chien, femme de guerre sans nom véritable, se présente comme une mercenaire itinérante vendant ses services[3]. Recueillie par le chevalier Sanglier, seigneur du Castel de Broc, elle séjourne dans sa demeure pendant l’hiver[4]. Le chevalier, bienveillant mais désabusé vis-à-vis de l’exercice du pouvoir, accepte de l’aider dans sa quête identitaire[5]. Au fil du récit, Chien se confronte à d’autres personnages, dont Noalle, très jeune épouse de Sanglier, avec qui elle entretient une relation tendue et conflictuelle[4].
Au cours de ses errances et de ses combats, Chien s’affirme comme figure marginale, refusant les rôles féminins traditionnels et poursuivant la quête de son nom comme moyen d’acquérir une identité et une mémoire[6].
Analyse
La duologie, qui comprend Chien du heaume et Mordre le bouclier, est caractérisée par un style qui mêle un vocabulaire médiévalisant, des passages d’une grande violence et des métaphores poétiques, créant un contraste marqué[7]. Ce mélange de registres contribue à la représentation d’un univers inspiré du bas Moyen Âge, sombre et rustique, que certains critiques rapprochent de l’atmosphère du Trône de fer de George R. R. Martin, tout en s’en distinguant par le recentrement de l’intrigue sur la quête identitaire intime de l'héroïne[7],[8].
Le personnage principal se définit par son absence de nom et d’histoire, le récit retraçant la construction progressive de cette identité perdue[1],[3]. Le motif du nom, introduit dès l’incipit, organise l’ensemble de la narration et renvoie à des enjeux de mémoire et de reconnaissance sociale[9]. L’héroïne se distingue également par son rejet de la féminité traditionnelle, perçue comme un carcan. Ce rejet se traduit par le choix d’un nom masculin, par l’exclusion des attributs associés à la beauté, et par une violence revendiquée[6],[9],[10]. Elle incarne ainsi une forme d’androgynie sociale, qui l’oppose à d’autres figures féminines de fantasy plus conformes aux archétypes[6],[8]. Cette marginalité se renforce par son contraste avec Iynge, jeune garçon beau et doux que Chien prend sous sa protection, et qui représente une inversion complémentaire des rôles de genre[11].
La narration de Justine Niogret également joue sur les détournements des codes de genre littéraire. Pour Adrien Rosescu, le prologue fonctionne comme un « incipit-labyrinthe », qui induit en erreur le lecteur en présentant Manfred comme protagoniste, avant de révéler Chien comme véritable héroïne[12]. L’œuvre combine une réflexion sur l’identité et sur les rôles sociaux avec une remise en question des conventions de la fantasy médiévaliste[3].
Publication et réception
Chien du heaume est le premier roman publié de Justine Niogret, après un recueil de nouvelles, Et toujours, le bruit de l’orage (), ainsi que plusieurs textes courts dans des anthologies[13],[14]. Le livre paraît en chez Mnémos[8],[14].
Les critiques saluent l’originalité de l’ouvrage, qui se distingue dans une production de fantasy jugée répétitive, en s'écartant des archétypes usuels de la fantasy par la construction d'un personnage principal féminin complexe[13],[15]. Il est rapproché de la littérature arthurienne, pour sa structure de quête davantage centrée sur l’introspection et les rencontres symboliques que sur les batailles, et présenté comme une « véritable saga historique », marquée par l’absence quasi totale de magie et par l’attention portée à la matérialité du quotidien médiéval, restituée avec précision[13],[14].
Certains lecteurs et critiques expriment toutefois leur désarroi face à une œuvre qui se distingue par cette sobriété en matière de magie ou de combats, privilégiant l’introspection et la quête identitaire[16]. Pour accompagner la lecture, l’autrice ajoute en annexe un lexique d’armurerie médiévale, rédigé dans un style teinté d’humour, qui contraste avec la tonalité sombre du récit[7].
Chien du heaume est reconnu dans le champ de la fantasy francophone pour son traitement original et son écriture singulière[17],[18]. Le roman est récompensé en par le Grand Prix de l’Imaginaire et le prix Imaginales, deux distinctions majeures dans le domaine des littératures de l’imaginaire francophones[4],[8].
Mordre le bouclier, paru en 2011, prolonge la duologie et reçoit le prix Utopiales en [8].
Bibliographie
- Anne Besson, « Fantasy et reconstitution », Bien Dire et Bien Aprandre, Université de Lille, no 33 « Combattre (comme) au Moyen Âge », , p. 321-334 (ISBN 978-2-907301-20-6, ISSN 0220-665X, HAL hal-02933260, lire en ligne
). - Antoine Geslin, « Je ne suis pas un homme ! » Pour une étude des rôles genrés en fantasy : Le potentiel d'androgynie sociale des guerrières, Ottawa, Université d’Ottawa, , 146 p. (lire en ligne
). 
- Adrien Rosescu, « Se mettre à l’œuvre : Trois incipit de fantasy française », Belphégor, vol. 22-2, (ISSN 1499-7185, DOI 10.4000/130vq, lire en ligne
, consulté le ). 
- (en) Kevin Sielaff, Heroics and humanism: A study of intra-genre divergence within modern French fantasy, Blacksburg, Virginia Polytechnic Institute and State University, (lire en ligne
), p. 71. 