Chimie pneumatique
From Wikipedia, the free encyclopedia
Dans l'histoire des sciences, la chimie pneumatique est un domaine de recherche scientifique des XVIIe, XVIIIe et début du XIXe siècles. Ses travaux visaient notamment à comprendre les propriétés physiques des gaz et leur lien avec les réactions chimiques et in fine, la composition de la matière. L'essor de la théorie du phlogistique puis son remplacement par une nouvelle théorie après la découverte de l'oxygène comme composant gazeux de l'atmosphère et réactif chimique participant aux réactions de combustion, ont été abordés à l'ère de la chimie pneumatique.
Au XVIIIe siècle, alors que la chimie évoluait à partir de l'alchimie, une branche de la philosophie naturelle se crée à partir de l'idée de l'air comme réactif. Auparavant, l'air était principalement considéré comme une substance statique et immuable. Cependant, comme l'ont souligné Lavoisier et plusieurs autres chimistes pneumatiques, l'air est bel et bien dynamique, non seulement influencé par la combustion mais aussi par différentes substances.
La chimie pneumatique s'est d'abord intéressée aux réactions de combustion, à commencer par des chercheurs comme Stephen Hales. Ces réactions produisent différents « airs », comme les chimistes les appelaient, et ces différents airs contiennent des substances plus simples. Jusqu'à Lavoisier, ces « airs » étaient considérés comme des entités distinctes aux propriétés distinctes ; Lavoisier a largement contribué à modifier l'idée selon laquelle l'air serait constitué de ces différents airs découverts par ses contemporains et les chimistes qui l'avaient précédé[1].
Cette étude des gaz a été initiée par Hales avec l'invention de la cuve à air, une méthode capable de recueillir le gaz dégagé par les réactions avec des résultats reproductibles. Le terme « gaz » a été inventé par Jean-Baptiste Van Helmont au début du XVIIe siècle. Ce terme dérive du grec ancien « χάος », chaos, en raison de son incapacité à collecter correctement les substances dégagées par les réactions. Il fut le premier philosophe naturel à tenter d'étudier attentivement le troisième type de matière. Cependant, ce n'est qu'avec les recherches de Lavoisier au XVIIIe siècle que le mot fut universellement utilisé par les scientifiques en remplacement de « airs »[2].
Van Helmont est parfois considéré comme le fondateur de la chimie pneumatique car il est le premier philosophe naturaliste à s'intéresser à l'air comme réactif[3]. Alessandro Volta a commencé à étudier la chimie pneumatique en 1776 et a soutenu qu'il existait différents types d'air inflammable en se basant sur des expériences sur les gaz des marais[4]. Parmi les chimistes pneumatiques à qui l'on attribue la découverte des éléments chimiques figurent Joseph Priestley, Henry Cavendish, Joseph Black, Daniel Rutherford et Carl Wilhelm Scheele. Parmi les autres personnes qui ont étudié les gaz au cours de cette période on compte Robert Boyle, Stephen Hales, William Brownrigg, Antoine Lavoisier, Joseph Louis Gay-Lussac et John Dalton[5],[6],[7].
