Dans les années 2000, les différentes bulles financières qui secouent l'économie mondiale auraient contraint les États-Unis, soucieux de maintenir leur croissance, à augmenter les importations et ainsi opérer une dépense de leur épargne. Ces importations et transferts d'épargne auraient largement bénéficié à la Chine, qui a ainsi pu constituer une croissance basé sur les excédents commerciaux, et qui se trouve massivement propriétaire de bons du Trésor américain. Entre 2001 et 2005, tandis que l'épargne américaine passe de 5 à 0 % du PIB, celle de la Chine évolue de 30 à 45 % du produit intérieur[1].
Fin 2007, l'historien britannique controversé Niall Ferguson, et l'économiste allemand Moritz Schularick, proposent le néologisme Chimerica (contraction de Chine et Amérique) pour désigner ce processus. Les auteurs jouent notamment de la proximité du terme avec celui de chimère pour souligner l’instabilité de la situation[2],[3].