Christophe Bonneuil

From Wikipedia, the free encyclopedia

Christophe Bonneuil (né le ) est directeur de recherche en histoire au CNRS. Il enseigne l'histoire des sciences et les études environnementales à l'EHESS. Admis à l’École Normale Supérieure en 1987, il y étudie les sciences de la vie jusqu'en master avant de s'orienter vers l'histoire des sciences.

Il est notamment l'auteur de Les natures du productivisme. Une histoire environnementale de la France, de 1940 à nos jours (vol. 3) (La Découverte, 2026; avec Renaud Bécot et Gabrielle Bouleau), Histoire des sciences et des savoirs. Vol. 3, Le siècle des technosciences (depuis 1914) (Seuil, 2015, avec Dominique Pestre), L’événement Anthropocène. La Terre l’histoire et nous (Seuil, 2013; avec Jean-Baptiste Fressoz), ainsi que Une autre histoire des ‘Trente glorieuses’. Modernisation, contestations et pollutions dans la France d’après-guerre (La Découverte, 2013; avec Céline Pessis et Sezin Topçu)[1].

Sciences, environnement et empire

La recherche de master de Christophe Bonneuil, "Des savants pour Empire La structuration des recherches scientifiques coloniales au temps de la mise en valeur des colonies françaises", lui vaut d'être publié aux éditions de l'IRD[2] et de participer au colloque Les Sciences hors d'occident au XXème siècle tenu à l'UNESCO en septembre 1994[3].

Christophe Bonneuil soutient une thèse d'histoire en 1997, préparée sous la direction de Dominique Pestre à l'Université Paris 7, et intitulée « Mettre en ordre et discipliner les tropiques : les sciences du végétal dans l'empire français 1870-1940 »[4]. Après un séjour post-doctorat au Max Planck Institute for the History of Science (MPIWG), il est recruté comme chargé de recherche en histoire au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1998[5].

Les transformations des rapports entre science, nature et société

Tout en poursuivant ses recherches à l'interface de l'histoire des empires, l'histoire environnementale et l'histoire des sciences de la vie, il ouvre une recherche au long cours sur l'histoire des semences, de la génétique végétale et des politiques de modernisation de l'agriculture ciblant l'optimisation génétique des plantes (modèle des "révolutions vertes" de Darwin) aux plantes génétiquement modifiées. Il publie Gènes, Pouvoirs et Profits, un important ouvrage sur l'histoire de l'amélioration des plantes en France[6]. À l'interface de l'histoire des sciences, de l'histoire environnementale et de l'histoire rurale, il a développé une histoire désorientée de la modernisation agricole française depuis 1940, en soulignant ses dimensions environnementales et matérielles[7], en mettant au jour certaines de ces origines liées au régime de Vichy[8], en éclairant le rôle des dirigeants de l'Inra[9] et des acteurs industriels[10] dans les choix d'un certain modèle modernisateur.

Enseignant les sciences de l'humain (histoire, sociologie, anthropologie) à l'Ehess et membre actif de l'Institut francilien Recherche innovation et société (IFRIS)[11], il étudie aussi les controverses socio-techniques, les formes d'engagement public des scientifiques, la construction sociale de l'expertise et les enjeux d'une maîtrise démocratique des choix scientifiques et techniques[12].

Après avoir été membre du Centre Alexandre Koyré - Centre de Recherche en Histoire des Sciences et des Techniques, il rejoint le Centre de recherches historiques (CRH, Cnrs-Ehess) et intègre son Groupe de recherches en histoire environnementale (GRHEN)[13] en 2019, et co-dirige (entre 2019 et 2024) avec Geneviève Pruvost le master « Études environnementales » à l'Ehess[14].

Collection « Anthropocène », puis Écocène

Depuis 2010, il est conseiller éditorial aux Éditions du Seuil[15], en appui de Jean-Marc Levy-Leblond pour la collection "Science Ouverte", avant d'y fonder et diriger en 2013 la collection « Anthropocène », rebaptisée « Écocène » en 2023[16]. Le nom de cette collection fait référence au concept de l'Anthropocène, défini comme période de l'histoire de la Terre (époque géologique) marquée par la forte incidence des activités humaines sur celle-ci et débutée avec la révolution thermo-industrielle[17]. Ouverte avec la publication du livre L’événement Anthropocène. La Terre l’histoire et nous (Seuil, 2013, traduit dans plusieurs langues) écrit avec Jean-Baptiste Fressoz, cette collection interroge les enjeux planétaires contemporains par le regard des sciences sociales ainsi que par celui des actrices et autres acteurs des transformations socio-écologiques, tels que Jean-Baptiste Fressoz, Rob Hopkins, Pablo Servigne, Valérie Cabanes, Virginie Maris, Sophie Gosselin, Geneviève Azam et bien d'autres.

Étude sur les entreprises pétrolières

Il est co-auteur d'une étude, publiée dans la revue Global Environmental Change, sur les manœuvres d'entreprises pétrolières, pour relativiser ou nier les effets du réchauffement climatique[18], ainsi que d'autres recherches sur l'histoire des savoirs, des politiques et des obstructions climatiques[19].

Publications

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI